La reponse de philippe bouchara a l’afflux de chevaux etrangers

Autres informations / 19.04.2011

La reponse de philippe bouchara a l’afflux de chevaux etrangers

Attirés

par le "miel" des allocations françaises, nombre d’entraîneurs

étrangers ont pris l’habitude de venir rafler des allocations en France. En

soi, c’est l’esprit même de la compétition qui, dans le galop, est mondialement

ouverte. Mais à condition de lutter à armes égales, ce qui n’est pas toujours

le cas…Samedi soir, lors de la soirée des Cravaches d’or de l’Ouest organisée à

Rougé par l’Apgo (Association des Propriétaires de Galopeurs de l’Ouest),

Philippe Bouchara a prononcé un long discours. Il y était notamment question de

l’afflux de chevaux entraînés à l’étranger. Une question à laquelle le

président du Syndicat national des propriétaires apporte une réponse inédite,

facile à mettre en place et compatible avec le cadre réglementaire français et

européen. « Mon idée de départ, c’est de contrôler et de bénéficier

économiquement de l'afflux étranger. Pour cela, je propose que comme dans tous

les sports français, tout compétiteur participant aux courses françaises soit

détenteur d'une "licence". Celle-ci sera délivrée par France Galop.

Seront licenciés en France tout compétiteur entraîné en France, ou tout

compétiteur entraîné hors de France ayant souscrit une licence française,

préalablement à son engagement dans une coure nationale. » Dans les faits,

Philippe Bouchara veut que cette licence soit délivrée moyennant une cotisation

fixe prélevée sur une base mensuelle par France Galop, ainsi qu'un prélèvement

dont le produit sera consacré au "développement durable des courses

françaises". Ce prélèvement consistera en un pourcentage sur les sommes

gagnées en courses. « Selon moi, ce système serait un juste retour pour nos

courses qui bénéficieront de cette nouvelle recette, permettant pour une fois

de diminuer les contributions réclamées aux propriétaires français. »

 

PHILIPPE

BOUCHARA : « LA CROISSANCE DES ALLOCATIONS ET PRIMES DOIT DEVENIR UN

CRITERE BUDGETAIRE, AU MEME TITRE QUE LES FRAIS DE FONCTIONNEMENT. »

Dans son

discours de Rougé, Philippe Bouchara a dressé un bilan sans concession du

fonctionnement actuel des sociétés-mères. Selon lui, France Galop est trop

souvent en position de "réaction" – et pas assez en position

d’anticipation, de réflexion et d’action.

JOUR DE

GALOP. – POURQUOI VOULEZ-VOUS FAIRE EVOLUER LE FONCTIONNEMENT DE FRANCE GALOP ?

Philippe

Bouchara. – Le conseil du plat et le conseil de l'obstacle proposent au conseil

d’administration l'évolution technique de chaque discipline. Cette

structuration technico-administrative, propre au système associatif, est

dépourvue de tout organe économique qui produit les données, évalue les

équilibres, trace les orientations dans le domaine économique et social. Pour

faire une comparaison avec la politique, le galop français est doté d'un

gouvernement au sein duquel il manque un ministère de l'Économie, des finances

et des affaires sociales !

QUE

PROPOSEZ-VOUS ?

Il faut

absolument compléter et achever la réforme de 1982, qui réintègre les

professionnels, en créant un troisième conseil qui prend en charge les données

économiques et sociales ainsi que les orientations qui en découlent: ce sera

l’instance responsable de la politique économique du Galop. Ce conseil

établirait chaque année l'audit de chaque catégorie professionnelle, pour orienter

le budget. On pourra alors transformer notre protocole budgétaire, comme le

Syndicat le propose depuis l'an dernier. La croissance des allocations et

encouragements à l'élevage deviendra alors un poste budgétaire équivalent à

celui des investissements et autres dépenses de fonctionnement, renversant

l'actuelle pyramide qui veut que la hausse des allocations se décide en

fonction de ce qui reste dans les caisses, tous les autres postes étant

préalablement servis.

 

NOUVEAU

LONGCHAMP : UN CAS D’ECOLE !

« Dans

le cadre de la nouvelle politique que je propose de mettre en place, tout

investissement ou désinvestissement sera analysé à la fois en termes

économiques et médiatiques (conséquences positives ou négatives pour l’image

des courses). Prenons l’exemple du nouveau Longchamp. En l'état actuel du

dossier, l'investissement projeté coûterait entre 80 et 100 millions d'euros à

France Galop. Avant de faire un tel investissement, il nous faut un business

plan très détaillé, avec une colonne "charges" et une colonne

"recettes". Les travaux de Longchamp représenteront le plus gros

investissement pour plusieurs décennies : on ne peut traiter ce projet hors

d'un contexte économique et d'image – très importante aussi – qui évalue sa

"rentabilité" et pas seulement son opportunité. Si ces exigences ne

sont pas prises en compte, le Syndicat sera hostile à cet investissement. »