Sormiou écrit un nouveau chapitre de son conte de fée

Autres informations / 13.06.2010

Sormiou écrit un nouveau chapitre de son conte de fée

 

 « À deux cents mètres du poteau, je ne savais plus comment je m’appelais ni où j’habitais. » Ce sont les mots plein d’émotion de Cédric-Ghislain Diard, noyé dans des larmes de bonheur, peu après la victoire de son champion Sormiou (Califet) dans le Prix Paul de Moussac (Gr3).

« Sormiou est un champion, il le montre aujourd’hui à ceux qui en doutaient, poursuit-il, je remercie beaucoup son éleveur qui m’a fait entière confiance et m’a laissé libre dans toutes les décisions, même quand j’ai choisi d’aller le courir sur 2.000m en fin d’année de 2ans. Aujourd’hui, c’était le gros test pour les Grs1, on verra bien comment il récupère, mais il pourrait bien courir le Prix Jean Prat (Gr1). »

Contrairement à ce qu’il avait montré jusque ici, Sormiou s’est présenté très calme avant la course et c’est toujours aussi détendu qu’il s’est installé en queue de peloton une fois sorti des stalles de départ.

Son jockey, Alexandre Roussel, a alors choisi de rester côté corde pour lancer son poulain dans la phase finale et « à deux cents mètres du but, je savais que j’avais gagné, s’exclamait son jockey, c’est un vrai champion ! » Capable de gagner sur des distances comprises entre 1.400 et 2.000m, Sormiou dispose de beaucoup de vitesse, ce qu’il n’a pas manqué de prouver à tous ses adversaires dans la ligne droite, en les passant tous en revue, pour finalement s’imposer avec une bonne longueur d’avance devant blue Panis (Panis), le grand animateur de l’épreuve, qui l’avait devancé à la fin du mois d’avril à Toulouse. « Ce jour-là, Sormiou était très énervé et avait perdu la course avant de sortir des boîtes, nous a confié son entraîneur. S’il avait été aussi calme qu’aujourd’hui, il aurait probablement gagné sa sixième course consécutive. »

 

le premier Groupe de Cédric Diard

Trois semaines après avoir remporté sa première Listed, avec ce même Sormiou, Cédric Diard triomphe pour la première fois au niveau Groupe, une victoire pleine d’émotion qu’il n’a pas pu contenir. « Grâce au travail d'équipe, c'est un rêve qui se réalise. Oui, c'était un sacré pari, mais je n'avais pas de course pour les 3ans sur le mile dans des bons lots. Soit c'est vraiment la catégorie inférieure, soit c'étaient les gros morceaux. Nous avons tenté notre chance pour une place ! » Cédric Diard est comblé et n’en oublie pas ses racines, remerciant immédiatement le travail de toute son équipe. Ce jeune entraîneur est encore méconnu du grand public, il travaille au même endroit que son père Cyriaque, qui lui a tout appris. « Je suis installé à côté de l'écurie de mon père. Nous travaillons sur la même piste mais à des horaires différentes. Nous ne confrontons pas nos chevaux le matin, seulement l'après-midi, mais c'est vrai que nous utilisons les mêmes méthodes de travail. J'ai grandi et appris auprès de lui. Cela fait quinze ans que je la connais, cette piste. Elle est particulière. Elle est très naturelle, il y a des haies tout autour. Elle fait 1.100m et elle est très tournante. Donc les chevaux ne tirent pas car ils ralentissent eux-mêmes dans les tournants. Ce que nous avons remarqué, c'est qu'avec ce travail quotidien sur cette piste, nous ne faisons que des chevaux de vitesse. Très peu de nos chevaux ont tenu ou tiennent 2.400m. Nous avons beaucoup de milers. Nous avons aussi une piste d'obstacle, à l'intérieur de la piste de galop. Nous avons des vieux pneus en guise d'obstacles et avant une grande course ou pour le steeple, nous allons sauter chez d'autres entraîneurs. J'avais dit à mon père : si je gagne le Groupe de dimanche, j'achète des haies synthétiques pour nous faire de beaux obstacles ! »       

 

Sormiou, un cheval caractériel

Bien souvent, les bons chevaux font preuve de caractère. De la qualité, Sormiou n’en manque pas et du caractère, il en a à revendre. « Quand il était poulain, Sormiou était un petit cheval trapu et on ne pouvait pas imaginer qu’il allait devenir ce champion, nous a confié Maurice Aubry, son propriétaire et éleveur. Sormiou est très compliqué, il l’a toujours été. Il est presque impossible de le seller dans son box et Cédric cède à tous ses caprices. Le cheval ne voyage jamais seul, il a son sparring partner avec lui, à qui il peut casser la figure constamment. » Un profil psychologique particulier que n’a pas manqué d’alimenter son entraîneur. « Mon cheval est très particulier le matin. Je l'ai depuis qu'il est yearling et je me suis déjà fait la valise avec lui. Il fouaille de la queue, met les oreilles dans le poil et il m'emmène. Nous lui mettons du coton dans les oreilles, même au paddock le lendemain d'une course. Il a un attache-langue et un leader derrière lequel il peut se détendre. Mais c'est un ours ! Un ours gentil, un amour, mais un guerrier. Il fait quatre canters par semaine, jamais de galop de chasse. Je fais très attention au rythme cardiaque et je sais que mon cheval a encore une marge sur cette victoire. Il reprend vite de l'état et si je le sens à 100%, il courra le Prix Jean Prat. »

 

blue Panis confirme son succès toulousain

Lauréat du Prix Aymeri de Mauléon (L), blue Panis (Panis) a confirmé sa récente victoire en prenant la deuxième place de l’épreuve pour un premier test au niveau Groupe à 3ans. Animateur de l’épreuve, il a mené à un rythme régulier et ne s’est avoué vaincu que dans les cent derniers mètres, au prix d’une bonne résistance. « J’ai gueulé toute la ligne droite, nous a déclaré son éleveur. Après sa première course, on s’était déjà dit "qu’est-ce que c’est que ce cheval ?" Après, on avait gagné devant un "Maktoum". C'est super, ce qu'il fait. La mère est pleine de le Havre (Noverre) après avoir coulé de Poliglote (Sadler’s Wells). » Blue Panis a fait preuve de beaucoup de courage pour résister à bon nombre de ses assaillants, seul le dernier a eu raison de lui, les autres s’y sont cassé les dents, à l’instar d'Emerald Commander (Pivotal) et Ramble On (Tobougg).

 

le meilleur produit de sa mère

Issu d’une souche de l’élevage de Martine Van de Kerchove, Sormiou a été élevé par Maurice Aubry, Mme D. Arcidiacono et A. Maillet. Il est le troisième produit de melodya (Great Palm) et il est aussi le plus talentueux de sa confrérie. Sormiou est le neveu de madra Ocean (Urban Ocean), triple placé de Listed à Auteuil et troisième de Gr3 à Cagnes-sur-Mer, et de madragan (Poliglote), qui a montré un peu de vitesse et de la précocité en plat et qui s’est reconverti avec succès en obstacle, prenant la deuxième place du Prix Wild Monarch (L) l'an dernier. Rencontré après la course, Maurice Aubry nous a raconté sa passion pour l’élevage. « Je suis un tout petit éleveur, j’ai seulement quatre poulinières, mais je me passionne pour les croisements. Je sais que pour Sormiou, je prenais un risque avec Califet et j’ai toujours été un peu aventurier. Mais Califet était un vrai cheval de course et il pouvait transmettre ça. La réussite n’est pas de la chance, j’avais déjà eu un bon cheval, major d’Hélène (Majorien), qui a remporté le Derby suisse (L). Cette année, j’ai mis mes poulinières à Kingsalsa, Doctor Dino et Gold Away. »  

 

SUR lA PISTE

Sormiou (1er) Patient en queue de peloton, il a suivi librement le mouvement en entrant dans la dernière ligne droite puis a été l’un des premiers à être accompagné aux bras. À 400m du but, il a plongé vers la corde et a prolongé son effort jusqu’au passage du poteau, passant ses adversaires en revue pour s’imposer assez nettement.

blue Panis (2e) Tout de suite aux avant-postes, il a donné le ton de l’épreuve et a résisté à toutes les attaques, à l’exception de Sormiou, le dernier assaillant.

Emerald Commander (3e) A voyagé en deuxième position, nez au vent, puis est venu porter une bonne attaque à l’animateur, Blue Panis, tout en penchant quelque peu sur sa gauche. A pris une méritoire troisième place, sans être réellement menacé par ses poursuivants. Ramble On (4e) Constamment dans le sillage d’Emerald Commander, il a profité de l’écart de ce dernier dans la phase finale pour tenter de revenir sur Blue Panis, mais a finalement coincé à 100m du but.

Fallen Idol (5e) En dernière position, à côté de Sormiou, a choisi le chemin de l’extérieur pour produire son effort, mais a été pris de vitesse jusqu’à 300m du but, moment où il a trouvé son action pour finir honorablement, tout près des premiers.