Omar skalli : « le maroc veut jouer un role sur la scene internationale »

Autres informations / 09.06.2010

Omar skalli : « le maroc veut jouer un role sur la scene internationale »

LE MAGAZINE      

 

Le 7 mai, à Casablanca, le Maroc a accueilli la première

course de Groupe de son histoire. C’est le premier succès d’un chantier de

longue haleine, pour imposer le Maroc sur la scène internationale. À la tête de

ce grand projet, un jeune homme formé en France : Omar Skalli.

 

 jour de Galop. – Le

chantier que vous avez lancé est gigantesque. Quelle est votre méthode de

travail ? Omar Skalli. – Après avoir analysé nos moyens et nos besoins, j’ai

commencé par réorganiser la Société royale d’encouragement du cheval (SOREC) en

interne. J’ai renforcé l’équipe par le recrutement de deux directeurs. D’abord

un pour les fonctions "support" : finances, ressources humaines,

services informatiques, moyens généraux... C’était important que ces fonctions

soient maîtrisées pour créer un environnement favorable au développement de la

société. J’ai également recruté un directeur pour le PMU. Même si le modèle des

courses marocaines ressemble énormément au modèle français, le PMU marocain est

géré par la société-mère. D’ailleurs, sur les 500 personnes travaillant à la

SOREC, la grande majorité est employée au PMU. Et cela fonctionne assez bien,

puisque le chiffre d’affaires du PMU est deux fois plus important que celui

réalisé par l’ensemble "Marocaine des Jeux et Loterie". J’ai aussi

recruté un responsable du contrôle de gestion, un architecte, un responsable

des pistes... toujours dans la même logique : établir de bonnes bases, avec des

équipes compétentes et motivées.

 

Quelle a été votre priorité sur le plan strictement hippique

?

Pour donner un nouveau souffle à la filière courses, il

était important de faire évoluer notre manière de voir les choses, de travailler,

d’apprendre à échanger des idées et des expériences... Sur ce plan, nous avons

joué la carte de l’international. D’abord, nous avons aidé les éleveurs à

accéder plus facilement au marché international. Pour cela, nous avons mis en

place des conventions avec Arqana et avec Goffs Irlande.. À l’avenir, nous

souhaitons accompagner nos éleveurs-propriétaires sur des hippodromes et dans

des haras en France, Irlande, Angleterre, Turquie...

 

L’international, c’est aussi de faire connaître le Maroc à

l’étranger…

Oui, c’est pourquoi nous invitons constamment des

professionnels étrangers pour qu’ils viennent découvrir les courses marocaines.

Ainsi, ils pourront être en quelque sorte nos ambassadeurs dans leur pays. Nous

avons besoin de faire la promotion des courses et de l’élevage marocains. Cela

nous aidera notamment à obtenir les courses de stakes que nous voulons créer.

Pour résumer, je dirais que nous voulons "connecter" le Maroc avec le

reste du monde. J’aimerais que les autres pays parlent du Maroc, et que les

Marocains sachent ce qui se fait à l’extérieur.

 

Le 7 mai dernier, l’hippodrome de Casablanca a accueilli le

premier Groupe (pour Arabes) de l’histoire du Maroc, le Grand Prix de Sa

Majesté le Roi Mohammed VI, un Groupe 3. « Avant, il n’y en avait jamais eu,

explique Omar Skalli. En 2009, c’est un cheval né et élevé au Maroc qui avait

remporté cette course : Moubtassim, élevé par le Docteur Sedrati. »

Le 7 mai, la SOREC a organisé un événement autour de cette

grande course, composé d’un dîner de gala et d’une remise de trophées aux

professionnels et chevaux, comparable à nos Cravaches et Chevaux d’or. « Il est

extrêmement important d’organiser ce genre d’événements car ils symbolisent une

reconnaissance du travail effectué par tous », commente Omar Skalli. De

 

« Pour donner un nouveau souffle à la filière courses, il

était important de faire évoluer notre manière de voir les choses, de

travailler, d’apprendre à échanger des idées et des expériences... »

 

Vous avez organisé votre première course de Groupe le 7 mai,

et c’était une course pour chevaux arabes. Pourquoi avoir commencé par cette

race ? Tout simplement parce que nos éleveurs, qui sont très impliqués dans la

gouvernance de la société-mère, sont plus avancés avec la race arabe. Ils

considèrent que notre élevage de pur-sang anglais n’est pas encore prêt à

rivaliser avec les étrangers. C’est pourquoi ils ont choisi de lancer notre

ouverture internationale avec les chevaux arabes.

 

7 MAI 2010 :  UNE

jOURNÉE FONDATRICE

Le 7 mai dernier, l’hippodrome de Casablanca a accueilli le

premier Groupe (pour Arabes) de l’histoire du Maroc, le Grand Prix de Sa

Majesté le Roi Mohammed VI, un Groupe 3. « Avant, il n’y en avait jamais eu,

explique Omar Skalli. En 2009, c’est un cheval né et élevé au Maroc qui avait remporté

cette course : Moubtassim, élevé par le Docteur Sedrati. »

Le 7 mai, la SOREC a organisé un événement autour de cette

grande course, composé d’un dîner de gala et d’une remise de trophées aux

professionnels et chevaux, comparable à nos Cravaches et Chevaux d’or. « Il est

extrêmement important d’organiser ce genre d’événements car ils symbolisent une

reconnaissance du travail effectué par tous », commente Omar Skalli. De

nombreuses personnalités françaises étaient présentes, dont Louis Romanet,

président Président de la Fédération internationale.

Un hommage spécial a également été rendu au grand

propriétaire-éleveur marocain Zakaria Hakam, disparu fin 2009.

En 2011, la SOREC souhaite organiser une journée comparable

pour les pur-sang.

 

 

De nombreux Français étaient présents le 7 mai. La France

joue-t-elle un rôle particulier dans votre développement ?

Au Maroc, on parle français ! Il existe des liens de longue

date entre nos deux pays. Jean-Pierre de Gasté nous a par exemple beaucoup

aidés pour que nous obtenions notre premier Gr3 pour Arabes. Nous organisons

également avec Hubert Monzat une rencontre trimestrielle pour une meilleure

collaboration entre nos deux pays. Et Thierry Delègue mène une grande mission

d’organisation pour la SOREC. Nous avons la chance d’être proches de la France,

qui est pour nous le leader mondial des courses, parce qu’elle possède le

modèle le plus cohérent et le plus stable. Nous en sommes encore loin, mais la

France est une inspiration forte.

 

Et avec les autres pays ?

La SOREC est membre de la FIAH, de l’IFHAR, etc. Nous avons

des accords de reconnaissance mutuelle pour les propriétaires. Nous entretenons

par ailleurs d’excellentes relations avec les pays du Maghreb, avec lesquels

nous organisons notamment, annuellement, le Grand Prix du Maghreb dont

l’édition 2010 devrait avoir lieu en Algérie et celle de 2011 au Maroc.

 

Alors pourquoi plus de propriétaires étrangers, notamment

français, n’investissent-ils pas au Maroc ?

Aujourd’hui, les propriétaires n’investissent pas au Maroc

principalement parce qu’il n’y a pas de centre d’entraînement public. C’est

pour cela qu’au Maroc, il n’existe pas vraiment de séparation entre les

différents "métiers" des courses : éleveur, propriétaire,

entraîneur.... Notre challenge, aujourd’hui, c’est de professionnaliser la

filière. Et cela exige d’abord de résoudre notre problème d’infrastructures. Je

voudrais créer deux ou trois centres d’entraînement, de différentes tailles,

pour que tous les éleveurs-propriétaires du Maroc puissent y avoir accès. Nous

avons très peu de grands éleveurs et propriétaires qui ont les moyens d’avoir

un élevage et un centre d’entraînement de bonne qualité. Les centres

d’entraînement, aideront certainement les petits propriétaires-éleveurs à

progresser, et permettront de développer le métier d’entraîneur public. Cela

créera des opportunités pour certaines personnes, y compris pour des Français.

 

« Nous avons la chance d’être proches de la France, qui est

pour nous le leader mondial des courses, parce qu’elle possède le modèle le

plus cohérent et le plus stable. Nous en sommes encore loin, mais la France est

une inspiration forte.   »

 

Quand aurez-vous mené à bien votre mission ?

Nous aurons réussi quand quelques chevaux marocains

participeront régulièrement à des courses étrangères, et quand des étrangers

participeront régulièrement à des courses marocaines. Nous aurons réussi quand

nous gagnerons des courses de Groupe à l’étranger avec plusieurs chevaux

différents. Nous aurons réussi quand nous serons capables d’exporter des

chevaux nés et élevés au Maroc à l’étranger. Et, à plus court terme, je

considérerai que j’ai réussi ma première étape personnelle quand le projet d’un

centre d’entraînement démarrera. Après, les résultats, c’est du long terme...

Même si les premiers bons chevaux marocains sortiront peut-être dans dix ou

vingt ans, il faut mettre les bouchées doubles dès aujourd’hui. Je compte sur

les socioprofessionnels pour créer ensemble les effets de levier nécessaires.

 

UN D.G. QUI CONNAÎT BIEN LA FRANCE

Avant de diriger la SOREC, Omar Skalli a fait ses études en

France à l’ESSEC (grande école de commerce). Puis il a travaillé pendant

quelques années à Paris dans le cabinet d’audit Arthur Andersen. Ce n’est

qu’ensuite qu’il a retrouvé le Maroc, où il a œuvré, entre autres, au

développement d’une société de crédit à la consommation, qui a connu une très

forte croissance en huit ans.

En rejoignant la SOREC, il a non seulement quitté le privé

pour rejoindre le public... mais aussi la commerciale Casablanca pour Rabat,

capitale et ville administrative. Un vrai changement.

 

UNE  ORGANISATION  PROCHE 

DU  MODELE MODELE FRANÇAIS

 La SOREC gère

elle-même 30 points de vente PMU. Cinq cents autres points de vente sont gérés

par des titulaires indépendants, comme en France.

Sur 100% joués, 18% vont à l’État, 12% à la filière et 70%

aux parieurs. Les 12% de la filière peuvent sembler beaucoup, mais ils servent

à financer l’ensemble du système, y compris le PMU.

Le PMU a été informatisé par le Groupe Carrus en 2002. Les

parieurs jouent sur les courses marocaines et françaises et le challenge actuel

de la SOREC est de développer les paris domestiques.

4 hippodromes

1072 courses, dont 462 pour les pur-sang, 300 pour les

Arabes, 270 pour les Anglos, 20 courses d’obstacle et 20 courses pour les AQPS

en plat.

10 partants par course