João de souza lage, a l’origine de montjeu

Autres informations / 03.07.2011

João de souza lage, a l’origine de montjeu

PAR GUY

THIBAULT, HISTORIEN DES COURSES

Décédé,

il y a quelques jours, dans sa 89e année, João de Souza Lage, argentin de

naissance, était une figure dans le monde des courses françaises,

reconnaissable par sa haute silhouette. Beau-fils d’Édouard Martinez de Hoz, le

propriétaire de trois lauréats du Prix du Jockey Club (Belfonds 1925, Mon

Talisman 1927, Clairvoyant 1937), il hérita de son beau-père de quelques

poulinières qu’il installa dans un petit haras de l’Orne, Le Chalange, près de

Courtomer. Parmi elles, Alvorada (1960 par Beau Prince II) dont la mère Fair

Dolly avait gagné le Prix de Malleret en 1948. Alvorada produisit Acacio

d’Aguilar (Preis von Europa,  groupe 1,

1973) et Adèle Toumignon (1971 par Zeddaan). Celle-ci fit mieux, donnant

naissance à Le Mamamouchi (Prix Berteux 1981), Dear Doctor (Arlington Million,

groupe I, 1992) et Toute Cy (1979 par Tennyson). À son tour celle-ci entretient

la vitalité de la famille en produisant Dadarissime (Prix Vicomtesse Vigier

1992) et Floripedes (1985 par Top Ville). Celle-ci se révéla bonne, en course :

gagnante à 3 ans du Prix de Lutèce (groupe 3) et seconde de l’excellent Star

Lift dans le Prix Royal Oak (groupe 1). 

Cédée par João de Souza Lage à son ami et compagnon de jeux au

Travellers Club, Sir James Goldsmith, Floripedes va devenir la mère de Montjeu,

élevé en Bourgogne, héros de l’année 1999 (Jockey Club, Irish Derby, Arc de

Triomphe) et présentement étalon exceptionnel. Si João de Souza Lage pouvait

être fier d’être à l’origine de Montjeu en ayant cultivé la famille maternelle

depuis trois générations, son ami Jimmy Goldsmith a ignoré avoir fait naître un

chef d’?uvre, étant mort à soixante-quatre ans, en juillet 1997, alors que

Montjeu n'avait encore que quinze mois. À son propos, on ne peut manquer

d’évoquer Ribot qui avait été lui aussi inconnu par son concepteur, le génial

Federico Tesio.