Longchamp, prix d’ispahan (gr1) : goldikova repousse les limites, meme un genial christophe soumillon n’a pu la battre

Autres informations / 23.05.2011

Longchamp, prix d’ispahan (gr1) : goldikova repousse les limites, meme un genial christophe soumillon n’a pu la battre

Et de

treize ! Treize victoires de Gr1 pour la "légende vivante" Goldikova

(Anabaa), comme l’a décrit Olivier Peslier, son partenaire attitré. Pourtant,

tout ne fut pas si simple pour aller chercher ce Prix d’Ispahan (Gr1).

Goldikova avait beaucoup de désavantages. Seule rentrante, sur une distance à

la limite de ses possibilités– « le bout du monde », disait son entourage –,

elle a repoussé ses limites pour laisser derrière elle Cirrus des Aigles (Even

Top), monté à la perfection par Christophe Soumillon. Durant tout le parcours,

il a filé la championne, a déboîté au meilleur moment et pourtant, il n’a

jamais pu venir prendre la mesure de Goldikova. Et quand on connaît la

difficulté de battre à la lutte fighting Cirrus, cela ne fait que rehausser la

performance de Goldikova. « J’y ai cru, disait Corinne Barande-Barbe,

entraîneur de Cirrus des Aigles. Mais être deuxième de Goldikova, il n’y a pas

de honte, loin de là ! » Ovationnée comme toujours à son retour – cela fait du

bien à Longchamp d’entendre un peu d’applaudissements –, Goldikova a conquis

depuis longtemps le public des courses. Elle n’a gagné que d’une encolure mais

la victoire était au bout, le spectacle était à la hauteur et tout le monde a

vécu un grand moment de sport dans ce Prix d’Ispahan. Un mélange

d’extraordinaire et de merveilleux. Désormais titulaire de treize victoires de

Gr1, Goldikova a repoussé ses limites et celles de son propre record, égalant

désormais la championne américaine Zenyatta (Street Cry), également titulaire

de treize Grs1. Mais aux États-Unis, seulement. FREDDY HEAD : « ELLE ME DONNE

DES FRISSONS »

Goldikova

envoûte tous ceux qui croisent son passage et son entraîneur, Freddy Head,

n’échappe pas à la règle. Fasciné par sa jument, il racontait ce qu’il

ressentait après la course : « Elle a tout : la beauté, l'action... Sa victoire

est magnifique. Elle est vraiment exceptionnelle. Elle garde un moral

extraordinaire et possède des capacités physiques qui sortent de l’ordinaire.

Elle a l’action, le moteur et le courage qui vont avec. Tout est bon avec elle.

C’est une grande jument. Elle me donne des frissons. » Concernant l’avenir de

Goldikova, alors qu'il avait été envisagé de revenir à Royal Ascot pour qu'elle

y remette en jeu son titre dans les Queen Anne Stakes (Gr1), Freddy Head s’est

montré réservé, ajoutant : « On va laisser toutes les portes ouvertes et nous

allons voir quelle course nous courrons. Je ne veux pas m'engager maintenant. »

Thierry Blaise, lad de Goldikova, nous expliquait pour sa part : « On savait

qu'elle était très très bien. Elle avait bien hiverné et bien travaillé, mais

seule la course pouvait nous le dire. Elle a confirmé qu'elle était aussi bonne

que l'an dernier mais peut être plus "carrée" également. »

1.850M,

C’EST "LIMITE" POUR GOLDIKOVA

Un

instant, on a pu douter. Goldikova allait-elle être battue par Cirrus des

Aigles ? Ce dernier tenait-il enfin son premier Gr1 ? Non, car Goldikova, qui

n’a pas lutté si souvent que cela dans sa carrière, possède une vraie hargne au

combat. Jusqu’au bout, elle a contré Cirrus des Aigles. Pourtant, la distance

de 1.850m est à la limite de ses possibilités. Cela étant conjugué à une

rentrée. L’an dernier déjà, Byword (Peintre Célèbre) avait jusqu’au poteau

essayé d’inquiéter Goldikova. Et, comme dimanche, elle l’avait repoussé au

courage – elle effectuait également une rentrée dans cette épreuve il y a un

an. Goldikova arrive à tenir 1.850m, mais pour cela, elle se donne à fond.

CIRRUS

DES AIGLES « MERVEILLEUX »

Monté

pour la première fois par Christophe Soumillon, Cirrus des Aigles, qui est

après Goldikova le galopeur le plus populaire en France, s’est une nouvelle

fois montré exemplaire. Très dur à prendre à la lutte, il n’a pu venir à bout

de Goldikova, même s’il l’a poussée dans ses retranchements. « Il n'y a pas

grand-chose à dire, racontait Corine Barande-Barbe. Il est battu par Goldikova

qui est une jument extraordinaire et lui est un cheval merveilleux. J'y ai cru,

mais il court bien. Sa performance ne m'étonne pas. Christophe regrettait

peut-être de ne pas l'avoir lancé plus tôt, car, au démarrage, elle lui prend

une longueur. C'est vraiment un grand bonheur de l'avoir à l'entraînement. On

va déjà savourer cette performance puis nous verrons pour la suite. Tous les

Grs1 ouverts aux hongres de 1.800 à 2.400m, partout dans le monde, peuvent être

envisagés. » Coéleveur de Cirrus des Aigles, Yvon Lelimouzin était également

présent, et nous disait : « Il fait une très bonne course. Être deuxième de

Goldikova, c'est comme une victoire. Et puis, il vient bien à sa hauteur et le

voir lutter avec elle est superbe. D'autant que chez Freddy, les chevaux sont

souvent prêts pour leur rentrée. »

RAJSAMAN

EXEMPLAIRE

Dernier

à l’entrée de la ligne droite, à cinq longueurs de Goldikova, Rajsaman

(Linamix) a comblé beaucoup de terrain dans la phase finale. On a pu croire un

instant qu’il pourrait venir inquiéter le duo de tête, mais sa troisième place

est excellente et il confirme sa victoire dans le Prix du Muguet (Gr2) acquise

devant Byword. D’ailleurs, cette fois, il laisse Byword, visiblement dans un

"jour sans", à cinq longueurs. « Rajsaman est un cheval formidable,

en plein progrès, qui fait une très bonne valeur », analysait Freddy Head, son

entraîneur. Manager de la casaque de Saeed Nasser Al Romaithi, propriétaire de

Rajsaman, Gérard Larrieu nous disait : « Il était loin encore à l’entrée de la

ligne droite, mais il a réussi à refaire beaucoup de terrain. Et cela sur deux

champions que sont Goldikova et Cirrus des Aigles. Rajsaman n’arrête pas de

s’améliorer et il prouve également que le terrain rapide comme aujourd’hui ne

le gêne pas particulièrement. Pour ses prochains objectifs, nous allons

réfléchir. Tout dépendra du programme que nous voulons lui donner à l’automne.

»

"LA

QUATRE" QUAND MEME POUR FLASH DANCE

Achetée

pour servir en priorité de leader à Goldikova, Flash Dance (Zamindar) ne s’est

pas totalement écroulée pour finir. Elle a continué à son rythme et est

parvenue à revenir prendre la quatrième place à Byword. Sans Cirrus des Aigles,

nous aurions pu assister à un "trio Freddy Head" dans ce Prix

d’Ispahan !

 

JDG. –

COMMENT AVEZ-VOUS SENTI GOLDIKOVA AUJOURD’HUI ?

Olivier

Peslier. – Elle l'a fait comme d'habitude. Elle le fait vraiment avec beaucoup

de classe aujourd'hui. J'ai voulu garder des réserves pour les cent derniers

mètres car je savais que cela allait être plus dur à ce moment du parcours.

C'est une gagnante et remporter treize Grs1 avec une telle jument est

phénoménal. Cela fait chaud au coeur de l'emporter avec elle, d'autant que les

"boss" l'ont gardée à l'entraînement. En avoir une comme elle dans

une carrière, c'est quelque chose. Elle nous comble. Et rentrer sous les ovations

comme cela donne la chair de poule. C’est une légende vivante

PENSEZ-VOUS

QUE GOLDIKOVA A ENCORE DE LA MARGE ?

Sur ce

qu’elle a fait aujourd’hui, oui. L’an dernier déjà, elle avait

"monté" sur cette course. Et elle n’était pas encore à 100% dans les

"Queen Anne" ensuite, où elle a gagné de peu. Mais elle avait bien

progressé avec ses deux courses. Aujourd’hui, elle avait beaucoup de choses

contre elle. La rentrée plus la distance. Cirrus des Aigles est un cheval dur

qui avait l’avantage de venir sur nous dans la ligne droite. Goldikova avait

besoin de se remettre en route. C’est aussi pour cela que je suis venu

patiemment pour finir.

AVEC LE

TEMPS, GOLDIKOVA GAGNE-T-ELLE EN COURAGE ?

Non, pas

spécialement, car c’est une qualité qu’elle a toujours eue. Aujourd’hui, elle

l’a été jusqu’au bout. Mais c’est dans son tempérament. Goldikova est une

jument très hargneuse. La preuve encore quand elle est revenue dans le rond…

VOUS

SENTEZ-VOUS UNE RESPONSABILITE PARTICULIERE QUAND VOUS MONTEZ GOLDIKOVA DONT TOUT

LE PUBLIC ATTEND UNE VICTOIRE ?

Non, je

la monte avant tout pour elle. Le but est d’être relax avec elle et de ne pas

se mettre de pression particulière. Je ne m’occupe pas de savoir si elle va

bien gagner. Il faut avant tout la respecter. Quand elle a été battue dans ce

Prix d’Ispahan il y a deux ans, j’avais vite senti que cela n’irait pas. Je

l’avais respectée et j’avais posé les mains.