Goldikova, the queen

Autres informations / 15.06.2010

Goldikova, the queen

ASCOT (GB), Mardi – Queen Anne Stakes (Gr1, 1.600m, 4ans et

plus)

Lundi soir, avec tous les Français sur place à Royal Ascot,

nous nous remémorions les plus grands champions de l'histoire des courses. Et à

quelques mètres, se reposait l'un de ces chevaux de légende : Goldikova

(Anabaa)…

En remportant son neuvième Gr1 à l’occasion des Queen Anne

Stakes (Gr1), mardi à Ascot, la jument de l'écurie Wertheimer & Frère,

???jdG rising star ?, a une fois encore prouvé qu'elle était une grande, une

très grande championne, une reine. « C'est l'un des plus grands moments de ma

vie, a déclaré Freddy Head, son entraî neur. Gagner à Royal Ascot est quelque

chose de vraiment spécial et particulièrement avec une jument comme elle. »

Bien sortie de sa stalle, Goldikova est reprise par Olivier Peslier. Elle est

pleine de gaz dans le dos de Rip Van Winkle (le meilleur cheval du monde selon

Timeform – sic). Malheureusement pour "Goldi", "Rip" cède

très tôt. Trop tôt. Il reste encore quatre cents mètres à couvrir. En tête,

"Goldi" fait le minimum. Le problème, c’est que Paco Boy (Desert

Style) refait du terrain sur elle à chaque foulée. Et finalement, il échoue

d’une courte encolure !

« J'ai vraiment eu peur quand Paco Boy est venu, a poursuivi

Freddy Head. Je ne savais pas ce qu'Olivier [Peslier] avait dans les mains et

je ne savais pas si elle allait répon dre pour continuer de progresser.»

Tout le paradoxe est là : d’un côté, Goldikova a failli être

battue ; d’un autre, il est évident qu’elle n’a fait que le minimum pour

gagner. D’ailleurs, lorsque son garçon de voyage est venu l’embrasser, juste

après la course, elle a violemment botté dans le vide. Comme une jument qui n’a

pas couru !

La question que l’on peut se poser, en revoyant les images

de la course, c’est : Goldikova avait-elle besoin d’un lea der ? Nous l’avons

posée à Pierre-Yves Bureau, manager de l’écurie Wertheimer & Frère : «

C’était un choix de ne pas mettre de leader car nous nous sommes dit que, dans

un Gr1 anglais, ça allait forcément rouler. D’ailleurs, dans la première partie

du parcours, c’est allé "régulier". Ce qui était difficile à prévoir,

c’est qu’elle prendrait la course à son compte aussi tôt, parce que Rip Van Winkle

s’arrêtait.

 

FREDDY HEAD : « LES "QUEEN ANNE" ET LE

"JACQUES LE MAROIS" SONT SES DEUX PLUS BELLES COURSES »

Dès son arrivée dans le rond de présentation, Goldikova a

fouaillé de la queue et remué la tête. C'était un bon signe. Elle était un peu

mouillée et il faisait chaud, mais elle était vraiment magnifique.

« Elle était en très belle forme, la meilleure qu'elle

puisse avoir, a dit Freddy Head. Je pense que la course d'au jourd'hui et celle

dans le "Jacques Le Marois" sont ses deux plus belles courses et elle

était dans la même forme, mais c'est plus difficile de gagner à Ascot qu'à

Deauville où nous courons à domicile. C'est une jument très spéciale et c'est

très rare de pouvoir entraîner ou monter un cheval de ce calibre dans sa

carrière. Vous pouvez venir tôt avec elle, comme aujourd'hui, ou patienter

comme elle l'a fait aux États-Unis. Elle continue à se battre. Cinq minutes

après la course, elle ne soufflait déjà plus. »

 

LA SUITE DU PROGRAMME DE GOLDIKOVA : BIS REPETITA

Comme l'an dernier, Freddy Head a confirmé que la jument

allait certainement courir à Deauville pour le Prix Rothschild et le

"Jacques Le Marois" avant d'aller à sa troi sième  Breeders' 

Cup  qui  reste  son  objectif 

principal « même si nous aimerions beaucoup gagner une nouvelle fois le

"Jacques Le Marois" », a ajouté l'entraîneur.

 

LA COMPARAISON AVEC MIESQUE

Au fil de ses courses, Goldikova est comparée à Miesque car

Freddy Head, avant d'être l'entraîneur de la fille d'Anabaa, était le pilote de

la grande championne aux dix Grs1.

Il a déclaré : « Je ne sais pas laquelle des deux est la

meil leure, mais Goldikova est plus difficile que Miesque. Miesque était

brillante à 2ans et 3ans, alors que Goldikova met plus de temps à venir mais

elle tient aussi beaucoup mieux. Avec Miesque, vous ne pouviez prendre la tête

aussi tôt dans une course. »

 

OLIVIER PESLIER : « C'EST UN RÊVE DE REMPORTER NEUF GRS1

AVEC UNE SEULE JUMENT »

Associé à Goldikova depuis ses débuts, Olivier Peslier a

tout vécu avec cette jument. Jockey au sang froid, il est tou jours apparu

confiant lors de toutes les courses qu'il a gagnées avec elle. Il a su attendre

et venir au dernier moment, sans paniquer ; il a su aussi la lancer de loin et

contrer toutes les attaques (quand elles arrivaient). Il a déclaré après la

course : « Je suis vraiment très heureux pour toute l'équipe de Goldikova et

c'est un rêve de rem porter neuf Groupes 1 avec une seule jument. Elle a gagné

à Newmarket, aux États-Unis, en France et maintenant à Ascot. Elle a gagné dans

le monde entier toutes les plus belles courses. »

 

NICOLAS BLONDEAU ETAIT DERRIÈRE LES STALLES

Le "chuchoteur" (équi-éthologue) Nicolas Blondeau

s'occupe de Goldikova depuis le mois d'août 2008. Il fait un tra vail avec la

jument pour notamment faciliter son entrée dans les stalles.

Jeudi dernier, il avait refait un travail avec elle et

mardi, il était à Royal Ascot. Il a été derrière les stalles de départ au cas

où Goldikova aurait du mal à entrer. Mais la jument n'a fait aucune manière. En

une seconde, elle était dans sa stalle. La "méthode Blondeau" a

fonctionné à merveille et cela a évité quelques sueurs à tout l'entourage de la

jument qui aurait pu la voir non-partante sur le champ de course si elle avait

refusé d'entrer dans sa stalle au bout du temps imparti en Angleterre.

 

UN CHRONO TRÈS RAPIDE

Le terrain est jugé bon à souple à Royal Ascot et le temps

des Queen Anne Stakes s'en est ressenti. Goldikova a bou clé

le mile en 1'37''74. En 2007, Ramonti avait établi le record de la course sur

cet hippodrome en affichant un chrono de 1'37''21. En 2005, Valixir avait

bouclé le parcours en 1'36''64, mais les "Queen Anne" se disputaient

à York, pendant les travaux d'Ascot.                                     

 

 

PACO BOY, LE DAUPHIN D'UNE CHAMPIONNE

Au dernier moment, Paco Boy a surgi du peloton qui sem blait

battu pour venir attaquer Goldikova. Son effort n'a pas été totalement

récompensé, mais il est devenu le dauphin d'une grande championne.

« Nous sommes vraiment, vraiment très heureux. Il fait une

super course. Mais je pense que mon père a pensé que nous pouvions gagner, a

expliqué Richard Hannon Jr, assis tant entraîneur et fils de Richard Hannon.

Richard [Hughes, le jockey, ndlr] m'a dit qu'il avait pensé un instant remonter

sur Goldikova, mais elle avait déjà creusé l'écart. Et elle est probablement la

meilleure jument que nous ayons jamais vue ! Richard a très bien monté. Il a

bien utilisé sa pointe de vitesse finale. Nous allons voir où nous allons

courir maintenant, mais je pense qu'elle sera de nouveau confron tée à

Goldikova. »

En prenant la deuxième place, Paco Boy apporte un coup de

deux assez historique aux étalons stationnés en France : feu Anabaa côtoie

Desert Style au sein de ce doublé !

 

DALGHAR EST A SA PLACE

En  prenant  la  cinquième  place  dans  cette  épreuve,

dalghar (Anabaa) – bon gagnant du Prix du Palais-Royal (Gr3)

au début du mois – n'a pas démérité. Confronté aux meilleurs, il a fait bonne

impression. Son entraîneur, Alain de Royer Dupré, nous disait après la course :

« Dalghar rencontrait la crème des chevaux d'âge sur le mile et aujourd'hui il

court bien, même s'il est possible que la dis tance soit un petit peu longue

pour lui. »