Ventes arqana

Autres informations / 16.08.2010

Ventes arqana

La

dernière journée des ventes d'août a vu baisser simultanément le pourcentage de

vendus (68% au lieu de 77% en 2009), la

médiane et le prix moyen qui passe de 46.250€ à 42.796€ soit 7,5% de repli. Ce recul est similaire à

celui du Dimanche, et il souligne la résistance du marché domestique français. Bref, la fin des ventes n'a pas été comparable

à la dégringolade du vendredi,

imputable à la quasi absence de la famille Maktoum, mais elle cependant révélé une baisse mesurée du

marché, y compris dans ses dimensions plus françaises. En effet, on a retrouvé

ce lundi les difficultés des fins de ventes avec pourtant des vendeurs qui

avaient révisé leurs prix de réserve

afin de s'adapter à la conjoncture. La plupart des vendeurs avouaient avoir

atteint des résultats environ 15 à 20% en retrait sur leurs estimations

d'avant-vente. Ce qui marque un net recul de notre marché de Deauville, qui

avait pourtant si bien résisté ces trois dernières années dans un contexte

économique dépressif. Si l'on se réfère

aux chiffres globaux

de cette vente

sur ses quatre jours, deux

paramètres sont préoccupants : le recul

du pourcentage de vendus (69% contre 74%) et bien sûr la chute du prix moyen

qui glisse de 113.663€ à 94.145€, soit une baisse de 17%. La satisfaction que

nous avons notée est la bonne résistance observée du samedi

au lundi, avec un essoufflement plus prononcé le lundi, accentuation qui était prévisible car les

acheteurs français avaient déjà bien dépensé le samedi et le dimanche

la razzia étrangère n'était plus à l'ordre du jour.

Pour résumer l'humeur un peu morose de cette vente, nous dirons volontiers que

les anticipations de tous les acteurs sont désormais négatives, c'est-à-dire baissières. Comme si la crise économique,

qui atteint la population française

dans son ensemble,

avait fait irruption

dans le monde "protégé" des yearlings et des courses. Le

milieu du pur-sang en France a curieusement attendu 2010 pour accepter la

réalité de la crise économique globale. Tout cela est peu étonnant, mais on ne

saurait trop insister la modicité de la baisse observée, bien inférieure aux reculs américains et

anglo-saxons. Et d'ailleurs, c'est la frilosité des acteurs anglo-saxons (courtiers

et pinhookers) qui explique en grande partie le glissade deauvillaise, et le

mauvais pourcentage de vendus. Nous reviendrons bien sûr dans nos prochains

numéros sur des points plus

précis de la vente Arqana, à la fois en recul

et résistante.

ERIC HOYEAU ET OLIVIER DELLOYE : « LE CŒUR ET LA BASE

DU MARCHÉ RÉSISTENT »

« Les indicateurs se tiennent par rapport à l'an

dernier au niveau du prix moyen et du prix médian. Le cœur et la base de marché

résistent bien. Cependant, on note une baisse du pourcentage de vendus. Hors

amiable, nous sommes en-dessous de 70%. C'est vraiment le point négatif de

cette vente. Le catalogue comportait 480 lots cette année. Non pas parce que

nous voulions obtenir ce nombre mais parce que nous n'avons pas trouvé plus de

yearlings qui entraient dans le standard que nous nous étions fixés. Or, avec

une sélection resserrée cette année, le pourcentage de vendus n'a jamais été

aussi faible depuis 2000. Par rapport aux pays anglo-saxons, nous sommes

enclins, en France, à avoir un nombre de rachats parfois un peu important car

un éleveur peut imaginer avoir un retour sur exploitation en courant son cheval

sans le vendre grâce aux allocations et aux primes. Dans les pays anglo-saxons,

il faut vendre quasiment à tout prix. Tout au long de cette vente, les acteurs

étaient sélectifs et il y avait moins d'argent disponible dans la salle et

peut-être aussi moins d'envie d'acheter. Pour y remédier, nous commençons à

réfléchir à quelques solutions. Il y a de gros efforts de marketing sur les premières

journées qui sont une sorte de locomotive du marché. Il faudrait désormais

pouvoir pousser les wagons en plus de les tirer. Pour cela, il faut faire plus

qu'entretenir la clientèle actuelle, il faut plus de présence et de promotion

dans les centres d'entraînement notamment ou sur les meetings locaux.

Cependant, nous pensons qu'aujourd'hui les vendeurs ont fait le plus dur. Car

les prix de saillies de 2008 étaient élevés et donc les coûts de production

chers par rapport au marché actuel. Les saillies ont baissé, donc les coûts de

production aussi et la marge du vendeur pourra donc de nouveau s'agrandir alors

qu'elle s'est nettement réduite cette année. »

LES FAITS MARQUANTS

LE HARAS DE GRANDCAMP RÉALISE LE TOP PRICE

Le Haras de Grandcamp, futur station de Vision d’Etat (Chichicastenango), a

réalisé un gros coup en signant le top price de ce dernier jour de vente. C’est

le lot 339, vendu 190.000€, qui a fait le plus gros prix, loin devant une fille

de Lawman, vendue 110.000€. Il s'agit d'une pouliche nommée Elusive Light (Elusive City). Elle est

la propre sœur de Mister Hughie,

un 3ans de Richard Hannon qui a remporté trois courses à 2ans avant de prendre

la troisième place des Carnarvon Stakes (L) et la quatrième des King George

Stakes (Gr2) lors du meeting de Glorious Goodwood. Notons qu’il avait été battu

seulement d’une longueur pour la victoire et qu’il devrait prendre le départ

des Nunthorpe Stakes (Gr1) le 20 août prochain. Son vendeur, Eric Lhermite,

nous a déclaré après la vente. « C’est la bonne surprise de cette journée. On

pensait le vendre 80.000€ et elle a fait 110.000€ de plus. Sa mère avait été

achetée à l'amiable pleine d’Elusive City, par Jérôme Reynier, pour 30.000€. Le

lundi, on se retrouve dans notre marché, qui est assez français, bien que la

pouliche s’en aille en Angleterre. »

LES VENDEURS tIRENt UN PREMIER  BILAN

MICHEL ZEROLO (HARAS DES CAPUCINES) 42 présentés – 30

vendus – Chiffre d’affaires : 2.338.500€

« Tout le

monde a noté, le premier jour, une carence des gros acheteurs et cette absence

correspond au chiffre d'affaire manquant. Les journées de samedi et dimanche

n'étaient pas mal, avec un médian assez fort. Aujourd'hui, lundi, la journée a

été plus pénible. Et sur l'ensemble de la vente, nous n'avons pas vu

d'étincelles. Concernant le lot des Capucines, je dirais que nous sommes dans

la tendance. Nous avons loupé le premier jour de manière inexplicable. Par

ailleurs, la rigueur des visites vétérinaires de plus en plus marquée empêche

certains acheteurs d'acquérir de bons chevaux. »

JOCELYN DE MOUBRAY (CONSEILLER DE NEWSELLS PARK STUD)

10 présentés – 10 vendus – Chiffre d’affaires : 1.475.000€ « Nous avons très

bien vendu grâce, je pense, à une réputation que nous avons établie ici. Les

acheteurs français que l'on a vus par le passé sont revenus cette année et nous

sommes très heureux car la plupart de nos chevaux resteront à l'entraînement en

France. Nous nous en sommes très bien sortis car nous avons vendu un peu

au-dessus de nos estimations. »

PHILIPPE BROSSET (DIRECTEUR TECHNIQUE DU HARAS DU

MEZERAY) 30 présentés – 22 vendus – Chiffre d’affaires : 2.146.000€ « Ces

ventes ont marqué un retour à la réalité. S'agissant de notre lot, nous étions

confiants. Mais nous nous sommes rendu compte qu'il n’y avait souvent qu'un

acheteur par cheval. De manière générale, le vendeur s'est souvent retrouvé à

un contre un. Donc, il fallait bien juger les chevaux et surtout ne pas les

surévaluer. Nous avons vendu nos chevaux au prix de réserve, alors que les

années précédentes, il nous arrivait très souvent de les vendre bien au-dessus.

Nous avons aussi dû en racheter beaucoup. »

ERIC LHERMITE

(HARAS DE GRANDCAMP) 18 présentés - 16 vendus- 945.000€ « Tous les lots qu’on a

présentés lundi ont été vendus, ce qui est plutôt positif

et sur l’ensemble de la vente nous avons vendu seize des dix-huit lots

présentés. Pour notre part, nous sommes dans la norme, le bilan n’est ni

positif, ni négatif. On avait revu les copies à la baisse pour s’adapter au marché. Le marché a

finalement été très sélectif. Il y a toujours preneur pour les chevaux sans

défaut. Les acheteurs se sont fixés sur ce qui se faisait de mieux alors il y a

eu des écarts importants tout au long des ventes.  »

 

PIERRE

TALVARD (HARAS DU CADRAN) 16 présentés

– 13 vendus – Chiffre

d’affaires : 725.000€ « Le bilan est

très mitigé, les lots que j’ai présentés pour mon compte se sont plutôt bien

vendus mais ceux de mes clients

s’en sont moins bien sortis. Toutefois les chevaux sont partis et le pourcentage de vendus doit être équivalent

à celui de l’année dernière. On avait des saillies assez chères et le retour

sur investissement n’est  pas  terrible. 

Avec   Dylan thomas (Danehill),

nous avons fait un flop, en vendant son produit deux fois moins cher que le

prix de saillie. On attend désormais le mois d’octobre avec de grosses appréhensions. Le marché n’était

pas évident, il y avait

des acheteurs mais il en manquait beaucoup

et il y a eu aussi beaucoup moins de chevaux présentés et

aussi beaucoup d’absents. On se console avec les courses.

Cet été, les chevaux

de l’élevage ont bien marché. »