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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Michel bodiguel : « le bénévolat n’interdit pas d’accroitre la professionnalisation dans les sociétés. »

Autres informations / 30.09.2010

Michel bodiguel : « le bénévolat n’interdit pas d’accroitre la professionnalisation dans les sociétés. »

LA GRANDE INTERVIEW

Président de

l'Association de défense et de promotion des courses de province et président

de Nantes, Michel Bodiguel entre à son tour dans le débat sur l’avenir des

courses au galop en France. Et il ne mâche pas ses mots.

JOUR DE GALOP. – DEPUIS QUELQUES MOIS, PLUSIEURS VOIX SE SONT EXPRIMÉES SUR

LE MÊME SUJET : OÙ EN EST NOTRE INSTITUTION ? CE DÉBAT EST-IL JUSTIFIÉ   SUR  

LE   FOND, OU NE S'AGIT-IL QUE D'AMBITIONS QUI CHOISISSENT UN

PRÉTEXTE POUR PRENDRE LA PAROLE ? MICHEL BODIGUEL. – Qu’à l’approche d’une

échéance électorale des voix s’élèvent, rien n’est plus normal. Encore que les

motivations de ceux qui s’expriment sont fondamentalement différentes. D’un

côté, on trouve les conservateurs pour lesquels rien ne doit bouger alors que

tout bouge, et de l’autre les réformistes qui tirent la sonnette d’alarme en

estimant qu’il est urgent de revoir l’organisation des courses en remettant sur

le métier le Décret de 1997.

QUEL EST VOTRE CONSTAT EN TANT QU’ANIMATEUR D’UNE SOCIÉTÉ DE COURSES EN

RÉGIONS ? Tous les dirigeants

de sociétés de courses font aujourd’hui le même constat alarmiste : le drapeau

noir flotte sur la marmite des hippodromes, les recettes baissent, les charges

augmentent, les tribunes se vident et, au regard de trésoreries exsangues, ils

ont le désagréable sentiment d’être plus que jamais les vaches à lait d’une

Institution en faillite.

TOUT CE QUI SE PASSE AUJOURD'HUI EST-IL LA FAUTE DE L'OUVERTURE DU MARCHÉ

DES PARIS ?

L’ouverture du marché

des paris en ligne a évidemment accéléré cette situation. Mais  elle 

était  latente. Le monde des courses sous la pression des jeux

est passé de sa culture sportive originelle qui s’employait, par la

compétition, à améliorer la race chevaline, à une culture

financière désormais ouvertement affa riste. Les sociétés

de courses, malgré les difficultés d’organisation, ont cependant répondu

présent au défi de l’ouverture. Mais force aujourd’hui est de constater que les

résultats ne sont pas à la mesure des efforts que nous déployons. On s’inquiète

d’autant plus que l’ARJEL, l’Autorité de régulation des jeux en ligne, se

montre impuissante à maîtriser l’ouverture et incapable de s’opposer à l’entrée

en force d’opérateurs douteux et à l’accès des joueurs vers les sites illégaux.

De plus, Bruxelles pose toujours avec insistance la question du reversement

des 8% à la filière. Ce qui n’est

pas la moindre de nos inquiétudes.

NOS STRUCTURES

INSTITUTIONNELLES PEUVENT-ELLES RESTER EN L'ÉTAT ?

S’il convient

d’adapter les dispositions du Décret de 1997 relatif aux courses de chevaux, il

doit continuer de reposer sur ses fondamentaux et, notamment, le statut

associatif de ses dirigeants. Les exemples 

de  privatisation que nous donne l’étranger conduisent le plus souvent à la ruine. Le

bénévolat n’interdit toutefois pas d’accroître la professionnalisation dans les

sociétés. Encore que celle-ci a un coût 

qui,  tôt  ou 

tard, ne peut que réduire le niveau des allocations et

entraîner la fermeture d’hippodromes. Ceux-ci demeurant le lieu de passage

obligé de la distribution de l’argent des courses mais aussi un ancrage régional

essentiel pour un environnement d’acteurs, qu’ils soient propriétaires,

entraîneurs ou éleveurs, toute fermeture entraînerait, inévitablement, un

déséquilibre fatal à nombre de professionnels.