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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

La vente d’élevage vue par ses acteurs

Autres informations / 04.12.2010

La vente d’élevage vue par ses acteurs

SPECIAL

VENTES

Alors que les ventes d’élevage d’Arqana débutent ce

samedi, JDG a interrogé plusieurs acteurs, qui se sont distingués lors de la

vacation 2009 de cette vente, sur le catalogue et leurs visions de cette

session.

JEAN-PIERRE DEROUBAIX (FBA) : « LA SÉLECTION EST

MAXIMALE »

« Les ventes, c’est d’abord un catalogue et je dois

dire qu’il est magnifique avec beaucoup de juments issues de grandes maisons,

Wertheimer ou Aga Khan par exemple. La deuxième chose, c’est la présence de la

clientèle étrangère, et il y a déjà beaucoup de monde à Deauville d’autant

qu’un avion est arrivé de Newmarket. Actuellement, nous sortons de trois

grandes ventes  : Keeneland, l’Irlande et

l’Angleterre. Les gens sont très sélectifs. Il y a beaucoup de clients pour le

haut de gamme, comme les Indiens ou les acheteurs du golfe Persique qui

n’étaient pas là auparavant et qui arrivent avec des moyens importants. La

sélection est maximale : il y a de l’argent pour des juments jeunes, bien nées

et bien saillies. La demande est moins forte pour le milieu du panier et, pour

le bas de gamme, il n’y a pas ou peu de demandes. C’est tout ou rien. Mais le

gros atout d’Arqana, c’est d’attirer du monde, et je pense que, dans la foulée

des ventes de yearlings de cet été, les ventes de décembre devraient bien se

passer. Arqana a réussi à convaincre des acheteurs étrangers de venir à

Deauville alors qu’avant cette place était satellitaire, ce qui n’est plus le

cas. C’est une place à part entière. »

SYLVAIN VIDAL (HARAS DE LA CAUVINIÈRE) : « LE MARCHÉ

SE RÉÉQUILIBRE »

« Le catalogue est bon cette année. La qualité est là.

Arqana a fait du très bon travail puisqu’il y a de très bons pedigrees. Il y a

de bonnes juments issues des élevages Wertheimer ou Aga Khan qui sont

présentées. Il y a aussi une jument comme célimène qui va passer sur le ring. Maintenant, ce qui s’est passé

dans toutes les grandes places de ventes 

va  sans  doute 

se reproduire ici, à savoir qu’il y aura un marché important pour le

haut de gamme, mais il sera beaucoup moins fort pour les niveaux

intermédiaires. Quand on voit la bonne tenue des ventes de Newmarket, cela

devrait être la même chose à ville. Pour moi, la crise n’est pas là. L’élevage

français est bon, et nos primes ont été revues à la hausse, ce qui incite les

gens à acheter. Il y a encore de l’argent, mais le marché se rééquilibre, et on

quitte les prix de folie que l’on a pu connaître par le passé. On retourne dans

la réalité avec des prix à la baisse. Les années pour spéculer sont maintenant

derrière nous. Tout le monde parlait de cette vente de Deauville à Newmarket,

les courtiers anglais comme français. Il y en a pour tous les prix, et il ne

faut pas oublier que l’on vend du rêve. Avant, on disait que les produits

étaient chers mais, avec la baisse, je pense qu’il y aura plus de monde pour

les tranches intermédiaires, même pour les yearlings. Pour nous, ces ventes

vont aussi être intéressantes, car nous présentons les juments pleines de Le

Havre. Je crois d’ailleurs qu’Arqana a joué le jeu en présentant pas mal de

juments pleines d’étalons français. Également, nous aurons un stand aux ventes,

et j’invite tous les éleveurs à venir nous voir et prendre un verre avec nous

pour parler de Le Havre et Air Chief Marshal, nos deux étalons. »

NICOLAS DE WATRIGANT

(MANDORE INTERNATIONAL AGENCY)  :

« LES ACHETEURS VONT

POUVOIR SE "REFAIRE" À DEAUVILLE »

« J’ai fait trois ventes : Goffs, Tattersalls et

maintenant Arqana. À Goffs, nous avons réussi à acheter trois juments. Il y

avait la possibilité d’avoir des juments à des prix intéressants. À

Tattersalls, je n’ai pu en avoir qu’une parce qu’il y avait beaucoup de

clients, des Qataris et des Indiens notamment. Nous avons été battus à

plusieurs reprises, et je pense que beaucoup d’acheteurs    vont   

pouvoir se "refaire" à Deauville. Le fait de n’avoir pu

obtenir les juments que l’on voulait à Tattersalls est peut-être un mal pour un

bien en vue des ventes d’Arqana. Le catalogue est très intéressant : il y a de

très bonnes juments sortant de l’entraînement comme Célimène ou encore La Boum.

Il y a aussi des foals avec des pères intéressants si l’on veut pinhooker. Il

faut souligner aussi le gros travail qui a été fait par Arqana en matière de

marketing. Beaucoup de gens ont parlé en bien de l’organisation d’Arqana avec l’affrètement

d’un avion depuis l’étranger. J’ai un client tunisien qui n’avait pas acheté

depuis des années à Deauville et qui revient sur cette place de ventes. Enfin,

il faut dire que les résultats parlent pour Arqana. »

PHILIPPE BROSSET : « ON

DEVRAIT ÊTRE DANS LA TENDANCE DE NEWMARKET » HARAS DU MÉZERAY – 21 LOTS

PRÉSENTÉS

« On présente quelques bons lots. Il y a notamment une

jument pleine de Galileo qui a fait une bonne partie des top prices à chacune

des ventes de cette année. On en a une autre pleine de montjeu, qui est aussi

la mère de Watar. On arrive donc avec des ambitions et, en regardant le marché

international, on se rend compte qu’on se situe dans la tendance et que nos

bons produits ne devraient pas avoir de difficultés à se vendre. Mais, en

contrepartie, ça risque d’être plus difficile pour le milieu du panier. Je

pense que l’on devrait être dans la même tendance que Newmarket, avec des

acheteurs pour ce qui est bien et des vendeurs réticents lorsqu’ils proposent

des juments pleines de bons étalons, dont les saillies ont été vues à la

baisse. Il me semble que cela peut expliquer une bonne partie des absents lors

de la première journée. De plus, on constate que le catalogue est très

important cette année. Il est donc légitime de se demander qui va bien pouvoir

absorber tous les lots présentés. »

GEORGES RIMAUD : « NOUS

PRÉSENTONS DES FAMILLES VIVANTES ET POPULAIRES » AGA KHAN STUDS – 41 LOTS

PRÉSENTÉS

« Nous présentons beaucoup de lots, et notamment des

jeunes juments. On a de nombreux lots intéressants avec de forts potentiels

génétiques pour les éleveurs qui veulent apporter de belles souches dans leur

élevage. Les familles sont vivantes et très populaires avec beaucoup de

pouliches. Il me paraît difficile de comparer ces ventes à celle de Tattersalls,

elles sont très différentes, et on ne 

pourra faire de comparaisons, ainsi qu’un premier bilan, qu’après la

première journée. »

PIERRE-YVES BUREAU : « NOTRE

LEADER EST LA SŒUR DE PLUMANIA » WERTHEIMER & FRÈRE – 12 LOTS PRÉSENTÉS

« On vend douze pouliches et juments cette année,

toutes issues de notre élevage et toutes lors de la journée de samedi. Elles

sont là pour être vendues, et ce sont nos seules ventes de l’année. On a fait

le choix de tout concentrer sur les ventes Arqana et je crois que ça se

présente bien. Notre leader est la sœur de plumania, et je dois avouer qu’il y a du monde pour venir voir les

chevaux. On a essayé d’amener à Deauville des 

chevaux

qui peuvent intéresser tout le monde, il n’y a aucune

raison d’être pessimiste à l’heure actuelle.”

VINCENT RIMAUD : « IL Y A

BEAUCOUP DE MONDE MALGRÉ LES CONDITIONS MÉTÉOROLOGIQUES » HARAS DU QUESNAY – 13

LOTS PRÉSENTÉS

« Cette année, nous ne présentons pas énormément de

lots et nous ne sommes représentés que par une seule jument le samedi, qui va

être la grosse journée de la vente. Toutefois, il s’agit de la plus proche

parente de Goldikova présentée,

puisque sa mère en est la sœur. Elle est pleine d’Elusive City, un étalon à la

mode, ce qui nous donne un peu plus de confiance pour ce lot. On présente aussi

une foal d’anabaa, dont c’est la

dernière génération. Les pouliches d’Anabaa sont toujours plébiscitées, on en

attend donc quelque chose. Il y a du monde qui regarde les chevaux, avec

beaucoup d’étrangers, et cela malgré des conditions météorologiques

défavorables. On aborde donc cette vente avec sérénité, bien que le marché du

milieu s’annonce assez difficile. »

LUDIVINE MARCHAND-MORIN : « LE CATALOGUE

EST ATTRAYANT, MAIS ON

REGRETTE QU’IL N’Y AIT PAS PLUS DE FOALS »

HARAS D’ÉTREHAM – 50 LOTS

PRÉSENTÉS

« Nous ne sommes qu’à la veille des ventes, mais

globalement les choses se déroulent bien. Une chose est certaine, il y a beaucoup

de clients étrangers. On ne peut pas anticiper les ventes et savoir ce qui va

se passer, mais en tout cas les clients sont là. Le catalogue est attrayant

d’une manière générale, on regrette seulement qu’il n’y ait pas plus de foals.

De notre côté, nous présentons beaucoup de lots, et notre locomotive est une

poulinière assez jeune, le lot 199, dont sa 2ans, qui est très estimée,

s’annonce comme une championne en Irlande. Elle est la star de notre

consignment. On s’attend évidemment à ce qu’elle se vende bien, c’est une belle

jument, et on a déjà plutôt bien vendu son yearling cette année. »

LES GRANDS INDICATEURS DES VENTES D’ÉLEVAGE ÉTRANGÈRES EN 2009-2010

KEENELAND : La

vente américaine a démarré sur le bon pied avant de constamment voir ces

indicateurs baisser. Ainsi, les indicateurs cumulés des treize journées de

ventes sont à la baisse comme le chiffre d’affaires (-7,72%), ou encore les

prix moyens (-12,4%) et médians (-15%). Geoffrey Russell, directeur des ventes,

a néanmoins rappelé à l’issue de la vente : « Il ne faut pas oublier non plus

que ces mêmes ventes en 2009 avaient bénéficié du boost apporté par la

dispersion d’Overbrook, qui avait généré 31.700.000$ de chiffre d’affaires. »

GOFFS : C’est

au cours de cette vente Goffs que les premières juments pleines de sea the stars (Cape Cross) sont

passées sur le ring. Leurs présences ont permis de booster la première journée

de ventes mais cet effet n’a pu se confirmer réellement par la suite.

TATTERSALLS : La

vente de Tattersalls a obtenu des résultats satisfaisants. Elle a été gonflée

par la dispersion des effectifs de Bloomsbury Stud et de Pendley Farm et la présence

d’acheteurs venus de Malaisie, de Russie et d’Inde. D’où des indicateurs

cumulés qui se révèlent globalement positifs. Un signe fort est donc envoyé à

la vente d’élevage d’Arqana, d’autant plus que nombre d’enchérisseurs

"battus" à Tattersalls vont pouvoir se rabattre sur Deauville.