- prix du haras de fresnay-le-buffard–jacques le marois (gr1)

Autres informations / 16.08.2010

- prix du haras de fresnay-le-buffard–jacques le marois (gr1)

DEAUVILLE, DIMANCHE

GOLDIKOVA BATTUE

: LE 3ANS MAKFI PREND

DE L’ENVERGURE

Dans sa quête aux records, la JdG Rising Star Goldikova (Anabaa)

tentait d’accrocher un onzième Gr1 dans le Prix du Haras de Fresnay-le-Buffard

- Jacques le Marois (Gr1), épreuve dont elle était la tenante du titre. Mais

l’exploit qui était attendu comme une évidence ne s’est pas produit. Deuxième,

la championne a été battue par son cadet Makfi (Dubawi), qui efface son

radical échec - expliqué par un problème de santé - de Royal Ascot et se place

comme un des leaders incontestables sur le mile en Europe. La déception que

peut causer la défaite de Goldikova ne doit pas éclipser le brillant succès de

Makfi, cheval irrépro- chable, et qui sans complexe tente et réussi d’audacieux

paris  contre  les  anglais  - 

dans  les  2.000 

Guinées  de Newmarket (Gr1) - ou contre des aînés que tout le monde pensait inapprochables comme dimanche.

On peut toujours trouver des excuses aux champions battus, mais le

verdict du poteau reste le seul qui ait du sens. Et dimanche, Makfi a su répondre à tous ceux qui doutaient de lui et pensaient

que son succès à Newmarket ne serait qu’un

feu de paille. Cheval sûr de lui et qui n’a couru que

cinq fois, il n’a cer- tainement pas fini de faire

parler de lui et peut s’inscrire comme

un très grand sur le mile dans l’Histoire des courses. Sa

dauphine, Goldikova, l’est déjà et

on lui pardonnera volontiers de ne

pas avoir gagné en rappelant que

dans sa course aux records, elle a simplement "utilisé" son joker. Deux épreuves de Gr1 sont

logiquement inscrites à son programme, elle peut gagner les deux, ce qui

porterait son nombre de victoire à

ce niveau à douze.

MAKFI, LA VICTOIRE DE L’ÉMOTION

Lorsque les chevaux sont revenus dans l’enclosure des balances,

c’était l’euphorie ! Il était quasiment impossible de se rapprocher, ce qui a

même été un moment dangereux quand les chevaux ont dû ressortir de l’enceinte

pour rejoin- dre leurs boxes. Comme à son habitude, Goldikova, malgré sa

deuxième place, a été applaudie comme il se doit. Quand vient Makfi, il reçoit

lui aussi une ovation monstrueuse. Ses propriétaires courent partout et Alain Louis-Dreyfus

lâche   : « C'est vraiment le pied. Il

était dans le dos de la favorite en tirant dessus. C'était énorme ! Il l'a fait

comme dans les Guinées ! » Mathieu Offenstadt, son fils sur les épaules, est

félicité par l’entourage de Paco Boy (Desert Style), ainsi que par Case

Clay, propriétaire de Three Chimneys, l'un des plus grands haras américains,

venu pour les ventes de Deauville. « C'est un immense champion, un unique cham-

pion même. Je ne réalise pas grand-chose pour le  moment », a-t-il le temps de dire. Nous avons

déjà pu le développer, mais il faut rappeler que Makfi possède une his- toire à

part. Vendu par Shadwell en fin d’année dernière à Tattersalls,  il a été acheté seulement 26.000 Guinées par Hubert

Barbe.

Mikel delzangles : « le terrain ne m’inquiétait pas »

 La

forte pluviométrie depuis samedi a créé un paramètre important pour ce Jacques

le Marois. Avec l’assouplissement du ter- rain, les valeurs changent, même si

on a tendance à dire que les bons chevaux vont partout. Makfi, lui, n’a pas été

dérangé par le terrain lourd, ce qu’expliquait Mikel    Delzangles, son entraîneur, qui parlait également  du 

programme   à venir du cheval : « Il fallait

oublier sa dernière

sortie qui s'ex- pliquait

par son état de santé. Il avait été ralenti pendant

deux semaines après sa course d'Ascot. Le terrain ne m'in- quiétait pas

et ne le gênait pas, ce qui n'était pas le cas de tous ses rivaux

je pense. Ce n'est pas seulement un cheval de ligne droite. Il peut courir

le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1), les Queen Elizabeth II Stakes (Gr1) voire les deux.

Il y a aussi le Breeders'

Cup mais rien n'est décidé.

Il ne courra pas tout. »

MAKFI L’ÉGAL

DE SES PÈRES

En gagnant le Jacques

le Marois, Makfi fait aussi bien que son père, dubawi, lauréat au même

âge de cette course en 2005. Il battait d’ailleurs un lot bien composé, avec Whipper

et divine Proportions au départ. Mais mieux encore, dubaï

Millenium, père de Dubawi, a lui aussi gagné le "Jacques le

Marois". C’était en 1999, alors qu’il avait 3ans également.

UNE DEUXIÈME PLACE AU BOUT DU COURAGE POUR GOLDIKOVA

Quand Goldikova a attaqué, elle ne s’est pas détachée comme elle le

fait d’habitude. Son action n’était pas aussi fluide que lors de ses grandes

envolées et, à ce moment, il était clair que ce serait difficile. Une fois

dépassée par Makfi, Goldikova a même vu Paco Boy lui prendre un ins- tant

l’avantage. Mais, au courage, Goldikova est revenue sur lui à la fin, ce qui

prouve son envie de se battre et son esprit de compétition.

FREDDY

HEAD : «

AUJOURD’HUI, LE MEILLEUR CHEVAL A GAGNÉ »

Forcément un peu déçu, Freddy Head s’est montré très sportif dans ses déclarations d’après course. Sans chercher d’excuse, il

nous disait : « Moi je pensais qu'elle se déta- cherait  plus facilement de Paco Boy.

Les écarts avec lui sont sensiblement les mêmes qu'à Royal Ascot.

Cependant, elle a très bien couru.

Il n'y a pas d'excuse. C'est le meilleur cheval aujourd'hui qui a gagné. La

Breeders' Cup reste bien sûr son objectif. Nous verrons entre le Prix du Moulin

de Longchamp et le Prix de la Forêt. Sur ce point, rien n'est encore défini. »

Olivier Peslier, jockey attitré de

la championne, racontait pour sa part : « Je l'ai arrêtée un coup pour qu'elle se pose

sur son mors, quand on est partis. Ensuite, nous avons eu un bon parcours. Elle

a bien accéléré et je voyais arriver Paco Boy,

à ce moment-là, je croyais qu'il allait venir nous dépasser, mais finalement non, Goldikova

l'a gardé sûrement au chaud. »

UNE NOUVEAUTÉ : LE FAN-CLUB DE GOLDIKOVA

Au trot, on a l’habitude de voir fleurir les

banderoles et les casquettes aux noms des champions qui s’illustrent sur la

cendrée de Vincennes. Au galop, le phénomène n’a pas encore vraiment pris.

Mais, dimanche, à Deauville, autour du rond,

neuf personnes travaillant pour l’élevage Wertheimer & Frère

prenaient de la hauteur en se mettant sur des chaises et chacune portait un

polo avec une lettre. Une fois les neuf alignés, cela donnait : allez

Goldikova. Une initiative sympathique pour marquer le coup pour la dernière

sortie de Goldikova à Deauville.

MANQUE DE FOND POUR PACO BOY

Considéré comme l’adversaire numéro 1 de Goldikova, Paco Boy n’a pu

prendre sa revanche de Royal Ascot. Longtemps dernier comme à son habitude, il

a effectué un violent effort qui l’a ramené sur les chevaux de tête. Malgré son

courage, il a dû s’incliner à la lutte face à Goldikova et Makfi. « Il n'a pas

tenu la distance sur ce terrain, expliquait Richard Hannon, son entraîneur. Je

pense que si la piste avait été bonne, il aurait pu finir deuxième, d'autant

qu'il est dans la même longueur que Goldikova. C'est un très bon cheval. Il

pourrait courir le Prix de la Foret (Gr1) et le Breeders'Cup. »

"FAMILLE WERTHEIMER" BAT "FAMILLE WERTHEIMER"

 Nous

aurons l’occasion de revenir dans une prochaine édi- tion sur le pedigree de

Makfi. En attendant, on peut dire que les familles Wertheimer étaient à

l’honneur dans ce Jacques Le Marois 2010. Elevée par ses propriétaires,

Goldikova termine deuxième. Mais Makfi remonte également à une famille Wertheimer,

par sa deuxième mère, irish Valley, fille de Green  Valley.

MaKFi, MEillEuR 3anS d’EuRoPE SuR lE MilE ?  

La performance de Makfi dans le Jacques le Marois sort assu- rément

de l’ordinaire et le place bien sûr dans le quatuor de tête des poulains milers

en Europe. Il est épaulé par lope de Vega, et les deux britanniques dick

turpin et Canford Cliffs. Des quatre, lequel est le meilleur ?

Difficile d’avoir un avis tranché sur cette question que nous développerons

dans une prochaine édition. Mais toujours est-il qu’une fois de plus, le

chauvinisme britannique qui avait fait de Makfi un gagnant un peu lambda des

"Guinées" va devoir réviser son appréciation vis-à-vis du cheval

français.