Un "jockey club" hors-normes

Autres informations / 05.06.2010

Un "jockey club" hors-normes

Avant même qu’elle n’ait lieu, l'édition 2010 du Prix du

Jockey Club (Gr1) a déjà écrit une page de l’histoire des courses françaises du

xxie siècle, avec ses vingt-trois partants. Exceptionnellement, France Galop

n'a en effet pas éliminé de poulains cette année et avant l'heure, ce nombre

important laisse planer le doute sur la régularité de la course. On redoute de

devoir compter les chevaux malheureux – ou, pire encore, les incidents. Mais

vingt ou vingt-trois partants, cela change-t-il fondamentalement le déroulement

d'une course et trois chevaux de plus peuvent-ils multiplier le risque

d'incidents ? Ce n’est pas sûr. Pour éviter les incidents, il ne faut pas trop

de partants ; et pour que ça "roule", il en faut un minimum (de façon

à éviter que les chevaux ne se regardent en chiens de faïence)… Difficile

équation ! Et si on fixait arbitrairement le nombre de partants dans les

classiques à 14, une fois pour toutes ? Ne riez pas : cette provocation n’en

est une qu’à demi. Il est bien des sports (athlétisme, natation, cyclisme), où

le nombre de partants de la finale est connu longtemps à l’avance.

Bref, avant de relancer le débat dans les jours à venir, réjouissons-nous

de voir à Chantilly quelques-uns des meilleurs 3ans européens actuels. Le Derby

anglais présentait cette année un lot bien moins relevé au papier que le derby

français et son résultat nous a confortés dans notre idée puisqu'un leader de

Coolmore a pris la deuxième place. Cette année, Aidan O'Brien nous fait

l'honneur de déléguer l'un de ses tous meilleurs 3ans, si ce n'est le meilleur

: Cape Blanco (Galileo). C'est un pari que n'a encore jamais tenté le maître de

Ballydoyle, qui a toujours préféré courir tous ses plus gros atouts en

Angleterre, la veille, dans le Derby d'Epsom.

Et, outre les concurrents habituels venus d'Irlande ou

d'Angleterre, un Russe, un Allemand, un Italien participeront au "Jockey

Club" au milieu de ces Français, sans leader, venus de tout horizon : du

mile au parcours de tenue, des Groupes aux courses à conditions, de la

province, de Maisons-Laffitte ou de Chantilly.

Il y a une semaine, avant le Grand Steeple-Chase de Paris

(Gr1), Jean-Paul Gallorini comparait la grande course en obstacle à un match de

boxe. Dimanche, ceux qui auront su esquiver les coups gagneront la bataille.