Longchamp, juddmonte grand prix de paris (gr1) : meandre ou l’hommage d’un bon poulain a son "createur

Autres informations / 15.07.2011

Longchamp, juddmonte grand prix de paris (gr1) : meandre ou l’hommage d’un bon poulain a son "createur

 « Je suis heureux car Méandre est issu du

dernier croisement choisi par mon père. Et tout l’entourage du cheval, d’André

Fabre à son jockey, Maxime Guyon, tient à dédier ce succès à mon père. C’est

une victoire très émouvante », a expliqué le baron Édouard de Rothschild après

la victoire du poulain de sa famille, Méandre (Slickly), dans le Juddmonte

Grand Prix de Paris (Gr1). Une victoire sous forme d’hommage à Guy de

Rothschild qui a donc décidé du croisement de son poulain, avant de nous

quitter en 2007. Et, clin d’oeil de l’histoire, cet hommage a eu lieu dans une

épreuve qui a souri par trois fois au grand propriétaire-éleveur entre 1964 et

1982. Sa casaque s’était en effet distinguée dans le Grand Prix de Paris avec

White Label, Soleil Noir et Le Nain Jaune. Ce jeudi, ce sont les couleurs

familiales qui ont brillé avec un poulain en plein progrès capable de fournir

deux accélérations comme un vrai champion. Un poulain qui n’a pas fini de

monter les étages puisqu’il aura le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1) comme

objectif automnal. Le baron Édouard de Rothschild nous a déclaré, au sujet du

pensionnaire d’André Fabre : « Dès sa victoire dans le Prix de l’Avre, nous

avions décidé délibérément d’attendre ce Grand Prix de Paris, car il avait eu

une course dure. Nous ne nous sommes pas préoccupés de l’opposition et nous

avions décidé de le supplémenter. C’est donc une belle histoire. André Fabre

nous a toujours dit que nous avions un très bon cheval mais qui était délicat.

Aujourd’hui, il le fait à la manière des bons chevaux. Il courra le Prix Niel

et “l’Arc”, d’autant qu’il n’y a absolument rien d’autre à courir. »

MAXIME

GUYON : « IL EST EN TRAIN DE DEVENIR UN SUPER CHEVAL »

Vainqueur

du Prix de l’Avre (L), la course préparatoire idéale en vue de ce Grand Prix,

Méandre avait refait beaucoup de longueurs en peu de mètres et il en a été de

même dans le Gr1 parisien. « J’étais un peu inquiet car je ne voulais pas le

laisser le nez au vent et les deux premiers avaient pris du champ, a confié

Maxime Guyon. Je ne les ai pas suivis car ils allaient assez vite et l’allure

était sélective. Mon partenaire était bien détendu durant le parcours et il a

vraiment bien accéléré pour finir, pour aller chercher Séville. En dernier

lieu, il ne fallait pas s’en tenir aux écarts. Il avait vraiment fait un truc

pour gagner. C’est un poulain qui n’était pas facile tous les jours et il est

en train de devenir un super cheval. »

UN

DEROULEMENT DE COURSE PARTICULIER

Ce Grand

Prix de Paris 2011 s’est vraiment déroulé à vive allure, comme en témoigne le

temps final de 2’26’’63. En cette période de Tour de France, on se serait cru

sur une étape avec deux échappées et des rivaux à leur poursuite. Le plus

étonnant a été la physionomie de la course après le passage du petit bois.

C’est en effet à ce moment que Séville (Galileo) et Treasure Beach (Galileo)

ont commencé à se détacher de plusieurs longueurs. En troisième position, Méandre

se retrouvait alors dans une situation inconfortable. Devait-il avancer ou

temporiser et ne pas "griller" ses précieuses réserves. Maxime Guyon

a alors fait preuve d’un grand sens tactique en décidant d’attendre. C’était le

bon choix puisque Méandre a pu remonter mètre après mètre dans la ligne droite

pour refaire son retard sur les leaders, alors que Reliable Man (Dalakhani)

tardait à changer de vitesse. Et, dans les cent derniers mètres, Méandre a

placé un deuxième changement de vitesse très impressionnant pour venir dominer

nettement Séville et Reliable Man.

MEANDRE,

DOUZE ANS APRES SON PERE SLICKLY

En 1999,

Slickly (Linamix) avait remporté le Grand Prix de Paris alors qu’il se

disputait sur 2.000m. Également entraîné par André Fabre, il avait participé au

Prix du Jockey Club (Gr1), terminant quatrième parce qu’il manquait de tenue.

Raccourci, il s’est rapidement intégré parmi les meilleurs milers. Et, douze

ans après lui, son fils Méandre remporte lui aussi le Grand Prix, mais sur la

distance classique que ne tenait pas son père. Glorieuse incertitude de

l’élevage !

ET DE

ONZE POUR ANDRE FABRE !

Le

succès de Méandre est aussi, comme celui de Pour Moi (Montjeu) dans le Derby

d’Epsom (Gr1), signé André Fabre. Le maître entraîneur cantilien a en effet su

transformer ses deux poulains en champions au fil de leurs sorties. Ce jeudi,

André Fabre a remporté le onzième Grand Prix de Paris de sa carrière. Un succès

qui vient conclure un printemps de toute beauté après ses succès dans la Poule

d’Essai des Pouliches et le Prix de Diane-Longines (Grs1) avec Golden Lilac

(Galileo), dans le Derby avec Pour Moi, donc, dans le Prix Jean Prat avec

Mutual Trust (Cacique), et enfin, dans ce Grand Prix. À la réussite d’André

Fabre, il faut associer Maxime Guyon qui enlève son deuxième Grand Prix, deux

ans après sa victoire avec Cavalryman (Halling). En 2009, le jeune jockey

arrivait au sommet. Il y est cette fois bien installé. Preuve

en est,

il est très proche de Ioritz Mendizabal dans la course à la Cravache d’or. Et

nombre d’observateurs le voient accéder à la récompense suprême cette année.

AIDAN

O’BRIEN SATISFAIT DE SES PROTEGES

Les

pensionnaires d’Aidan O’Brien ont donné le ton de ce Grand Prix. Si Séville a

bien tenu sa partie, tout en ayant une vraie course, Treasure Beach a plafonné

à la fin après avoir suivi son compagnon d’entraînement. Ils terminent

respectivement deuxième et quatrième. Cependant, l’entraîneur de Ballydoyle

nous a dit : « Il courent très bien tous les deux. Ils ont eu une course dure

précédemment. Treasure Beach va maintenant bénéficier de repos. Peut-être que

je l’ai couru trop rapproché. »

RELIABLE

MAN NOUS LAISSE SUR NOTRE FAIM

On

attendait mieux de la part de Reliable Man. On le pensait capable de réaliser

le doublé "Jockey Club-Grand Prix" qui n'avait plus été réussi depuis

1997. Mais, après avoir patienté dans le dos du futur vainqueur, il n’a pu,

comme lui, changer de vitesse, ce qui a surpris les observateurs. Il n’a pu

prendre que la troisième place à un Treasure Beach sur ses fins. « Il a manqué

un peu d’éclat aujourd’hui, mais la piste était sans doute trop ferme pour lui

», nous a expliqué son mentor, Alain de Royer Dupré. Cinquième, Bubble Chic

(Chichicastenango) a couru honorablement. Son entraîneur, Alessandro Botti,

nous a confié : « Le cheval a fait sa course, comme à chaque fois. On courait

pour faire quelque chose et il est battu par meilleur que lui. Il est cinquième

mais à sa place. »

LE

PREMIER PRODUIT DE PENNE

Méandre

a été élevé par ses propriétaires au Haras de Meautry ; il est le premier

produit de Penne (Sèvres Rose), une jument qui a remporté une course B à 3ans

pour Jean-Claude Rouget, avant de prendre plusieurs accessits au niveau Listed

et Gr3 sur des distances comprises entre 2.100 et 2.500m. Penne est la soeur de

Tendre Pensée (Mujadil), qui a mis au monde Gris Tendre (Slickly), trois quarts

frère de Méandre et double lauréat de Listed sous l’entraînement de Jean-Claude

Rouget