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Jour de Galop

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Rencontre, gerard augustin-normand : un homme et son equipe

Autres informations / 22.04.2011

Rencontre, gerard augustin-normand : un homme et son equipe

Suite et

fin de notre dossier consacré à Gérard Augustin-Normand. Aujourd’hui, il nous

parle de lui, de sa motivation, de son enfance, de ses émotions… Mais aussi de

son équipe, dirigée par Sylvain Vidal.

LE

HAVRE, COMME UN SIGNE DU DESTIN

Gérard

Augustin-Normand le reconnaît sans détour : il n’était pas destiné à se lancer

dans l’élevage. « Cela ne correspond pas à mon tempérament. Mais j’ai décidé de

me lancer avec Le Havre et Jean-Claude Rouget ne m’a pas découragé... Ce cheval,

c’est comme un signe du destin. Je me suis dit qu’il fallait que j’en

"fasse quelque chose", que je poursuive pour lui et pour moi cette

aventure extraordinaire.  » Si l’on ne

voit que rarement Gérard Augustin-Normand aux courses, il se rend, en revanche,

régulièrement au Haras de La Cauvinière, ou même à l’entraînement. « J’ai

besoin de ce contact avec mes chevaux. Avant-hier, j’étais au haras et j’ai

assisté à la naissance de poulains de Le Havre. C’était à la fois une grande

émotion mais aussi une crainte, car je me suis rendu compte, en voyant ces tous

petits foals, à quel point tout cela était fragile.  C’est pour cela qu’il faut savourer chaque

victoire à sa juste mesure. »

LE BUT

ULTIME : GAGNER UN NOUVEAU GR1

Gérard

Augustin-Normand a débuté sa carrière de propriétaire sous les meilleurs

auspices. Il a d’emblée connu le nirvana avec la victoire de Le Havre dans le

Prix du Jockey-Club. L’homme ne s’en cache pas et l’ambition de son entreprise

est de revivre de tels moments : « C'est vrai, le but ultime est de revivre

cela. La barre est placée très haut mais c’est cette ambition qui guide mes

actions. J’ai des partants quasiment tous les jours mais je ne veux pas

seulement participer. Je veux voir mes chevaux être compétitifs, qu’ils

progressent au cours de leur carrière. Je ne cherche pas une quantité de

victoires, mais avant tout une qualité. Je suis toujours déçu d’être battu. Je

suis également conscient des contraintes économiques et je veux essayer de

tendre vers un équilibre. C’est aussi pour cette raison que nous deviendrons

bientôt vendeurs de nos produits. J’appréhende beaucoup le jour où cela

arrivera, mais on va y arriver. C’est nécessaire pour ne pas mettre le projet

en péril. Il faut savoir acheter, mais aussi vendre… »

TOUCHER

DU DOIGT UN REVE DE GOSSE

Enfant,

Gérard Augustin-Normand accompagnait son grand-père sur les hippodromes. Un

grand-père, petit éleveur, et président de la société de La Roche-Posay. «

J’imagine qu’il aurait aimé vivre cette aventure avec moi. Mes premiers

souvenirs de courses remontent à la fin des années 50. J’allais aussi bien en

province que sur les champs de courses parisiens. Je me souviens de l’Arc de

Puissant Chef et de celui de Sea Bird, bien entendu. Parmi les chevaux qui

m’ont marqué, il y avait Caro, un magnifique cheval "gris fer" qui

défendait les couleurs de la Comtesse Batthyany, et Gyr, un fils de Sea Bird

entraîné par Etienne Pollet. Un cheval compliqué, mais avec un modèle

magnifique ! Je regardais de loin les "grands" professionnels et les

"grands" propriétaires mais jamais je n’aurais pensé toucher du doigt

ce qu’ils vivaient... Si, en toute modestie, je peux admirer l’un d’eux, ce

serait M. Lagardère, et l’ambition qu’il a déployée pour son Linamix. »

L’EMOTION

DU PROPRIETAIRE A PRIS LE PAS SUR CELLE DU JOUEUR

Avant de

devenir propriétaire, Gérard Augustin-Normand ne dédaignait pas le plaisir du

jeu. « L’émotion du jeu se rapproche assez de celle que l’on peut ressentir

dans une salle de marché. C’est une émotion immédiate. » Avec ses chevaux, la

"donne"est différente. « Je ne joue pas mes chevaux, un peu par

superstition, mais aussi parce que je n’ai pas besoin de stress supplémentaire

! Après des années passées sur les marchés, j’aspire à autre chose. L’émotion

du propriétaire a pris le pas sur celle du joueur.  Elle est plus profonde, plus durable. C’est

aussi le mérite de cette organisation, le plaisir de construire un projet et

une équipe dont je me sens responsable. Au contact des gens passionnés que j’ai

rencontrés dans les courses, et des chevaux, je n’ai pas encore atteint la

sérénité que je recherche, mais je m’en approche… »

TOUTE

UNE EQUIPE AUTOUR DE SYLVAIN VIDAL

Sylvain

Vidal est un personnage clé de l’organisation mise en place par Gérard

Augustin-Normand puisqu’il est le manager de la casaque blanche et violette. Il

revient sur sa rencontre avec le propriétaire : « Quand Monsieur

Augustin-Normand a commencé à investir dans les yearlings, il les a placés chez

nous avant qu’ils ne partent à l'entraînement. Lorsqu'il a cherché un haras, pour

Le Havre, il est venu vers nous. Nous avons mis en place un projet, qui a

débuté par l’achat de poulinières pour soutenir son étalon. Pour toute l’équipe

du haras, comme pour nous, ce projet est un rêve d’enfant qui se réalise. Cette

aventure humaine permet à chacun d'effectuer un travail de haut niveau, avec

des poulinières de grande qualité. » Avant de s’installer à la Cauvinière,

Sylvain Vidal s’est forgé une solide expérience, aussi bien en France qu’à

l’international. Il a notamment travaillé pour le haras de Fresnay-le-Buffard,

pour Lane’s End Farm, aux Etats-Unis, pour Coolmore, en Irlande et en Australie

ainsi qu’à l’entraînement à Ballydoyle chez Aidan O’Brien, puis pour la

Louvière ou le haras de Bourgeauville. Sa femme, Élisabeth, a également un solide

« background » puisque, après le haras familial, elle a fait ses classes dans

les haras de l’Aga Khan et de Jean-Luc Lagardère. Il y a maintenant sept ans

que les époux Vidal ont repris le Haras de la Cauvinière. Le haras de la

Cauvinière est une entité indépendante de l’opération de Gérard

Augustin-Normand. Il accueille Le Havre (Noverre), bien entendu, mais aussi Air

Chief Marshal (Danehill Dancer). Au fil des ans, les époux Vidal ont agrandi et

modernisé le haras, qui est passé de 30 hectares à 160. Les poulinières de

Gérard Augustin-Normand, ainsi que leur descendance, sont élevées à la

Cauvinière mais le haras compte d’autres clients très fidèles, comme madame

Angela Kurth, dont la casaque a brillé, vendredi, à Châteaubriant, dans le Prix

Riverman avec un mâle de 3ans élevé à la Cauvinière. Récemment, Sylvain Vidal a

recruté Mathieu Alex pour prendre en charge la gestion du haras, aux côtés de

sa femme, Élisabeth. Les deux hommes se sont connus chez Coolmore, et sont

devenus amis. « Je dois évidemment beaucoup à Coolmore, explique Mathieu Alex,

mais j’ai eu envie d’exploiter mon expérience. Intégrer une équipe avec de

telles ambitions et une telle énergie est particulièrement motivant, comme de

voir briller au plus haut niveau la casaque de Gérard Augustin-Normand. J’étais

présent à Chantilly le jour où Le Havre a gagné le "Jockey Club" et

je suis très heureux de faire partie de cette équipe aujourd’hui. »Enfin,

Sylvain Vidal conclut : « Je suis très content de l’arrivée de Bruno Barbereau

qui s’est bien intégré dans l’équipe... »