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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Lettre ouverte des p.p. au president de france galop

Autres informations / 18.04.2011

Lettre ouverte des p.p. au president de france galop

PAR

HUBERT TASSIN, PRESIDENT DES P.P.

«

Monsieur le Président,

Le débat

sur la concurrence des chevaux entraînés à l’étranger dans les courses

françaises est à la fois complexe et important. La France est le seul pays

d’Europe à augmenter ses allocations chaque année et, compte tenu de la

situation des autres pays, le différentiel se creuse de manière importante ce

qui ne va pas manquer d’accentuer encore la convoitise des professionnels

européens, notamment britanniques, irlandais, allemands, espagnols ou italiens.

Si les statistiques des dernières années ne traduisent pas une participation en

forte croissance des chevaux étrangers dans nos courses, il y a fort à parier

que la tendance va s’amplifier rapidement, en particulier dans la partie du

programme qui ne concerne pas les courses de sélection, par nature ouvertes à

la concurrence. Il convient donc de s’y préparer. Il faut tenir compte à la

fois du fait que la compétition sportive doit accepter la concurrence à partir

d’un certain niveau, et de l’impératif que notre politique d’encouragement

doive rester en conformité avec les règles européennes,  surtout au moment où nous négocions avec

Bruxelles sur quelques points très sensibles et notamment l’agrément de la taxe

affectée. Les distorsions de concurrence justifient des mesures de protection

dans des cas comme le nôtre, mais il faut donc raison garder et j’avais lu sur

ce sujet des positions parfois excessives. 

En revanche, lorsque ce sujet a été abordé lors du comité de France

Galop, il m’a semblé qu’un rapprochement des positions et des revendications

des uns répondant pour une part aux inquiétudes pouvait être rapidement obtenu,

et que les propriétaires, à travers leurs différentes associations

représentatives, pouvaient trouver ensemble des propositions consensuelles sur

les points suivants :

1°)

Obtenir des règles communes sur le contrôle des médications notamment en amont

pour les chevaux à l’entraînement afin que les chevaux soient contrôlés sur un

pied d’égalité et ne que certains ne puissent pas être soupçonnés d’échapper à

la règle.

2°)

S’assurer de conditions de courses qui prennent en compte l’écart des

allocations dans les différents pays pour les conditions de qualification et de

surcharges et de décharges (classification des courses A, B, etc., en fonction

des allocations moyennes dans les différents pays).

3°) Revoir

les conditions d’éliminations afin que, dans ce domaine également, les chevaux

entraînés en France ne soient pas en situation défavorable par rapport aux

étrangers. On pourrait aller plus loin en accroissant le nombre de courses

"filières" et/ou en adoptant des conditions particulières de

qualification pour le programme destiné aux chevaux moyens et modestes.

Différents points concrets doivent pouvoir être opérationnels rapidement,

d’autant que je sais que les services de France Galop y ont déjà travaillé. Par

ailleurs, dès lors qu’ils supposeraient une harmonisation des règles au niveau

européen, il me semble que le leadership de la France au sein de la Fédération

internationale doit pouvoir nous conduire à ouvrir le débat avec des atouts qui

assurent la reconnaissance des risques de distorsion de concurrence qui pèsent

sur les acteurs français. Dans l’immédiat, je suggère que France Galop prenne

l’initiative d’organiser une table ronde sur le sujet avec les représentants

des associations de propriétaires et d’entraîneurs, les services de François

Boulard et d’Henri Pouret. Je pense que la participation active de Louis

Romanet, Conseiller du président pour les affaires internationales mais aussi

Président de la Fédération internationale apporterait un éclairage utile. Je

suis convaincu que, d’une telle réunion, peuvent sortir des propositions

constructives et unanimes. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à

l’expression de mes sentiments les meilleurs. »