-patrick biancone de retour à deauville

Autres informations / 14.08.2010

-patrick biancone de retour à deauville

VENTES

ARQANA

JOUR 1

Cela faisait dix ans que Patrick Biancone n'était pas

venu aux ventes de Deauville. Il était pourtant là jeudi, inspectant de

nombreux yearlings. Il a retrouvé sa licence aux Etats-Unis depuis dix-huit

mois, et entraîne désormais à Monmouth Park, sur la cote Est. Au milieu de ses

amis français, dont André Fabre avec lequel il a longuement conversé, il a

répondu aux questions de JDG.

JOUR DE GALOP. – NOUS SOMMES

ÉTONNÉS DE VOUS VOIR ICI. QUEL BON VENT VOUS AMÈNE ? PATRICK BIANCONE – Je suis venu voir

si je peux trouver une ou deux pouliches avec du papier pour mes propriétaires

américains. J'ai eu beaucoup de réussite ces derniers temps avec les juments

françaises comme Gorella et Si Siempre, et je crois que la sélection

européenne, qui est très bien pensée par les programmes et les conditions de

courses, est supérieure à l'américaine. C'est pourquoi me voici revenu ici qui

est un lieu que je connais bien et qui n'a pas tellement changé. J'y prends du

plaisir et si je trouve quelques opportunités intéressantes, cela comblera mes

propriétaires.

LE PARADOXE EST QUE LES COURSES AMÉRICAINES TRAVERSENT

UNE CRISE SANS PRÉCÉDENT. COMMENT PENSEZ-VOUS QUE CETTE SITUATION VA ÉVOLUER ?

La conjoncture est bien défavorable aux Etats-Unis, puisque se cumulent des

facteurs économiques généraux et des dysfonctionnements propres aux courses

américaines. Tous les hippodromes américains se tournent aujourd'hui vers les

slots [les machines à sous, Ndlr], mais il existe cependant des solutions

internes au programme.

LESQUELLES ? Le problème américain, c’est : trop de

courses et pas assez de chevaux. Le mal qui ronge les courses américaines,

c'est le manque de partants par course. Conséquence : il faut réduire le nombre

de courses et obtenir ainsi plus de partants par épreuve. Il y a des paramètres

qui optimisent la recette, et on ne les applique pas !

CELA NOUS RAPPELLE LORSQUE

VOUS AVIEZ PLAIDÉ EN FAVEUR DE LA MISE EN PLACE DU HANDICAP DIVISÉ EN FRANCE,

POUR OBTENIR DIX-HUIT PARTANTS POUR LA COURSE DU QUINTÉ…

Il y a effectivement des similitudes. Les joueurs américains adorent les

courses de 10 partants, et se lassent des courses à 5/6 partants. À dix

partants, les enjeux sont au maximum, et je dirai que le modèle économique du

jeu serait sauvé. On aurait plus besoin des slots ! Bref, il faut développer la

recette, soit par l'apport externe des slots/casinos, soit par l'augmentation

des partants. Aujourd'hui, je crois qu'il faut en tout cas combiner les deux.

QUE DEVIENT VOTRE ÉCURIE ? J'ai appris à Hongkong et

aux Etats-Unis qu'il faut sélectionner son effectif et ne pas dépasser la

cinquantaine de chevaux. En regardant en arrière, et en France, je vous dirais

pour vous faire sourire que mon modèle serait Etienne Pollet ! Pour l'instant,

je me limite à une bonne trentaine de chevaux dans mon barn de Monmouth qui

n'est pas extensible et c'est tant mieux. Je ne garde que les sujets utiles. Il

faut que ça tourne pour que l'activité soit supportable : les propriétaires ne

sont pas des bottomless pits, c'est-à-dire des puits sans fond !

ET DEAUVILLE ? L'air de Deauville n'existe nulle part

ailleurs. Mon expérience mondiale me permet de l'assurer. Et j'ajouterais même

que je n'abandonnerai jamais Deauville, dont le secret se trouve dans ce

mélange unique de chevaux et de plaisirs.