Ne pas confondre chiffre d’affaires arqana et resultat des ventes pour les eleveurs

Autres informations / 29.08.2011

Ne pas confondre chiffre d’affaires arqana et resultat des ventes pour les eleveurs

PAR UN

ELEVEUR FRANÇAIS, QUI VEND CHEZ ARQANA

J’avoue

être surpris de lire les analyses des récentes ventes de yearlings de Deauville

dans la presse. En effet, à en croire les différents observateurs qui se sont

exprimés, d’un avis presque unanime, celles-ci se révèlent très positives en

chiffre d’affaires dans un contexte économique mondial pourtant incertain. Mais

qu’est-ce qui permet d’avancer de telles conclusions ? Si l’on considère le

chiffre d’affaires d’Arqana, 32.941.000€ en 2011 contre 29.162.500 € en 2010,

et si l’on se place du côté des administrateurs de cette société commerciale,

pas de doute, les résultats sont plus que satisfaisants et ils peuvent octroyer

des bonus mérités aux dirigeants de cette entreprise. En revanche, si l’on se

place du côté des vendeurs, les témoignages sont totalement opposés. Le prix

médian passe de 70 000 € en 2010 à 65 000 € en 2011, la moyenne restant

pratiquement inchangée autour de 95000 €. Or, le haras de la Perelle qui

réalise un chiffre d’affaires de 2.146.000 € et le haras des Monceaux

3.065.000€, représentent à eux seuls 5.211.000 € sur les 32.941.000€ de chiffre

d’affaires total avec seulement 22 chevaux présentés sur les 478 que comptait

le catalogue, une donnée qu’il faudrait encore pondérer par le nombre

d’absents. La moyenne des autres vendeurs s’en trouve donc très nettement diminuée,

minimisant sensiblement l’euphorie d’analyse des résultats d’ensemble, d’autant

que la moyenne des prix de saillies des étalons ayant engendré les dix

yearlings les plus chers se situe au-dessus de 50.000 €, c’est-à-dire à des

niveaux inaccessibles aux éleveurs-vendeurs moyens. Or, qui sont ces autres

éleveurs-vendeurs ? Une très large majorité d’entre eux sont des éleveurs sans

sol, c’est-à-dire des éleveurs qui laissent leurs chevaux toute l’année dans

des haras qui ne leur appartiennent pas, payant pour cela des pensions et

alimentant la trésorerie de ces haras commerciaux qui sont par ailleurs leurs

concurrents lors des ventes de yearlings. Or, ces éleveurs sans sol ont une

fonction très importante dans l’institution de l’élevage, puisqu’ils apportent

beaucoup d’argent frais dans le circuit, achetant des juments, des saillies et

payant des pensions. Et ces mêmes éleveurs sans sol, qui représentent la

majorité des éleveurs-vendeurs de Deauville, sont donc les premières victimes

des ventes médiocres que l’on vient de connaître, car eux n’ont pas d’autres

ressources provenant de l’élevage. À cet égard, je suis très surpris qu’aucune

analyse, ni du Syndicat des éleveurs ni d’aucune autre organisation syndicale,

n’ait mis l’accent sur les résultats très difficiles de cette catégorie

d’éleveurs, semblant ignorer l’importance de ces éleveurs sans sol dans

l’économie de l’élevage de pur-sang. Aucune analyse ni déclaration du président

du Syndicat des éleveurs ne fait état de cette situation. Et pour cause !  depuis le renouvellement de ses membres, le

comité du syndicat des éleveurs ne compte plus d’éleveur sans sol, ce qui est

un comble quand on mesure notre poids économique. Il serait sans doute temps de

donner voix à ces acteurs !