St james’s palace stakes : retour sur un cheval et une course hors normes

Autres informations / 15.06.2011

St james’s palace stakes : retour sur un cheval et une course hors normes

QUEALLY,

SEUL COUPABLE ?

Mardi,

dans les St James’s Palace Stakes (Gr1), Frankel a assuré l’essentiel. Il a

gagné. Mais la question qui est sur toutes les lèvres (nous avons reçu de

nombreux mails à ce sujet), c’est : pourquoi son jockey, Tom Queally, a-t-il

lancé son partenaire à l’intérieur de Grand Prix Boss bien avant la courbe,

partant seul à l’assaut de son leader, Rerouted. Leader avec lequel,

d’ailleurs, Richard Hills n’a pas non plus été inoubliable – se plaçant hors de

portée du peloton très rapidement, ce qui réduit à zéro l’intérêt d’avoir un

leader. Certes, par le passé, des champions d’Henry Cecil allaient devant quand

ils couraient, comme Old Vic ou Brigadier Gérard. Ils stationnaient en tête de

course, mais sans démarrer de trop bonne heure. Leur tactique n’avait rien de

comparable à celle de Frankel. Si l’on regarde les choses sous un angle plus

"positif" (ou indulgent), son jockey, Tom Queally, a préféré laisser

avancer son cheval avant la mi-parcours. Sur le moment, on a pu penser qu’il

voulait prendre le sillage de son leader. Il n’en a rien été. Le problème,

c’est que Frankel a fini dans une action très, très, raccourcie. Les six cents

derniers mètres les plus lents de l’histoire d’Ascot ! Les temps partiels – que

nous avons calculés manuellement – ne trompent pas. Les premiers 1.000m ont été

parcouru en 1 minute pile. Cela correspond à la mi-courbe, lorsque Frankel

vient de prendre la tête. Puisque le temps total est de 1 minute et 39 secondes,

les derniers six cents mètres ont été couverts en 39 secondes. Soit une moyenne

de 13 secondes pour chacune des trois dernières tranches de deux cents mètres.

Étant donné qu’il a clairement ralenti dans les derniers mètres, on peut penser

que ces deux cents derniers mètres approchent les 14 secondes. À ce niveau, on

est plutôt dans les 11 secondes et demie.

CANALISER

LE CHEVAL ; CANALISER SON JOCKEY

Frankel

a la faculté pour aller devant. C’est son truc. Mais il est évident que la

tactique utilisée mardi ne pourra pas être répétée à l’infini. Cela dit, en

début de parcours, Frankel a montré qu’il était désormais capable d’attendre un

peu. Pour que cela soit mieux encore, il lui faut un leader effectuant mieux

son travail et aussi un jockey (Tom Queally ou un autre) se canalisant lui-même

en plus de canaliser son cheval ! Frankel plus lent ; Zoffany pas si

rapide…Quoi qu’il en soit, je pense que l’on pourrait refaire dix fois la

course, Frankel la gagnerait dix fois. C’est une fausse impression qu’il donne

de pouvoir être battu. Ses temps partiels très lents pour finir expliquent

pourquoi Zoffany donne l’impression de finir très vite. En fait, il termine

normalement. C’est Frankel qui ne va plus vite. Encore à dix longueurs de

Frankel à l’entrée de la ligne droite, Zoffany a été monté "petit

bras". Pour une place, car son entourage n’était pas sûr qu’il tienne

1.600m. C’est d’ailleurs le seul qui ait bien fini, dans ces “St James’s” 2011.

Les autres,  ceux qui ont voulu jouer aux

forts avec Frankel, ont fait cent mètres vite, puis se sont arrêtés.

LE

LEADER INCONTESTE DE SA GENERATION

Frankel

ne sera jamais battu par un cheval de sa génération,. Il est largement

au-dessus et il a montré dans les 

“Guinées” et dans les “St James's” qu’il pouvait, en quelques foulées,

mettre tous ses adversaires dans le rouge. La question est désormais de savoir

s’il peut battre des champions plus vieux, comme Canford Cliffs ou Goldikova.

Il a certainement la classe pour le faire, mais il faudra qu’il apprenne à

placer sa fulgurante accélération le plus tard possible. Et ça, ce n’est pas

encore gagné. Même quand on s’appelle Sir Henry Cecil.