Sarafina, a la croisée d’ascot et chantilly

Autres informations / 14.06.2010

Sarafina, a la croisée d’ascot et chantilly

LE GRAND PEDIGREE    

 

Dimanche, la ???JdG rising star ??sarafina a fait étalage de

son talent pour remporter le 161e Prix de Diane (Gr1) devant 33.600 spectateurs

(un des records de la journée). Plutôt tardive, car elle a débuté seulement le

3 mai, elle reste ainsi invaincue en trois sorties et s’impose comme la

meilleure pouliche de 3ans entraînée en France sur 2.000m et plus. Représentant

une casaque classique par excellence, celle du Prince Karim Aga Khan, Sarafina

possède un pedigree empreint de l’actualité hippique du moment. En effet, son

père refuse to bend à qui elle permet d’ouvrir le compteur au niveau Gr1 a

remporté en 2005 les Queen Anne Stakes (Gr1), à Royal Ascot, dont l’édition

2010 a lieu ce mardi. Et deux sœurq de Sarafina, sanaya et sanjida avaient pris

part sans succès toutefois au Prix de Diane…

Même si sanariya, la mère de Sarafina, n’a pas couru, ce

n’est pas prendre un raccourci facile que de dire que Sarafina possède un

croisement orienté vitesse sur tenue. Car Refuse to Bend n’a jamais réussi

au-delà de 2.000m et que la famille maternelle de Sarafina possède des éléments

qui se sont plutôt illustrés sur des distances assez longues. Refuse to Bend a donc

certainement apporté ce côté « changement de vitesse en quelques foulées » qui

fait merveille chez Sarafina.

 

le Père : refUse to bend

Une carrière faite de haut, mais aussi de bas

Elevé par Moyglare Stud (Walter Hefner), refuse to bend a

commencé sa carrière pour ce propriétaire et était entraîné par l’Irlandais

Dermot Weld. Tout commença "comme dans un rêve" pour ce cheval qui

remporté facilement son maiden à Gowran Park, sur 1.400m, laissant son plus

proche poursuivant qui avait déjà couru à quatre longueurs. Testé ensuite

directement au niveau Gr1, il enlève les National Stakes (1.400m) au Curragh,

dans une édition qui peut avec le recul être qualifiée de moyenne ; les battus

du jour ne répétant pas ensuite et replongeant, pour la plupart, dans

l’anonymat.

De retour à 3ans, toujours pour le même entourage, Refuse To

Bend gagne pour sa rentrée le trial de Leopardstown des Guinées (Gr3). Il

arrive donc invaincu sur les 2.000 Guinées de Newmarket (Gr1), où il doit faire

face à 19 concurrents. Installé parmi les favoris, Refuse To Bend doit composer

avec un obstacle de taille : le numéro 18 dans les stalles. Malgré un parcours

peu favorable, où il ne peut être caché, refuse to bend se montre très accrocheur

dans les 400 derniers mètres et une fois après avoir pris l’avantage, il

résiste jusqu’au bout à zafeen et à norse dancer. Durant l’intersaison, les

Guinées n’étaient pas l’objectif de refuse to bend. Son entraîneur pensait en

effet détenir avec lui plutôt un cheval pour le Derby. Mais les travaux et les

bonnes analyses de refuse to bend dans la semaine précédant les Guinées ont

incité son entourage à tenter sa chance à Newmarket. Bien leur en a pris, car

refuse to bend est ainsi devenu Classique. Car lors de sa prochaine étape, dans

le Derby d’Epsom (Gr1), refuse to bend affiche les limites de sa tenue. Grand

favori, il termine treizième sur vingt. « Nous nous sommes trompés, il ne tient

pas. C’est un vrai miler » analysait Dermot Weld après la course

De retour sur le mile, Refuse to Bend enlèvera facilement un

petit Gr3 à Leopardstown, les Desmond Stakes. Suite à cela, il sera acheté par Godolphin

mais terminera sa saison  sous les

couleurs de Moyglare Stud. Une fin de saison qui sera le début de sa chute avec

deux échecs très nets dans le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1) de nebraska

tornando, puis dans le Breeders’ Cup Mile (Gr1) de six Perfections. Dans ces

deux Gr1, il terminera onzième à chaque fois. Envoyé ensuite chez Saeed Bin

Suroor, Refuse to Bend dispute une course à Dubaï, puis les Lockinge Stakes.

Constant dans la désillusion, il termine deux fois huitième et est catalogué

dans les rangs des champions enterrés.

Malgré ces deux mauvaises performances, son entourage le

présente dans les Queen Anne Stakes, championnat d’Europe du Mile pour les

"vieux". Face aux six Perfections, nebraska tornado et soviet song,

on ne donne pas cher des chances de Refuse to Bend. Malgré la monte de Frankie

Dettori, il est proposé à 12/1. Les champions ne meurent jamais et Refuse to

Bend renaît de ses cendres, s’imposant d’une 

encolure  après  avoir 

attendu (vous pouvez revoir sa course en cliquant sur ce lien :

http://www.godolphin.com/Video.aspx?id=61). « Le cheval avait perdu confiance

en lui après les ses défaites de l’an dernier, racontait le jockey après la

course. Il y a eu un gros travail de la part de l’équipe pour le ramener au

top. Il faut oublier le passé. »

Refuse to Bend a bien compris cette dernière phrase et,

ayant repris confiance, il s’impose ensuite dans un nouveau Gr1. Cette fois sur

2.000m, dans les Eclipse Stakes (Gr1) de Sandown (sa course en cliquant ici :

http://www.godolphin.com/Video.aspx?id=63) où il bat un bon cheval de tenue

entraîné par Clive Brittain, Warrsan. Ses trois prestations suivantes le

verront toutefois revenir un peu dans l’ombre, puisqu’il se classe onzième et

dernier des Sussex Stakes, troisième des Queen Elizabeth II Stakes et cinquième

des Champion Stakes de Newmarket (tous Gr1). Ce sera là la dernière course de

Refuse to Bend qui quitte la compétition après quinze courses, sept victoires,

une troisième places et sept échecs. Son palmarès comporte quatre victoires de

Gr1, une à 2ans, une Classique à 3ans et deux à 4ans et un rating Timeform de

128.

 

un cheval au grand courage

Dans les différents commentaires que l’on retrouve lors des

succès de Refuse to Bend, il est une constante : le courage. Après les Guinées,

Dermot Weld disait d’ailleurs :

« Refuse to Bend a gagné en vrai professionnel. Et décidément,

il porte bien son nom. » En anglais, Refuse to Bend signifie littéralement «

refuse de plier ».

 

une grande famille "Moyglare" L’histoire de Refuse

to Bend commence en fait en 1976, lorsque Grenzen, sa deuxième mère, est acheté

11.000$ aux ventes de Keeneland en septembre. En compétition, elle gagnera plus

de 346.000$, remportera plusieurs Gr2 et se placera deuxième des Kentucky Oaks

(Gr1). Fin 1978, Moyglare achète Grenzen pour 400.000$. Une bonne intuition,

puisqu’elle sera à l’origine d’une grande descendance. Elle a produit neuf

gagnants. Le premier de ces gagnants, Irish edition (Alleged), deviendra ensuite

la mère de Go and Go (Be My Guest), lauréat pour son coup d’essai sur le dirt

des Belmont Stakes (Gr1), sous la responsabilité de Dermot Weld. twilight

Agenda (Devil’s Bag), fils de Grenzen, gagnera plus de 2 millions de dollars

aux Etats-Unis. Market slide (Gulch), autre fille de Grenzen, donnera naissance

à Media Puzzle (Theatrical), gagnant pour Dermot Weld également du Melbourne

Cup (Gr1) en 2002. Media Puzzle est le premier produit de Market slide, qui

donnera ensuite naissance à la propre sœur aînée de Refuse to Bend, qui sera

gagnante en Irlande, avant donc de mettre au monde, encore croisée à sadler’s

Wells, Refuse to Bend.

En 2005, Market slide a donné naissance à domestic fund

(Sadler’s Wells), placé dans les Beresford Stakes (Gr2) en 2007. Actuellement,

l’avenir des rejetons de Market slide se tourne surtout vers notable Graduate

(Galileo), un mâle de 2ans à l’entraînement chez Dermot Weld.

 

sarafina le replace en pleine lumière

En 2005, Refuse to Bend a fait son entrée au haras, chez

Darley, à Kildangan Stud. Ses premiers 2ans arrivent en piste en 2008 et seize

seront gagnants cette année-là. Dans sa production, on retrouve peu de gagnants

de Groupe et sarafina est d’ailleurs sa première gagnante au niveau Gr1. Il est

amusant de noter que Grace o’Malley, gagnante ce dimanche 13 juin à Cork des

Noblesse Stakes (Gr3) possède le même croisement que sarafina. Son père de mère

est également darshaan. A l’âge de 3ans, Grace o’Malley avait déjà remporté un Gr3.

Outre sarafina et Grace o’Malley, l’autre gagnant de Groupe produit par Refuse

to Bend est neon Light, lauréat en Allemagne du Preis der Winterkonigin (Gr3). Actuellement,

Refuse to Bend n’est plus à Kildagan Stud. Il stationne à Whitsbury Manor Stud,

où il fait la monte pour 5.000£.          

 

la Mère : sanariya

la sœur de deux candidates au "diane"

Entraînée par Sir Michael Stoute, sanariya, la mère de

sarafina, a couru cinq fois, sans gagner. Sa meilleure performance est une

deuxième place dans un maiden sur 2.000m à Yarmouth. Envoyée rapidement au haras,

elle a donné naissance avant sarafina à cinq produits, toutes des femelles, qui

sont passées chez Alain de Royer Dupré. La première, sanada (Priolo), a gagné

un petit maiden à Châteauroux. Vendue pour 18.000€ à l’Agence Fips en décembre

2004 à Deauville, sanada est aujourd’hui poulinière. La deuxième, sanagora

(Mujadil), a donné des espoirs, remportant ses deux premières sorties. Testée

ensuite deux fois au niveau Listed, elle y a pris une quatrième place pour

meilleur classement dans le Prix La Sorellina (L). sanagora a été vendue en

décembre 2006 à Deauville pour 70.000€.

En 2003, sanariya donna naissance à sanaya (Barathea), qui a

gagné en débutant le Prix des Marettes (F). Rapidement orienté vers les

Groupes, elle terminera deuxième successivement dans le Prix des Réservoirs, le

Prix Pénélope, le Prix Cléopâtre (Grs3) et le "Saint-Alary" (Gr1).

Elle prendra part au Prix de Diane de confidential lady, y terminant non

placée, avant de revoir ses ambitions à la baisse. Son nom s’écrira en majuscules

suite à son succès dans le Prix Casimir Delamarre (L 1.800m) en fin d’année.

Après la fin de saison 2006, sanaya sera exportée à Dubaï.

Née en 2005, sanjida (Polish Precedent) a elle terminé

deuxième du Prix des Marettes (F) devant les futures gagnantes de Groupe Gagnoa

et Modern look. Rapidement, sanjida atteint le niveau des Groupes et se placera

dans les Prix de Condé, Pénélope et Cléopâtre (Grs3). Elle appartient à la

grande génération de zarkava et elle lui servira de leader dans le Prix de

Diane 2008. Suite à cela, sanjida changera de casaque et portera celle du Haras

de la Pérelle, tout en rejoignant l’entraînement d’André Fabre. Pour eux, elle

se placera ensuite deux fois en fin de saison au niveau Listed. On avait pu

remarquer en course que Sanjida donnait souvent l’impression d’aller

facilement. Mais peu courageuse à la lutte, elle ne donnait pas toujours le

meilleur d’elle-même. sanabyra (Kahyasi), née en 2006, ne sera jamais vue en

compétition. Le produit suivant de sanariya est sarafina. Il y a ensuite un

mâle, né en 2008, par dr fong. Il se nomme sandagiyr et est placé chez Alain de

Royer Dupré.

 

l’héritage "dupré"

Née et élevée en France, sarafina possède pour troisième

mère santalina (Relko), lauréate du Prix Joubert (L). Cette dernière est une

fille de sursum corda (Le Haar), devenue propriété de l’Aga Khan lors de

l’acquisition de l’élevage Dupré. Placée au niveau Listed sur de longues

distances, Sursum Corda a donné naissance à sumayr, lauréat en 1985 du Grand

Prix de Paris (Gr1), sur 3.000m. sumayr a également remporté le Preis von

Europa (Gr1) et a terminé quatrième de l’Arc de rainbow quest avant de devenir

plus tard étalon en Australie, puis en NouvelleZélande.

 

l’une des plus grandes familles d’europe

Mère de sursum corda et cinquième mère de sarafina, ad

altiora (Labrador) est à l’origine d’une très belle famille. Elle a en effet

produit altissima (Klairon), sœur de sursum corda et lauréate de la Poule

d’Essai (Gr1) en 1963.

ad altiora est également la troisième mère d’albertine

(Irish River), à l’origine d’agathe et de toute la grande famille des

"A" de la casaque Wildenstein. Celle d’aquarelliste (Danehill),

également lauréate du Prix de Diane, d’arcangues ou d’artiste royal. Entre

autres….