Medication : un changement important aux etats-unis

Autres informations / 13.08.2011

Medication : un changement important aux etats-unis

Mercredi,

les autorités hippiques américaines ont annoncé que l’utilisation du lasix le

jour de la course d’un cheval était désormais interdite dans les courses de

Groupe pour 2ans. Cette modification dans l’utilisation de médications aux

États-Unis est une étape importante dans un processus entamé en 2008. Président

de la Fédération International des Autorités Hippiques de courses au Galop

(IFAH), Louis Romanet nous a expliqué ce qu’implique de tels changements.

JOUR DE

GALOP. - QUELLES SONT LES MODIFICATIONS CONCERNANT LA MEDICATION AUX ETATS-UNIS

?

Louis

Romanet. - Cette semaine, c’est un pas important qui a été franchi avec

l’interdiction du lasix les jours de courses pour les Graded Stakes de 2ans.

Cette étape est en fait la troisième d’un processus commencé en 2008. La

première a été l’interdiction des anabolisants. La deuxième a ensuite été la

diminution des quantités de butazolidine utilisées. En 2010, la quantité

autorisée a été diminué de moitié et elle devait être communiquée, au plus

tard, 24h avant la course.

QUEL A

ETE L’ELEMENT QUI A DECLENCHE CETTE SUITE DE MESURES AUX ETATS-UNIS?

Ce

mouvement a pris de l’ampleur suite à la victoire de Big Brown dans le Kentucky

Derby. Son entraîneur, Richard Dutrow, avait déclaré que Big Brow, qui avait

ensuite enlevé les Preakness Stakes, était sous anabolisants. Face à la

pression médiatique, il a arrêté le traitement sur son cheval pour les Belmont

Stakes et Big Brown a terminé dernier ! Également, le fait que beaucoup

d’européens ne se déplacent plus aux ventes de Keeneland, rebuté par des

“pedigrees dopés aux médications”, explique aussi que les autorités hippiques

américaines ont réagi.

EN

AMERIQUE DU SUD, Y-T-IL EGALEMENT DES MESURES DE PRISE CONCERNANT LES

MEDICATIONS ?

Oui, et

elles ont été introduites avant celle de l’Amérique du Nord. L’an dernier,

l’OSAF, l’autorité hippique des pays de l’Amérique du Sud a décidé d’interdire

l’utilisation du lasix pour les courses de 2ans. En septembre 2010, cette

mesure a été étendue à une interdiction totale pour les chevaux qui auront

3ans, en 2013. Il y a une conjonction entre les deux Amériques. L’Amérique du

Sud achète souvent des étalons provenant des courses Nord Américaines. Les

éleveurs Sud Américains ont donc fait pression pour ne plus avoir des étalons

dont les performances sont faussés par l’utilisation de médications.

UN

COMBAT QUI TIENT A COEUR AUX “ROMANET”

Louis

Romanet nous a transmis un document datant de 2008. C’était son allocution

effectuée lors du “Round Table” tenu à Saratoga le 23 août 2009. Il donnait

alors rendez-vous à ses interlocuteurs en leur disant : « Mon rêve est qu’à la

fin de mon mandant, en octobre 2012, l’usage de médication soit interdit dans

les courses de Groupe et Black Type en Amérique du Nord et en Amérique du Sud

». Nous n’y sommes pas encore, mais : « un grand pas en avant a été fait, nous

a expliqué Louis Romanet. Depuis 1994, cela a été mon principal combat et mon

père, Jean Romanet, l’avait lui-même débuté dans les années 60. La bataille

n’est pas encore gagnée, mais le changement de mentalité montre que l’on

avance. Les dirigeants américains et en premier lieux ceux du Breeders’ Cup se

sont impliqués dans ce mouvement. Le Breeders’ Cup se veut être le Championnat

du Monde des courses. Dans aucun sport, des athlètes qui utilisent des produits

que l’on considère dopants n’y participent. Toutefois, il ne faut pas baisser

la garde. Aux États-Unis, les lobbys sont très puissants. Et les vétérinaires,

qui sont très sollicités par les entraîneurs làbas,  devraient se réveiller. »

DES

CHIFFRES QUI NE TROMPENT PAS

Lors de

son intervention à Saratoga en 2008, Louis Romanet avait mis en lumière un fait

qui ne trompe pas: entre 1960 et 2008 le nombre de courses, par cheval et par

an, aux États-Unis et au Canada, est passé de 11.31 à 6.2en moyenne. Soit une

baisse de 45% ! Aux États-Unis, les entraîneurs ont été formés à entraîner les

chevaux avec l’aide de la médication. Ils ne savent pas vraiment faire

autrement. Il faudra donc du temps avant que la fin de l’utilisation d’aide

pharmaceutique entre dans les moeurs. Au total, il y a environ 55.000 courses

par an en Amérique du Nord. 2.200 d’entre-elles, soit 4%, sont des courses

Black Type. Le combat de Louis Romanet et de la Fédération Hippique

Internationale porte avant tout sur ces épreuves.