Par patrick barbe, president de betnet, operateur de paris hippiques sur internet

Autres informations / 25.06.2011

Par patrick barbe, president de betnet, operateur de paris hippiques sur internet

En

créant la Société d’Encouragement pour l’Amélioration des Races Chevalines, le

11 novembre 1833, LORD SEYMOUR n’imaginait probablement pas que bon nombre des

dispositions et articles du Code de cette Société seraient encore utilisés deux

siècles plus tard…L’arrivée de socioprofessionnels, en 1983, au Comité des

Sociétés Mères, sous les noms de la Société d’Encouragement à l’Élevage du

Cheval Français (pour le Trot) et de France Galop n’ont pas réellement changé

les règles de fonctionnement sur le plan sportif, ce qui est probablement un

bien. Sur le plan économique, la réalité est tout autre, puisque les Sociétés de

Courses gèrent, sans but lucratif, via le PMU, leur filiale depuis 1930, un

marché colossal qui dépasse les dix milliards d’euros en 2011. Globalement, ces

dix milliards d’enjeux permettent au PMU de dégager une marge brute de 13,5%,

dont 5,54 % couvrent les frais de fonctionnement et 8% sont reversés aux

Sociétés de Courses, partagés entre le Trot et le Galop. De ces 4%, après

déduction de 1,7% de frais de fonctionnement, les propriétaires et éleveurs de

Galop se partageront un maigre 2,3%... d’où des allocations finalement très

faibles par rapport aux enjeux colossaux. Même si le système fonctionne mieux

qu’à l’étranger, il ne redistribue plus suffisamment d’allocations et de primes

pour permettre à la filière de survivre... Réduire sensiblement les frais de

fonctionnement du PMU et des Sociétés de Courses semble une priorité

probablement plus facile à atteindre que la recherche aléatoire de nouveaux

propriétaires, rapidement incapables de couvrir leurs frais…Sur un autre plan,

l’ouverture du Marché des Jeux en Ligne et l’explosion d’Internet permettent à

des millions d’internautes de se passionner pour les courses de chevaux sans

avoir à se déplacer. Face à la concurrence galopante des paris sportifs et du

poker, nos Sociétés de Courses ont tout intérêt à faire les plus grands efforts

pour bénéficier de cette nouvelle manne en favorisant le jeu sur les Courses

sur Internet, qui rapporte actuellement 8% à la filière. Encore faudrait-il que

les Sociétés organisatrices de Courses en France jouent le jeu de l’impartialité

et de la libre concurrence, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui ! En

effet, ces Sociétés sont propriétaires du GIE-PMU, leur propre opérateur de

prises de paris. Tout se passe donc comme si la Fédération Française de

Football prenait des enjeux sur les matchs qu’elle organise…Si nos dirigeants

ne comprennent pas rapidement qu’il leur faut respecter la libre concurrence en

donnant aux nouveaux opérateurs des droits et des moyens identiques à ceux du

GIE-PMU (notamment en matière de prélèvement, de bases de données, d’images, de

publicité, etc...), non seulement nos dirigeants ne respecteront pas les règles

élémentaires de la libre concurrence, mais encore, ils renonceront aux

ressources considérables qu’Internet pourrait leur fournir, via le secteur des

Jeux en Ligne où les Courses doivent conserver, et même améliorer leur part de

marché… avant qu’il ne soit trop tard !