Les americains "redebarquent" a paris

Autres informations / 03.05.2011

Les americains "redebarquent" a paris

Yes he

can ! Trois courses, trois victoires. C’est le bilan de l’entraîneur américain

Wesley Ward sur le sol français. Il a présenté trois 2ans entre samedi et

lundi. Le 30 avril à Longchamp, sa pensionnaire Tiz Terrific (Tiznow) a

remporté le Prix de Mondovi (F), devenant le premier cheval entraîné aux

Etats-Unis à gagner une course en France. Et ce mardi, à Chantilly, Wesley Ward

a enlevé les deux courses "B" pour les jeunes pousses. Le hongre

Everyday Dave (Weather Warning) a gagné le Prix de Pensbury et Judy the Beauty

(Ghostzapper) a remporté le Prix Caravelle. En s’installant en France jusqu’au

12 juin, date à laquelle ses pensionnaires pourraient prendre la route de Royal

Ascot, le professionnel d’outre-Atlantique a souhaité préparer au mieux ce

meeting. Ses chevaux sont apparus déjà très développés physiquement, avec des

modèles dignes de chevaux d’âge. Les trois 2ans avaient d’ailleurs des

arrière-mains puissantes.  Beaucoup plus

puissantes que celles de leurs adversaires. À Longchamp comme à Chantilly, on a

pu confirmer dans les faits que les jeunes chevaux américains étaient beaucoup

plus précoces que les nôtres, ce qui est lié aux travaux demandés aux poulains

de 2ans aux États-Unis. De plus, Tiz Terrific, Everyday Dave et Judy the Beauty

n’avaient jamais couru en ligne droite et sur le gazon et n’étaient arrivés en

France, dans l’établissement de Xavier Nakkachdji, que mercredi dernier. Leurs

candidatures ne présentaient donc pas seulement des avantages. Pourtant, les

trois protégés de Wesley Ward ont appliqué la même tactique, la tête et la

corde. Une tactique à laquelle sont préparés les pensionnaires de l’entraîneur

"US". Ils restaient tous les trois sur de bons débuts, dans des

chronos prometteurs. Ils les ont confirmés en France, dans un contexte très

différent de celui auquel ils sont habitués. Des trois, ce sont sans doute

Everyday Dave et Judy the Beauty qui ont été les plus séduisants en vue de

Royal Ascot.

WESLEY

WARD : « CHANTILLY EST UN LIEU IMPRESSIONNANT »

Très

disponible, l’entraîneur américain Wesley Ward a bien voulu répondre à nos

questions.

JOUR DE

GALOP. – POURQUOI AVOIR CHOISI LA FRANCE COMME BASE ARRIERE POUR PREPARER ROYAL

ASCOT ?

Wesley

Ward. – J’étais venu à Chantilly il y a quinze ans et j’avais trouvé ça très

impressionnant. J’estime que c’est le meilleur endroit au monde pour entraîner

des chevaux de course. Il y a deux ans, j’ai disputé le meeting de Royal Ascot

et ça s’est bien passé pour mes chevaux. On essaye de reproduire cet exploit,

mais je ne voulais pas préparer mes chevaux aux États-Unis. Chez nous, toutes

les pistes tournent corde à gauche et on cherchait des pistes en ligne droite

et sur le gazon. On a choisi de venir à Chantilly, parce que l’outil de travail

est exceptionnel et aussi parce que les 2ans français sont moins prêts que les

anglais à cette époque de l’année. Je suis venu avec trois 2ans et je suis très

content de la tournure des événements [les trois ont gagné, ndlr].

DONC LES

TROIS CHEVAUX QUE NOUS AVONS VUS VONT TOUS PRENDRE LA DIRECTION D’ASCOT ?

Oui, il

nous reste simplement à choisir à quelles courses participera chacun d’entre

eux. Les chevaux vont rester à Chantilly jusqu’au 12 juin, moment où ils

prendront le départ pour Ascot. J’ai des souvenirs formidables là-bas, ça

serait merveilleux de vivre à nouveau les mêmes choses.

VOUS

ETES SPECIALISE DANS LES 2ANS, QUELLES SONT VOS METHODES DE TRAVAIL ?

J’aime

façonner mes poulains. Ils vont très jeunes dans un centre d’entraînement en

Floride où ils apprennent à courir. J’y ai une cinquantaine de chevaux et ils

sont montés toute la journée, de 8h du matin à 18h le soir. Les chevaux sont

débourrés, dressés et pré-entraînés. Ensuite, ils reviennent à la maison

lorsqu’ils sont prêts à travailler réellement.

VOUS

ETES VENUS AVEC TROIS CHEVAUX, MAIS QUELLE EQUIPE LES ENTOURE ?

Seulement

deux personnes, Manuel Frausto, le stud-groom, qui s’occupe des chevaux comme

s’il s’agissait de ses enfants, et Joe Clark, qui l’aide beaucoup dans sa

tâche. Les chevaux sont chez Xavier Nakkachdji et il a été très sympa avec

nous, nous déléguant un cavalier pour monter les chevaux le matin. Il s’agit de

Jérôme Lambert. Il monte les trois et a une très bonne main. Il fait réellement

du très bon boulot.

CES BONS

RESULTATS VOUS DONNENT-ILS L’ENVIE D’IMPLANTER UNE ANTENNE EN FRANCE ?

On ne

pouvait pas espérer que ça se passe mieux et construire quelque chose ici à

Chantilly serait très tentant. Il n’y a toutefois pas de plans définis, mais il

est vrai que cette expérience me fait réfléchir.

HUBERT

GUY, UN FRANÇAIS CHEZ LES YANKEES

Le

courtier français Hubert Guy est à l’origine de l’arrivée de Wesley Ward en

France. C’est lui qui a conseillé à l’entraîneur américain de confier ses

chevaux à Xavier Nakkachdji. Installé en Californie depuis trente ans, il nous

a expliqué comment s’est montée cette aventure :

« L’idée

principale de Wesley Ward était de recourir le meeting de Royal Ascot. Il y

avait ensuite plusieurs solutions pour y parvenir, comme s’installer à nouveau

à Newmarket, mais l’autre était de passer par la France. J’ai rencontré Wesley

il y a plusieurs années lorsqu’il était encore en Californie et il m’a demandé

conseil. On a regardé le programme des courses en France et l’idée a émergé. Il

fallait trouver une écurie pour stationner les chevaux. Xavier Nakkachdji nous

a répondu favorablement et tout s’est conclu en une dizaine de jours. »Hubert

Guy s’est fait connaître outre-Atlantique par ses importations de chevaux

européens et surtout en provenance de la France. Désormais, il s’est spécialisé

dans la vente de 2ans, sur le principe du pinhooking. « Je me suis spécialisé

dans ce que je connaissais, donc les chevaux européens et surtout les français.

Ça a très bien fonctionné et on recense une bonne vingtaine de gagnants de Gr1

dont plusieurs ont gagné des épreuves de Breeders’Cup. Mais la situation

économique a beaucoup changé, le cours du dollar et celui de l’euro ont

beaucoup évolué et les chevaux français sont devenus beaucoup trop chers pour

les américains. Il a donc fallu que je change de spécialité et je travaillé

désormais sur le créneau des 2ans. »