“les chevaux de l’aga khan” tradition sur papier glacé

Autres informations / 17.06.2011

“les chevaux de l’aga khan” tradition sur papier glacé

 

Une tradition de course et

d’élevage

–Les chevaux de l’Aga Khan

Un livre de Philip Jodidio

288 pages (182 photographies en couleurs)

Livre relié 32 x 23,8 cm 59

euros – Editions Prestel

 

Voici un ouvrage qui réjouira

les fans de la casaque verte à épaulettes rouges… et passionnera aussi tous

ceux qui s’intéressent au pur sang. "Les chevaux de l’Aga Khan" est

un beau livre (toujours cette fameuse catégorie d'ouvrages au format imposant,

solidement reliés et ornés de belles photos), mais aussi un livre profond.

Profond, dense et complet.

 

Les cinq grandes parties du

livre, déclinées dans le sommaire, le montrent bien : conversation avec Son

Altesse l’Aga Khan (20 pages), d’une génération à l’autre (portraits de la

dynastie en une centaine de pages), ce qui fait un bon cheval de course (50

pages), le soutien de l’Aga Khan à l’industrie des courses (30 pages) et dix

chevaux de l’Aga Khan (60 pages de portraits hippiques) !

 

L’Aga Khan se confie de

manière très directe, comme au sujet de la succession familiale dans les

courses : « Je ne voulais pas être le nouveau propriétaire qui arrive et fait

s’écrouler l’édifice. (…) J’étais un jeune homme néophyte et je trouvais les

succès [hippiques de l’écurie familiale] intimidants. » Le ton est tout en

simplicité et en franchise :

« [A l’époque,] les haras

n’étaient pas aux normes. (…) Les directeurs [des haras] affirmaient : « Nous

ne pouvons pas faire mieux », et les entraîneurs rétorquaient : « Nous ne pouvons

pas entraîner des chevaux fragiles. » » Et encore :

« J’essayais d’assister à un

maximum d’entraînements et je prenais des notes. Je me rendais à toutes les

courses, même aux courses à réclamer. J’ai appris le programme des courses,

parce que sans le comprendre, il est difficile de mener à bien une écurie. »

 

Les passages sur la relation

du Prince avec François Mathet sont passionnants.

Plus inattendu est le long paragraphe

consacré à un manuscrit enluminé de la fin du XVe siècle, rédigé pour forger

les connaissances hippiques du jeune roi Louis XII. « Ce document est fascinant

car il révèle les principes de base permettant d’avoir un impact sur la vie

d’un cheval » explique le Prince.

L’interview se termine par

cette définition de l’élevage de chevaux de courses, que Son Altesse l’Aga Khan

avait déjà choisie lors d’une longue interview accordée à JDG à l’automne 2008

: « Une palpitante partie d’échecs contre la nature. »

 

Par ailleurs, tout éleveur

lira avec intérêt le chapitre intitulé

« Ce qui fait un bon cheval

de course ». Il regorge d’anecdotes et de remarques qui valent pour tous les

élevages ou presque. Citons cet exemple : « La forme actuelle des boxes [de

Bonneval, en croissant de lune,] a été mise en place pour obtenir un niveau

maximum d’exposition au soleil. (…) La lumière et la chaleur améliorent le

processus de croissance du cheval ».