Nicolas de lageneste, animateur du plus important haras du centre-est

Autres informations / 29.06.2010

Nicolas de lageneste, animateur du plus important haras du centre-est

 

LE MAGAZINE      

PORTRAIT

Je suis installé dans la région du Centre-Est et plus

précisément dans le département de l'Allier. J'anime le Haras de Saint-Voir

depuis le début des années 1990. Mon élevage a terminé tête de liste en

obstacle l'an dernier. Qui suis-je ? Nicolas de Lageneste, bien sûr !

L'animateur du plus important haras du Centre-Est est

incontournable dans la discipline de l'obstacle. La dernière réunion d'Auteuil

s'est déroulée ce mardi et le Haras de Saint-Voir est encore en tête du

classement des éleveurs. JDG est donc allé à sa rencontre.

 

Aux racines du Haras de Saint-Voir

Nicolas de Lageneste appartient à la troisième génération

des "Lageneste" au Haras de Saint-Voir. C'est son grand-père, Maurice,

qui a démarré l’élevage. Nicolas de Lageneste raconte : « Mon grand-père

élevait, entraînait et montait ses élèves en course, remportant soixante-cinq

courses comme gentleman rider. » À l'époque, une petite dizaine de juments

occupaient les lieux. Et c'est dès le commencement que l'élevage d'AQPS a trôné

au Haras de Saint-Voir, avec Radio Paris, la jument de base du Haras de Saint-Voir.

Le père de Nicolas de Lageneste, Henri, a repris le haras en

1965 et c’est pour lui que Rivoli est devenu le premier AQPS à battre les

"purs" dans un classique d'Auteuil, en l’occurrence le Prix Maurice

Gillois (Rivoli a aussi remporté la Grande Course de Haies d'Auteuil et a

terminé deuxième du Grand Steeple-Chase de Paris). Henri de Lageneste fut sacré

meilleur éleveur en obstacle en 1983 avec les Melinoir, Mifinbon, Noirci,

Necker, Norbecour. Nicolas a grandi avec le haras. Il a fait cinq années d'études

supérieures, en préparation H.E.C. puis à Paris, à l'Institut des hautes études

de droit rural et d'économie agricole (IHEDREA) où il y rencontra Charles Henri

de Moussac. Il a ensuite effectué une série de stages dans des haras en

Angleterre et en Normandie, à Fresnay-le-Buffard puis Roiville où Éric Lhermite

(animateur du Haras de Grandcamp) a également fait ses premiers pas. Au début

des années 1990, il a enfin repris les rênes du haras aux côtés de son père.

 

Améliorer la jumenterie et la qualité des étalons Les deux

premiers objectifs de Nicolas de Lageneste ont été d'améliorer sa jumenterie et

de baser des étalons de qualité au haras. « Notre but a été d'améliorer la

génétique privée et régionale, nous explique-t-il. Iron Duke a été le premier étalon

que j'ai choisi. Il a été tête de liste par le nombre de gagnants. J'ai ensuite

eu pas mal d'autres étalons marquants dans la discipline de l’obstacle comme

Royal charter, Sleeping car, Agent Bleu, Saint Preuil, Robin des champs.

L'objectif étant de faire vivre le haras par l’étalonnage, qui reste l’activité

la moins aléatoire. Nous avons une importante clientèle régionale qui nous a

suivis dans le choix des étalons et qui nous a toujours fait confiance. Nous

essayons de ne pas la décevoir». La confiance, l'un des maîtres-mots du solide

et fidèle Nicolas de Lageneste.

En 2009, le Haras de Saint-Voir a terminé tête de liste des

éleveurs français en obstacle. «Nous enregistrons ce résultat en toute

humilité, sachant que nous devons nous remettre en question en permanence dans

cette activité et que rien n’est jamais acquis. Je considère cette récompense

plus comme un challenge que nous nous donnons chaque année. C’est bien sûr la

satisfaction d’un travail bien fait, notamment pour notre équipe au haras, dévouée

et compétente, et qui mérite en priorité les félicitations. Ces résultats sont

également le fruit du partenariat basé sur la confiance que nous pouvons avoir

avec nos clients propriétaires et surtout nos entraîneurs, qui font un travail

fantastique et je ne saurais jamais assez les en remercier. »

Il y a aussi eu cette idée originale et novatrice de

s'associer avec un autre éleveur, Pierre Julienne (animateur du Haras de La

Monnerie), dans une autre grande région de l'élevage en France, la Normandie. «

C'est une idée à laquelle j'ai toujours pensé. Nous voulions servir deux

régions et valoriser nos étalons en les faisant travailler au maximum.

L’entente est totale, basé sur une confiance réciproque» . Actuellement, le

Haras de Saint-Voir possède trois étalons avec Pierre Julienne : Alberto

Giacometti, Epalo et Coastal Path. Deux autres sont stationnés dans le

Centre-Est : Laverock et Sacro Saint.            

 

« L'objectif est de faire vivre le haras par l’étalonnage, qui

reste l’activité la moins aléatoire. »

 

Nicolas de Lageneste, un homme investi dans

"l'Institution"

L'animateur du Haras de Saint-Voir s'implique dans la vie de

l'élevage et des courses, et ce, à tous les niveaux : départemental, régional

et national. Il est membre de 12 Conseils d’administration ou Comités dont

celui du Syndicat des éleveurs de chevaux de sang de France. Pour lui, c’est

une « machine difficile à gérer avec toutes les idées et les intérêts

divergents de chacun dans leur vision de l’élevage et notre Président Ferrand a

bien du mérite. Grâce à des membres compétents et issus directement du terrain,

le syndicat joue un peu le rôle de boîte à idées pour faire évoluer la

politique des courses et de l'élevage en France et soutenir cette activité,

notamment en ce qui concerne le parc d'étalons qui devrait proposer comme par

le passé un potentiel génétique améliorateur du plus haut niveau international.

Le maintien du taux de la prime à l’éleveur (juste rémunération d’un travail

bien fait), notamment sur les gains en obstacle à l’étranger, est également une

préoccupation           permanente.    De plus, l'information circule bien au

syndicat, tout particulièrement concernant la fiscalité et les questions

sanitaires, deux sujets sur lesquels le syndicat a toujours montré beaucoup de

compétence». Le Syndicat des éleveurs réunit des professionnels investis.

Nicolas de Lageneste fait partie de ceux-là et il nous a d'ailleurs confié

l'une de ses idées : « Les petits éleveurs ne sont jamais oubliés au Syndicat

des éleveurs et ils doivent le savoir. Je pense qu’ils pourraient être encore

plus nombreux à rejoindre notre association si, en toute logique, les

cotisations n'étaient pas uniquement indexées sur les primes à l’éleveur, mais

également sur les ventes de yearlings. Cela permettrait un plus fort soutien

des haras dits "commerciaux", pour lesquels les primes ne sont pas

une priorité, mais profitent des actions menées (saillies gratuites, répertoire

des étalons, promotions à l’étranger…). De plus, le syndicat y gagnerait sur le

plan de l'image».

 

« Grâce à des membres compétents et issus directement du

terrain, le syndicat joue un peu le rôle de boîte à idées. »

 

Le Haras de Saint-Voir est l'un des élevages européens de

référence en matière d'obstacle. Il arrive régulièrement que ses produits attirent

les convoitises de propriétaires ou entraîneurs anglais et irlandais ; et

Nicolas de Lageneste a également une vision précise de l'action du syndicat au

sein propre de la "filière" de l'obstacle : « Notre élevage orienté

obstacle est un leader mondial, grâce à un tissu géographique d’éleveurs assez

exceptionnel. Le Syndicat des éleveurs est conscient que c'est une de ses

forces vives et il la soutient, notamment en veillant à ce qu'une partie du

programme des courses d'obstacle soit clairement à vocation élevage. Sur ce

plan, la filière des courses d'obstacle pour les femelles à Auteuil a été un

grand succès. Je pense que, dans le même esprit, on pourrait aujourd’hui

essayer de valoriser et de fixer plus de reproducteurs mâles en mettant au

point des conditions de courses et de poids dans les courses de sélection à

Auteuil les favorisant. » Cet article vous est proposé par le Syndicat des

éleveurs.