Sarafina & rosanara, héroïnes d’un "diane" vert et rouge

Autres informations / 13.06.2010

Sarafina & rosanara, héroïnes d’un "diane" vert et rouge

Chantilly, Dimanche – Prix de Diane (Gr1)

Sarafina

(Refuse to Bend). Rosanara (Sinndar). Deux ???JDG Rising Stars ??qui

sont entrées dans l’Histoire du Prix de Diane (Gr1) en y réalisant le jumelé gagnant.

Une épreuve qui est intimement liée à la casaque du prince Karim Aga Khan,

victorieux pour la sixième fois de ce classique. Il devient ainsi, à égalité

avec Auguste Lupin (victorieux six fois entre 1845 et 1886), le propriétaire

recordman de victoires dans le Prix de Diane.

Et, pour la première fois, l’Aga Khan réalise le doublé dans

le "Diane", ce qui est également le cas pour Alain de Royer Dupré, lequel

imite en cela Jean-Claude Rouget dans l’édition 2009. Également, c’est la

première victoire de Christophe Lemaire dans un Gr1 pour la casaque vert et

rouge depuis qu’il est officiellement son premier jockey. Propriétaire, mais

avant tout éleveur, le prince Karim Aga Khan était comblé par ce succès total

et racontait après la course : « Ce sont deux très bonnes pouliches. Sarafina

est invaincue, c'est fantastique. Nous allons voir désormais vers quoi nous

allons l'orienter. Il faut que je discute avec son entraîneur de sa tenue. Je

ne sais pas si elle est capable ou non de tenir 2.400m. En revanche, Rosanara

tiendra la distance. C'est magnifique car ces deux pouliches sont l'avenir de

mon élevage. Ce sont aussi deux pouliches nées et élevées en France, et c'est

très important de le noter. » Chef d’orchestre de la symphonie jouée à Chantilly

dimanche, Alain de Royer Dupré était concentré dans le rond avant la course.

Lors des premiers pas de Sarafina, il n’avait pas caché l’estime qu’il lui

portait et celle-ci a répondu à ses attentes. La voici désormais, en seulement

trois sorties, double lauréate de Gr1 et, pour son entraîneur, « elle confirme

qu’elle possède une grande classe. Elle a la faculté en quelques foulées

seulement d’aller plus vite. C’est une capacité que possèdent les grands

chevaux. »   

 

Beaucoup ont tendance à vouloir comparer les chevaux entre

eux. Rosanara n’avait pas à être comparée à Zarkava (Zamindar) après sa

victoire dans le "Marcel Boussac" (Gr1) et Sarafina n’a pas à l’être

après avoir gagné le "Diane" en restant invaincue. Chaque champion

est unique et c’est aussi ce perpétuel renouvellement qui rend les courses

attrayantes.

Voilà pourquoi, quand certains tentaient de comparer

Sarafina à Zarkava, Alain de Royer Dupré répond : « Pour l’instant, il est

encore trop tôt pour se prononcer sur la tenue de Sarafina. Il n’est pas encore

certain qu’elle fasse 2.400m. Comparée à Zarkava, Sarafina est pleine de

vitesse, notamment dans la phase initiale. » Revenant sur le programme passé et

futur de Sarafina,

l’entraîneur poursuit : « Elle a couru le

"Saint-Alary" comme un maiden intermédiaire. C’est toujours plus

facile avec les grands chevaux… Pour la suite de son programme, nous verrons.

Rien n’est décidé. Peut-être l’orienterons-nous dans un premier temps sur une

épreuve de distance intermédiaire. »

C’est tout de même un exploit de voir Sarafina remporter le

"Diane", cinq semaines seulement après avoir débuté. Avant elle,

Alain de Royer Dupré avait réussi à gagner le "Diane" avec Daryaba

(Night Shift), qui avait seulement débuté en compétition à la fin du mois

d’avril de ses 3ans. Lors de ses deux seules sorties, Sarafina n’a jamais été

devant. Elle est à chaque fois venue dans les chevaux, ce qui lui a appris

quelque chose.

Enfin, on rappellera que Sarafina et Rosanara étaient les

deux seules lauréates de Gr1 au départ et qu’elles ont formé le jumelé gagnant.

Une arrivée logique, donc.

 

SARAFINA PlUS FORTE qUE lA PRESSION

Garçon de voyage d’Alain de Royer Dupré, Jean-Michel Roux a

pu suivre toute l’intimité de Sarafina. Il la connaît bien et cette victoire ne

l’a pas surpris. Il nous disait après la course : « Je n'ai pas franchement eu

peur. Je connais mes pouliches et je connaissais le lot. Pour moi, la logique a

été respectée. Je ne sais pas si Sarafina est capable de tenir les 2.400m, mais

c'est

une pouliche de grande classe, elle l'a prouvé aujourd'hui

en gagnant avec seulement deux courses au compteur. C'est une pouliche très

bien dans sa tête en tous cas. Elle a su gérer le monde et le bruit

aujourd'hui. »

 

Très malheureuse dans la Poule d’Essai (Gr1), où elle aurait

mérité un meilleur classement, Rosanara a trouvé une belle compensation avec sa

deuxième place dans le "Diane". Toujours dans le coup, elle s’est

montrée très accrocheuse dans la phase finale.

Elle a pu bénéficier d’une ligne d’arrivée plus limpide qu’à

Longchamp et a ainsi pu fournir sa vraie valeur. « Rosanara est une valeur sûre

dans cette génération. Elle est juste simplement un peu en-dessous de Sarafina.

Je pense qu’elle tient. Elle devrait être rallongée et pourrait courir le Prix

Vermeille », analysait Alain de Royer Dupré. Les observateurs avisés ont pu

noter que Gérald Mossé a repris Rosanara en début de parcours, laissant

Sarafina se placer devant elle.

 

HISTORIQUE DOUBLÉ POUR ALAIN DE ROYER DUPRÉ

L’an dernier, Jean-Claude Rouget avait réalisé quelque chose

de grand pour sa première victoire dans le Prix de Diane, signant le jumelé

gagnant grâce à Stacelita (Monsun) et Tamazirte (Danehill Dancer). Alain de

Royer lui a donc emboîté le pas un an plus tard, faisant lui aussi le doublé.

Réaliser le doublé dans le "Diane" a été peu souvent réussi. Les

autres auteurs de cet exploit sont Geoffroy Watson en 1961 et, plus près de

nous, Henry Cecil en 1990.

 

SUPPLÉMENTATION RÉCOMPENSÉE POUR SANDBAR

Pour 48.000€, la lauréate du Prix Cléopâtre (Gr3), Sandbar

(Oasis Dream), a été supplémentée dans ce Prix de Diane. La décision de son

entourage a été récompensée en piste avec la très bonne troisième place de

Sandbar, montée pour la première fois par Olivier Peslier. « Elle s’est bien

comportée dans un terrain trop souple pour elle, nous expliquait François

Rohaut, son entraîneur. Elle est battue par deux très bonnes pouliches. Elle a

bénéficié d’une course limpide. J’espère qu’elle va encore progresser. »  Ce qui est amusant, c’est que la semaine

dernière, dans le Prix du Jockey Club, c’est également un cheval supplémenté

(Pain Perdu) qui avait occupé la troisième place.           

 

DELUXE DEVRA ENCORE ATTENDRE

Sœur de cinq lauréats de Gr1, la ???JDG Rising Star ??Deluxe

(Storm Cat) est pour l’instant placée à ce niveau. Deuxième de Sarafina dans le

"Saint-Alary", elle tentait de prendre sa revanche dimanche, en étant

munie pour la première fois d’œillères australiennes. Elle a tout tenté,

voulant venir "en dedans" dans la phase finale, mais cela n’a pas

suffi. Elle est pour l’instant moins bonne que Sarafina, et se classe

quatrième. Présent dimanche à Chantilly, Teddy Grimthorpe nous disait, tout en

revoyant la course diffusée sur le grand écran dans le rond de présentation : «

Je ne pense pas que cela soit un problème de distance. Maxime Guyon ne pense

pas non plus que sa quatrième place soit due à son incident dans le parcours. »

 

LA SŒUR DE DEUX 

POULICHES QUI ONT COURU LE "DIANE"

Élevée par S.A. Aga Khan, Sarafina est une fille de

Sanariya, qui courait en Angleterre chez Sir Michael Stoute. Cette dernière est

une fille de Darshaan, avec qui Alain de Royer Dupré trouve des comparaisons

physiques. Sanariya n’a jamais gagné en cinq courses et compte comme meilleure

performance une deuxième place dans un maiden. Sarafina est son cinquième

produit à avoir couru et sa cinquième gagnante. Avant elle, on a pu voir en

piste Sanaya (Barathea), gagnante du Prix Casimir Delamarre (L), placée de Gr3

et candidate au Prix de Diane (Gr1) 2006, ainsi que Sanjida (Polish Precedent),

pouliche parfois peu volontaire, placée de Gr3 et également candidate au Prix de

Diane, en 2008. Toutefois, elle y jouait le rôle de leader pour Zarkava

(Zamindar). Deuxième mère de Sarafina, Sanamia (Top Ville) a couru trois fois

et a gagné un maiden à 3ans, à Tipperary, sur 2.400m. Elle était entraînée par

John Oxx. Dans notre prochaine édition, nous reviendrons en détail sur le

pedigree de Sarafina, dans notre rubrique "Le Grand Pedigree".

 

Sarafina (1re) Bien partie et rapidement brillante, elle a

pu se caler dans le sillage de Bridge of Peace, en deuxième épaisseur, car

Rosanara a repris, lui laissant un espace où se placer. Toujours brillante

pendant 1.000m, elle s’est retrouvée nez au vent à environ 400m du poteau,

suite à la fin du travail de son leader et à la baisse de régime de Bridge of

Peace. Cadencée en progression par Christophe Lemaire, elle est venue sur la

ligne de tête à 400m du poteau, puis s’est facilement détachée, tout en ayant

légèrement penché sur la droite.

Rosanara (2e) Très bien partie, puis reprise par Gérald Mossé,

elle s’est calée dans le sillage de Sarafina, puis dans celui de Deluxe. Venue

au centre dans la phase finale, elle a dû légèrement changer de ligne, sans

être vraiment déséquilibrée. À 200m du poteau, elle a même eu sa chance pour la

victoire, mais elle n’a pu que pousser Sarafina ensuite. Courageuse, elle

efface sa prestation malheureuse de la Poule d’Essai.

Sandbar (3e) Longtemps avant-dernière, détendue, a mis du

temps à enclencher au début de la ligne droite, alors qu’elle est venue dans le

sillage de Sarafina. À 300m du but, elle était au côté de Rosanara et, après

une vive lutte, elle n’a pu lui contester la deuxième place dans les 100

derniers mètres. Comme à son habitude, Sandbar s’est montrée très courageuse,

d’autant que le terrain n’était pas à son avantage.

Deluxe (4e) Placée le long de la corde, dans le sillage d’A

Media Luz, elle a tenté de venir au centre au début de la ligne droite. Puis

elle est revenue le long du rail, et s’est retrouvée dans un étau entre A Media

Luz et Valasyra. Gênée tout en écrasant la première nommée, elle a été un peu

coupée dans son effort. Relancée à 300m du but, elle a bien terminé mais n’a pu

finalement que refaire Zagora, bien que terminant aussi vite que Rosanara et

Sandbar

Zagora (5e) Rapidement dans le groupe de tête, a dû prendre

l’avantage quasiment dès l’entrée de la ligne droite, tout en penchant. Elle a

fait illusion un instant, même pour la victoire, mais son jockey a perdu sa

cravache à 300m du but. Ensuite, Zagora a plafonné, perdant les accessits. Elle

termine finalement cinquième. Manque de tenue ?

A media luz (6e) Placée sur une deuxième ligne, le long du

rail, elle a été gênée par le mouvement de Zagora et s’est retrouvée écrasée

par Deluxe. Elle s’est toutefois assez bien relancée ensuite, tout en terminant

à distance des cinq premières.

Valasyra (7e) Dévouée à la cause de Rosanara et Sarafina,

elle a imprimé un train régulier à la course, avant de s’effacer peu après

l’entrée de la ligne droite. Elle ne s’est pas effondrée une fois son rôle

terminé, ne terminant pas dernière.

Heaven’s Vault (8e) Longtemps dernière et montée aux bras

dans le tournant final, elle n’a pu se mêler aux choses sérieuses dans la ligne

droite, ne pouvant suivre l’accélération des premières bridge of Peace (9e) Longtemps

dans le groupe de tête, s’est décalée dans le tournant final mais elle n’a pu

rivaliser avec les autres quand elles ont accéléré.