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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Paul nataf raconte l'histoire de latice et lawman

Autres informations / 12.08.2010

Paul nataf raconte l'histoire de latice et lawman

LES BELLES

HISTOIRES DES VENTES

Parmi les plus belles histoires des ventes, il y a

celle de Paul Nataf, acheteur de Latice, gagnante du Prix de Diane, et de

Lawman, lauréat du "Jockey Club". Contre 60.000€, en août 2002, il

s'est porté acquéreur de Latice pour Enrico Ciampi. Trois ans plus tard, il

achète son frère, Lawman, 75.000€ et toujours pour le même propriétaire. Ces

deux chevaux sont entrés dans l'Histoire des ventes et plus largement dans

celle du Turf.

Le

courtier nous a raconté : « Nous avons été voir Latice au haras avec Enrico

Ciampi avant la vente. Ce jour-là, Enrico a pu venir parce que son fils faisait

justement une compétition de kart dans le coin. Quand ils nous ont montré leurs

yearlings au haras, Latice est immédiatement sortie du lot, il n'y avait pas de

match ! Elle avait une telle façon de se mouvoir. Nous nous sommes alors dit

qu'il n'y avait aucune chance que nous puissions l'acheter. Nous avons discuté

des budgets et j'ai dit à Enrico Ciampi que pour Latice, je pouvais m'associer

avec lui à hauteur de 20%. Ainsi, nous avions 75.000 – 80.000€ pour l'acheter.

Mais on ne pensait pas pouvoir l'acheter à ce prix là. La vente s'est déroulée,

la pouliche est passée sur le ring et elle a été retirée. Je suis donc allé

voir son vendeur et fina- lement, nous nous sommes entendus sur 60.000€. »  Nous interrompons Paul Nataf dans son

histoire car une question se pose inévitablement : pourquoi une pouliche qu'il

pensait exceptionnelle – et qui l'était – a-t-elle été retirée puis vendue

seulement 60.000€ yearling ? Paul a son idée là-dessus : « Elle était

hors-norme dans sa façon de bouger, mais elle était très légère, elle n'avait

pas d'encolure et ce n'était pas non plus au papier que l'on pouvait l'acheter

(Inchinor et une mère qui n'avait pas couru et n'avait rien produit à l'époque).

Et puis, Latice a été vendue par La Louvière. Or, c'est un haras qui vend

tous   ses mâles mais une partie

seulement de ses femelles. Ainsi, je pense

que certains se sont méfiés. Et puis nous connaissons la suite. Elle a gagné le Prix

de Diane en démarrant dès la sortie

du tournant, accélérant sur 600 mètres. C'est énorme

! Je l'ai toujours dit : je pense qu'elle était imbattable ce jour-là. En montant à cheval, Christophe Soumillon nous avait

dit : "Ne vous inquiétez pas, je vais faire le tour et je reviens tout de

suite ici (sous entendu dans le cercle des

vainqueurs)." Christophe n'avait

d'ailleurs rien caché sur ses prétentions

avec elle en disant dans le vestiaire qu'il attendrait et viendrait toutes les

refaire dans la ligne droite… » Trois ans plus tard, Lawman, le frère de Latice, passe en vente. Et Paul Nataf l'achète pour seulement 75.000€ alors que

sa sœur a gagné le "Diane". Le

courtier poursuit : « Le poulain

n'était pas encore « venu ». Il avait la même encolure que Latice sauf que pour

une femelle c'était, disons, plus acceptable. Mais son frère Satri (qui n'était

pas encore au niveau des Groupes quand Lawman a été acheté) possédait un

physique très important. Et finalement, au fil du temps, Lawman a commencé à ressembler à Satri. Lawman

a aussi fait ce prix parce

que c'était un Invincible Spirit

qui n'était pas très à la mode. D'ailleurs, l'underbidder sur Lawman quand nous l'avons

acheté, c'était Pat Eddery,

le jockey d'Invincible Spirit. Il avait tellement aimé ce cheval, qu'il

voulait son produit et il ne s'est pas trompé sur la qualité de cet étalon. »

En 2001, 2004 et 2008, Nicolas Clément a acheté le

yearling devenu ensuite – parmi tous les produits passés en vente cette

année-là - le meilleur 3ans au classement par les gains. En 2001, il a acheté Vespone, l'a entraîné et ce dernier

est devenu le meilleur 3ans au classement par les gains en cumulant 450.000€ à

la fin de l'année. Pourtant, l'entraîneur l'avait acquis pour 64.000€. Il nous

a raconté : « Vespone était d'un père "inconnu" qui était Llandaff.

Mais ce dernier est un fils de Dalhia et cela m'a plu. Vespone était, du côté

maternel, de la famille des "V" des "Wildenstein" que

j'aime particulièrement. Il a été un véritable coup de cœur pour moi. » En

2004, Nicolas Clément a acheté Stormy

River. Et lui aussi est devenu le meilleur 3ans par les gains et par le

rating (54,5) passé sur le ring (994.000€). « Stormy River avait un pedigree

quelconque, mais il possédait un superbe modèle. C'est là-dessus que je l'ai

sélectionné et j'avais un bon feeling avec Verglas [père de Stormy River]. » En

2008, Pain Perdu a été acquis par Nicolas Clément qui l'a entraîné et

supplémenté ensuite dans le Prix du Jockey Club (Gr1). Il en a pris la troisième

place et à ce jour, Pain Perdu est le meilleur 3ans acheté yearling chez Arqana

au classement par les gains (370.000€ primes incluses) et au rating. Nicolas

Clément l'a seulement acheté 27.000€. « Cette fois-ci, c'était un autre type

d'achat dans le sens où je connaissais le père (Vespone) et la mère (Coastline)

que j'avais tous les deux entraînés. Je me souviens surtout que c'était un très

bon marcheur avec beaucoup de présence. »