Eric lhermite : « le retour de vision d’etat à grandcamp est un rêve qui se réalise ! »

Autres informations / 15.08.2010

Eric lhermite : « le retour de vision d’etat à grandcamp est un rêve qui se réalise ! »

Nous vous l’avons annoncé dans l’édition de dimanche, Vision d’Etat (Chichicastenango) va faire la monte en 2011 chez Eric Lhermite, qui dirige le Haras de Grandcamp. Nous l’avons rencontré dimanche matin.

JOUR DE GALOP. – VOUS AVEZ PRÉSENTÉ VISION D’ETAT AUX VENTES ARQANA EN DÉCEMBRE 2006 À DEAUVILLE… C’EST UN VRAI RETOUR AUX SOURCES POUR LUI !

Eric lhermite. – c’est exactement ça. Il y a longtemps que j’espérais ce qui vient de se passer. Son retour à Grandcamp, c’est un rêve qui devient réalité, la formule est facile mais elle représente bien mon état d’esprit. Gaëtan Gilles m’avait demandé de préparer son cheval, on a toujours travaillé ensemble depuis la création du haras en 2004. Vision d’Etat a grandi et s’est construit entre de petites mains, c’est le champion du peuple, un vrai conte de fée moderne, qui je l’espère va perdurer.

VOUS AVEZ GRAVI LES ÉCHELONS UN À UN AVANT DE VOUS LANCER. L’ENTRÉE DE VISION D’ETAT DANS VOTRE MAISON VOUS FAIT-ELLE PASSER À UN NIVEAU SUPÉRIEUR ? Sans aucune hésitation. À la base, je suis un passionné de chevaux sans être du milieu. Travailler au contact des chevaux a toujours été ma principale motivation. Mon évolution s’est faite naturellement, je n’ai jamais cherché à diriger, ça s’est imposé à moi. À Grandcamp, on a commencé avec ultimately lucky et depuis d’autres étalons sont venus renforcer le haras. L’arrivée de Vision d’Etat est un plus incontestable. Il va toucher une jumenterie d’obstacle, c’est évident, mais il a tout pour faire un très bon étalon. Il est très bien fait, il a de la classe, un palmarès qui le confirme et il s’adapte à tous les terrains. C’est la force des champions. Du courage, du modèle, de l’aptitude à toutes sortes de ter- rains : tous ces arguments ont du poids. On se plaint qu’en France il n’y ait pas d’étalons. Aujourd’hui on a ce cheval, pour lequel ses propriétaires ont fait des efforts immenses. Celui de résister aux offres d’achats pour le garder à la com- pétition et maintenant de le conserver pour l’élevage. Il a remporté quatre Grs1 dont trois des plus importants dans le monde. Il va faire partie des rares étalons stationnés en France qui ont remporté le Prix du Jockey Club (Gr1) avec le havre, anabaa Blue et Sulamani. Vision d’Etat a eu une carrière très bien gérée, il n’a pas été surexploité. À la fin de sa carrière, il n’aura pas couru vingt courses.

C’EST LE MEILLEUR FILS DE CHICHICASTENANGO, UN ÉTALON DÉCRIÉ LORSQU’IL EST ENTRÉ AU HARAS ET QUI A ENSUITE TROP VITE QUITTÉ LA FRANCE. PENSEZ-VOUS QUE C’EST AUSSI CE QUI PEUT ARRIVER À VISION D’ETAT ? Je ne pense pas. Le destin de Chichicastenango est très différent de celui de son fils. Chichicastenango n’a pas eu la même carrière que Vision d’Etat, ni le même modèle et on ne pouvait pas prédire qu’il allait être améliorateur. En France, quand on a quelque chose de bien, on le boude et quand il part, on le pleure. C’est dommage, il aurait dû être soutenu car c’est un étalon 100% français. Pour Vision d’Etat, l’excuse du pedigree n’est pas fondée et elle est lar- gement compensée par ses qualités. Son père n’avait pas plus de papier et pourtant ses produits se vendent très bien au Japon. Il y beaucoup d’étalons qui n’ont pas été soutenu à leurs débuts et qui sont ensuite devenus de bons repro- ducteurs. Ma mission est qu’il soit appuyé dès la première année. Pour ça, on va fixer un prix accessible, un prix qui défie toute concurrence pour un quadruple lauréat de Gr1, même s’il fini sa carrière par deux autres succès à ce niveau

AVEZ-VOUS UNE STRATÉGIE DÉJÀ BIEN DÉFINIE POUR QU’IL REÇOIVE UNE JUMENTERIE DE QUALITÉ ? J’ai quelques idées et le temps d’y penser. Il n’est pas exclu qu’on touche des éleveurs étrangers. Vision d’Etat a mar- qué les esprits lors de sa victoire à Ascot dans les Prince of Wales’s Stakes (Gr1). Tout le monde le voyait battu à l’en- trée de la dernière ligne droite et pourtant il est venu s’im- poser avec la manière. Seuls les champions sont capables de faire ça. On va bien entendu le soutenir un maximum avec de bonnes juments. Ce qui fait un bon étalon, c’est avant tout sa jumenterie et s’il faut en acheter pour l’aider on va le faire. J’ai déjà des plans établis pour lui en trouver. Aujourd’hui, on ne sait pas ce qu’on va nous envoyer, donc on peut très bien aller les chercher, quitte à les passer ensuite sur le ring.

VOUS AVEZ PLUSIEURS ÉTALONS CHEZ VOUS. DOIT-ON S’ATTENDRE À DU MOUVEMENT EN 2011 ? Oui, il y en a deux qui sont sur le départ. Ultimately Lucky, notre premier étalon s’en va au Haras du Grand Chesnaie et Majorien prend lui la direction de l’Arabie- Saoudite. Il faut de la place pour Vision d’Etat afin qu’il n’écrase pas les autres. Chaque étalon  doit avoir sa chance. Il va donc se placer notamment aux côtés de linda’s lad (Sadler’s Wells), qui s’annonce très prometteur, et de Sunday Break (Forty Niner), qui s’affirme de jour en jour par sa production, il est le père notamment          de never on Sunday. Vision d’Etat va nous permettre de franchir un nouveau palier. L’objectif de tout éleveur- vendeur sont les ventes, avec le mois d’août en ligne de mire pour les meilleurs produits. C’est un milieu très difficile dans lequel il faut se faire une place. Lors de la première année de Grandcamp, nous avons pris une douche froide en ne vendant que trois des douze poulains que nous avions pré- sentés aux ventes d’août. C’est difficile de rentrer dans le cercle des grands éleveurs, mais on apprend de ses pro- pres échecs. Les courtiers ont leurs habitudes, ils achètent souvent dans les mêmes maisons et tout est bien souvent une question de relationnel, de confiance et bien entendu de compétence. Avec du travail, je pense sincèrement que Vision d’Etat a les épaules pour nous faire parvenir au niveau supérieur.