Le berger des champions de charolles

Autres informations / 15.04.2011

Le berger des champions de charolles

Le nom

de Jean-Louis Berger est bien connu dans l’élevage, notamment grâce à son

champion Rubi Ball, favori du prochain Grand Steeple-Chase de Paris. Sur les terres

de Charolles, en Saône-et-Loire, 

l’éleveur n’en est pas à son premier coup d’éclat. C’est aussi dans ses

prés qu’est né le nouveau prodige de l’obstacle, Ceasar’s Palace.

RUBI

BALL, UN CHAMPION AUX ORIGINES FALSIFIEES

Tout le

monde connaît Rubi Ball (Network), champion d’Auteuil gagnant de deux Grs1 et

favori du prochain "Grand Steeple" de Paris (Gr1). Mais tout le monde

ne sait pas que ce champion AQPS a des origines qui ne sont pas celles qui sont

écrites dans son pedigree. Rubi Ball est l’un des meilleurs élèves de

Jean-Louis Berger, qui nous raconte l’erreur généalogique. « Mon père a trouvé

Topaze, une descendante de Tombola [souche de son père, Francisque Berger,

ndlr]. Elle était cagneuse et on m’a conseillé d’arrêter la jument et de la

mettre à l’élevage. À l’époque, Farabi faisait la monte à côté de la maison,

dans les années 1960. Mais impossible de remplir la jument. Alors on a essayé

Lucky Dip, qui était un fils d’Alizier. Elle a mis bas une pouliche, et comme

les contrôles de filiation n’existaient pas à l’époque, Étoile du Berger III a

été déclarée comme issue de Farabi, alors que c’était une fille de Lucky Dip.

Elle y a sûrement gagné au compte car Lucky Dip s’est révélé être un très bon

père de mère. » Étoile du Berger va être à l’origine du crack Rubi Ball,

puisqu’elle en est la troisième mère. Étoile du Berger III, la grande matrone

Bien nommée, Étoile du Berger III est devenue le point d’ancrage de la souche

AQPS de Jean-Louis Berger. Son premier produit, Lady Pat Pong (Dom Luc), a donné

Ratabour (Cap Martin), un très bon cheval d’obstacle sous l’entraînement de

Jack Barbe, et Hygie (Lute Antique), une petite jument qui n’a pas couru et qui

est devenue la mère de Rubi Ball. Étoile du Berger a aussi donné Rolling Ball

(Quart de Vin), le premier cheval français qui a triomphé dans un Gr1 lors du

Festival de Cheltenham, à l’occasion du RSA Chase (Gr1) en 1991. Étoile du

Berger a ensuite donne Useful, issu de la première production de vorias.

Poulain, Useful était d’un très beau modèle et Jean-Louis Berger a conseillé à

Marcel Rolland de le laisser entier. « Il y a eu beaucoup de travail avec

Useful. C’est déjà très délicat de garder un cheval entier et en plus ça coûte

cher. Mais lorsqu’il s’agit d’un demi-sang, ça devient encore plus compliqué. »

Vainqueur de quelques-unes des meilleures courses d’AQPS en plat, il est devenu

un étalon très utilisé, tant en plat qu’en obstacle.

L’ARRIVEE

DES JUMENTS "GALLORINI" A CHAROLLES

L’entraîneur

de Maisons-Laffitte Jean-Paul Gallorini partage sa vie avec Alexandrine Berger,

la fille de l’éleveur de Charolles. Passionné par l’élevage il a toujours eu

des poulinières. « Jean-Paul avait une quinzaine de juments à l’élevage dans

l’Est, mais il n’avait que des déboires et a décidé de tout arrêter. Puis il a recommencé

il y a un peu plus de cinq ans en m’envoyant deux juments dont Cardounika

(Nikos). Il a gardé cette jument parce qu’il l’estimait beaucoup. Elle allait

aussi bien que les meilleures de sa génération mais s’est fracturée le bassin à

l’entraînement. C’est une jument très délicate, on voit qu’elle a souffert,

mais Jean-Paul y croyait beaucoup. Autant qu’en voix du Nord a qui il a envoyé

la jument la première année. Cet étalon était passé par le Haras de

Cercy-la-Tour, où il était un peu boudé et maintenant il est à

Rosière-aux-Salines, près de Nancy. Cardounika a donc donné Ceasar’s Palace,

son premier produit. C’était un beau poulain, ne sortant pas spécialement de

l’ordinaire, mais Jean-Paul a toujours été très confiant avec lui. Elle a

ensuite donné un poulain de Robin des Champs, qui est à l’entraînement. Lui est

un magnifique poulain et il est resté entier. La jument est pleine de Great

Pretender et proche du terme, elle devrait ensuite aller à Coastal Path. »

LOCALISATION

L’élevage

de Jean-Louis Berger est situé à Charolles, en plein coeur du pays du bovin.

Comme la propriété principale ne compte que quelques hectares de paddocks,

Jean-Louis Berger loue des prés aux agriculteurs du coin. C’est pour cette

raison que les produits de l’élevage portent des affixes différents, selon leur

lieu de naissance… Montôt, Chadzeau, Sormain : tous proviennent de l’élevage

Berger.

INSTALLATIONS

Dix-huit

boxes dont quinze dans la propriété principale et trois dans les dépendances

d’une autre propriété accueillent les chevaux de l’élevage. Un manège rappelle

qu’une école de dressage a occupé les lieux. Quant aux prés, comme on l’a vu

plus haut, ils sont loués en majorité par des agriculteurs locaux à Jean-Louis

Berger. La pérennité de l’élevage Berger est assurée par Alexandrine, sa fille.

La jeune femme vient d’acquérir une propriété à quelques kilomètres de celle de

ses parents. Dotée de 80 hectares, l’exploitation accueillera les poulinières

d’Alexandrine, mais aussi celles de son père.

SYSTEME

D’ELEVAGE

Comme la

plupart des éleveurs d’AQPS, Jean-Louis Berger emploie une méthode

traditionnelle. « Dans la région, il fait généralement très chaud l’été, et

très froid l’hiver. Les chevaux sont donc rentrés le soir lors de la saison

froide. L’été, je laisse les poulinières suitées au box durant les heures les

plus chaudes, et je les sors la nuit. Mes chevaux sont nourris de façon

traditionnelle le matin et le soir. L’hiver, je leur fais des mashes comme le

faisait mon père, et je leur donne des topinambours : ils adorent cela ! C’est

un aliment très riche en sucre et en fer et il faut les entendre le manger le

matin, c’est un grand plaisir. Je crois beaucoup à la qualité de nos herbages.

Ce sont des terres très calcaires, d’ailleurs il existe encore des fours à

chaux sur certaines parcelles. Ce fort taux de calcaire apporte beaucoup de

solidité aux chevaux. Je leur laisse aussi beaucoup d’espace, un cheval pour

trois hectares en moyenne et certains disposent même de dix hectares à deux,

enfin presque, parce qu’il y a des bovins dans tous les prés. Les terres sont

très vallonnées, cela leur permet de se muscler. Enfin, il y a des sources dans

les prés. Ils boivent donc de l’eau naturelle, c’est ce qui fait notre force. »