Premier jour des ventes : beaucoup d’indicateurs sont au vert !

Autres informations / 22.08.2011

Premier jour des ventes : beaucoup d’indicateurs sont au vert !

Les

ventes ne pouvaient pas mieux commencer. À la veille de leur coup d’envoi, et

pendant la journée sponsorisée par Darley, deux chevaux achetés à Deauville en

août ont remporté deux Groupes. Jukebox Jury (Montjeu) dans le Prix Kergorlay

(Gr2) et surtout Dabirsim (Hat Trick) dans le Prix Morny (Gr1). Un cheval

d’âge, né et élevé en France et exporté outre-Manche après son passage sur le

ring, et un 2ans issu d’un étalon japonais, entraîné dans le Sud-Ouest par un

jeune entraîneur. L’un acheté 270.000 €, l’autre seulement 30.000 €. Une

illustration parfaite de la diversité qui fait la force de Deauville. La

meilleure des publicités pour les ventes. Et l’on aurait envie d’ajouter à

cette liste magique Immortal Verse (Pivotal), lauréate du Prix Jacques Le

Marois (Gr1), puisque la pouliche de Robert Collet est également passée sur le

ring d’Arqana, rachetée par son entraîneur 460.000 €.

Alors ?

ces succès en piste vont-ils se répéter sur le ring ? tout porte à croire que

oui. la tendance est bonne dans tous les compartiments : en plus des victoires

déjà citées, le catalogue est bon, le nouvel établissement a séduit tout le

monde, on a vu de nombreux nouveaux acheteurs et les chevaux sont sortis des

dizaines de fois – notamment grâce au bon choix de calendrier, qui laisse trois

vrais jours d’inspection, de vendredi à dimanche. Le seul point négatif, c’est

la crise économique mondiale. Mais, là aussi, Saratoga a déjoué les prévisions

en affichant une hausse de 16 % de son prix moyen. Évidemment, le soutien du

Cheikh Mohammed al Maktoum a joué dans cette progression, puisque ces

acquisitions ont pesé pour le quart du chiffre d’affaires global. Mais cette

explication ne suffit pas, car ses investissements ont été du même ordre de

grandeur que les années précédentes. Cette hausse, dans un contexte compliqué

(qui n’est pas nouveau), montre une fois de plus que le pur-sang reste un

marché quelque part déconnecté de l’économie générale. On pourrait aller plus

loin, comme le disait hier l’un des vendeurs les plus importants de Deauville :

presque une valeur refuge. Pourtant, l’an dernier, pour la première fois depuis

la création d’Arqana en août 2006, les indicateurs ont reculé. Le chiffre

d’affaires a perdu près de 30 %, le prix moyen de 17 %, soit une baisse bien

moindre que celles enregistrées sur les marchés anglo-saxons ou américains. Le

prix médian est celui qui avait le mieux résisté, avec une légère baisse de 2,7

%. C’est le signe que le coeur du marché était resté fort, grâce à la variété

des profils des acheteurs à Deauville, même quand les plus gros investisseurs

historiques se montrent prudents. 2011 est l’année du changement. D’abord dans

les dates des ventes, qui, notamment en raison de la modification dans le

nombre et le positionnement des journées du meeting de York, ont été décalées

de près de dix jours et débutent le lundi. C’est autant de temps supplémentaire

de préparation pour les yearlings, et de visite pour les acheteurs, car les

poulains étaient sur place dès jeudi soir. Ensuite dans l’accueil des acteurs,

avec un établissement flambant neuf qui peut être de nature à créer une

ambiance positive, et qui est aussi un signe fort de la bonne santé de notre

élevage et de nos courses. Enfin, dans le format de la vente, avec l’abandon de

la première journée d’hyper-sélection qui pouvait intimider certains

investisseurs, et la création de deux parties, celle du lundi et mardi, chaque

jour étant équivalent en qualité, et celle du mercredi et jeudi, également en

tous points comparables. Arqana a voulu un catalogue dense, homogène, qui

couvre tous les segments. Pour y arriver, les équipes ont réalisé un énorme

travail de prospection. Manifestement, l’offre proposée a séduit, compte tenu

de la fréquence à laquelle les chevaux sont sortis depuis vendredi, même si

certains ont déploré que la majorité des potentiels acheteurs étaient

étrangers. Raisonnablement, on peut tabler sur une consolidation des prix, sans

espérer de folles envolées. Un marché professionnel, à l’image de ce que sont

devenues au fil des ans ces ventes.

                                                 

LE

"DERNIER KINGMAMBO" EN VENTE A DEAUVILLE

Le lot

127, un poulain alezan présenté par le Haras des Capucines, est l’une des

attractions de la vente. La raison ? C’est le dernier produit du top-étalon

Kingmambo. Sa mère, Queen of Money (Corporate Report) est deuxième des Santa

Anita Oaks (Gr1) et a déjà produit des gagnants de Stakes aux États-Unis.

Michel Zerolo nous a raconté l’histoire de ce yearling pas comme les autres : «

Le poulain est le résultat d’un foal-sharing entre Dave Mueller, le

propriétaire de la jument, et John Stuart, qui avait droit à une saillie de

Kingmambo. L’étalon était âgé et avait des problèmes locomoteurs qui le

gênaient pour faire la monte, et, en 2009, il n’a rempli qu’une seule jument,

Queen of Money. Ensuite, il a été retiré de la monte. Ce yearling est donc le

dernier produit de Kingmambo. John Stuart, qui est un ami de longue date, m’a

gentiment demandé si je pensais que le poulain se vendrait bien à Deauville. En

effet, il s’est justement dit que les Européens ou les Japonais seraient plus

intéressés par le dernier fils de Kingmambo que les Américains, même si le

papier de la mère est typiquement américain. Le poulain est arrivé chez nous il

y a deux mois et demi. Il a très bien pris sa préparation. C’est un poulain

très facile, avec lequel nous n’avons eu aucun problème. Depuis qu’il est

arrivé, nous avons eu beaucoup de visites, et pas que de gens curieux de le

voir ! Il est vrai que c’est un poulain magnifique. »

QUI EST

JOHN STUART ?

John

Stuart est président de Bluegrass Bloodstock Services, une société d’élevage et

de consignment basée à Lexington, dans le Kentucky. « Il était déjà venu à

Deauville il y a 2 ans, pour les courses, mais jamais pour les ventes, explique

Michel Zerolo. Il a été très impressionné par l’établissement des ventes, qui

lui fait penser à Saratoga. Il est évidemment très excité par la vente de son

poulain. Mais il fait aussi d’une pierre deux coups, car il est co-propriétaire

de Hat Trick, le père de Dabirsim, qui vient de s’imposer dans le Prix Morny

(Gr1). »