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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Patrick fellous : « l’augmentation des allocations ne doit plus se décider en fin de budget »

Autres informations / 21.07.2010

Patrick fellous : « l’augmentation des allocations ne doit plus se décider en fin de budget »

Très

actif depuis quelques semaines au sein du Syndicat des propriétaires, Patrick

Fellous a prononcé un discours très écouté lors de l’A.G. vichyssoise. Pour

lui, il faut complètement inverser la manière de gérer les augmentations

d’allocations – en les faisant passer en premier, aussi bien dans le calcul du

budget de France Galop que dans les discussions avec le PMU. Philippe Bouchara

a structuré ses discours précédents autour d’une idée forte qui est aujourd’hui

devenue la raison d’être de notre organisation : les propriétaires sont les

actionnaires investisseurs du système des courses ou, pour le dire

différemment, les actionnaires de France Galop. Dans le contexte de la

concurrence féroce qui s’ouvre sous nos yeux, il est urgent que nous,

propriétaires, alliés aux autres socioprofessionnels menacés comme les éleveurs

et les entraîneurs, reprenions le pouvoir qui nous a échappé depuis trop

longtemps. Cette volonté est inscrite dans les perspectives envisagées par

Philippe Bouchara. J’y souscris à 100%. La nécessaire professionnalisation de

France Galop s’impose tous les jours comme impérieuse. Ce qui a été esquissé

pour les commissaires s’entend dans le même sens. Il est urgent de

responsabiliser tous les intervenants autour d’objectifs qui doivent permettre

à la filière que nous représentons de s’adosser sur des planchers de

rentabilisation acceptables. (…) Je souhaite citer un exemple qui me tient à

cœur et qui illustre parfaitement la trop grande distance qui existe

actuellement entre nos dirigeants et le terrain. Il concerne la fixation du

niveau des allocations. Pour tous

les décideurs actuels au sein de France Galop, politiques ou administratifs, le

montant des allocations ainsi que leur variation est devenu une variable

résiduelle ! J’entends par

"variable résiduelle" le fait que les augmentations d’allocations

sont ajustées à la fin du budget, en fonction de ce qui reste une fois que

toutes les autres dépenses ont été prévues. Eh oui, ce sont les résultats

anticipés de l’année qui disent ce qui pourra être distribué en allocation dans

le prochain exercice. C’est cette vue qui préside et qui s’impose à toute notre

Institution et nous l’acceptons. Alors qu’il s’agit d’une présentation particulière,

que je considère comme inique, et qui reflète une logique très orientée. Je m’explique. L’Institution des

courses se propose avant tout de faire subsister et de régler l’ensemble de ses

frais de fonctionnement (salaires, fournisseurs, frais divers, réceptions,

frais fixes, taxes) qui sont des données premières et déterminées, et après

avoir procédé à tous ces règlements, elle se propose de distribuer le

"reste" en allocations. Je

propose que désormais nous refusions cette logique économique et que nous

passions à l’heure du capitalisme

actionnarial. Comment ne pas être frappé par l’inversion que représentent nos

courses par rapport à la logique économique

contemporaine. Aujourd’hui, nous, les actionnaires, exigeons une rentabilité

dans l’entreprise dans laquelle nous avons investi.

Un de nos dirigeants a-t-il une seule fois dit au président du PMU : « Je veux tant à la fin de l’année.

» Pourquoi personne n’a jamais demandé cela au

président du PMU ? Parce que notre système associatif, si peu économique et

professionnel, se contente des "restes". Jamais d’objectif, une

disposition passive et inactive en vue de capter les restes d’une recette que

les courses ne maîtrisent pas. (…) Nous devons désormais inverser cette logique

économique. Nous devons prendre en compte l’actionnariat des propriétaires, afin que l’objectif choisi

pour l’augmentation des allocations soit fixe et devienne une des composantes à

part entière de l’exercice.

L’augmentation des allocations ne doit plus être aléatoire et résiduelle. Elle doit être déterminée à priori, en fonction

des conditions d’exploitation des chevaux, et ce sont d’autres paramètres qui

seront amenés à varier pour que l’objectif soit atteint – ou, du moins, approché. Bref, la maîtrise de notre recette doit devenir l’exigence de

tous les professionnels et ce sont les frais de fonctionnement qui devront

s’adapter et devenir à leur tour variables suivant les conjonctures. Pour conclure, je dirai que ce projet ambitieux et

que l’on pourrait qualifier de révolutionnaire colle parfaitement avec le projet qu’a développé notre

président tout au long de ses interventions de ces derniers mois : « Les propriétaires sont les actionnaires de

France Galop. » Bien sûr, pour que nous aboutissions, nous aurons besoin de toute

la puissance de notre syndicat et de sa dynamique

!