A la decouverte de la famille botti

Autres informations / 15.09.2011

A la decouverte de la famille botti

Excelebration

(Exceed and Excel) a remporté le Prix du Moulin de Longchamp (Gr1), dimanche

dernier, sous l’entraînement de Marco Botti. L’occasion de découvrir une vraie

dynastie des courses, fondée en Italie et qui s’exporte maintenant en Europe.

À côté

d’eux, le Real Madrid, avec ses trente et un titres de champion d’Espagne, fait

figure d’un petit club de village. La famille Botti est l’équipe la plus titrée

d’Europe. Depuis 1973, l’année de leur premier titre de meilleur entraîneur en

Italie, les "Botti" ont terminé trente-cinq ou trente-sic fois têtes

de liste. Cette imprécision sur leur palmarès ne dépend pas d’un problème

d'information. Elle est liée à la saison 2009, 

quand les chevaux de l’écurie sont passés à la mi-saison de l’entraînement

"sociétaire" des Dioscuri Alduino & Giuseppe Botti à celui de

Stefano. Les victoires cumulées par l’écurie s’élevaient cette année-là à 276

(86 sous la licence Dioscuri et 190 pour Stefano), contre les 253 de Riccardo

Menichetti qui a réclamé le titre. L’Unire (la société-mère italienne) ne s’est

jamais prononcée sur cette question et les Botti se considèrent gagnants. Mais

ce n’est qu’un petit détail dans un palmarès incroyable. Les "Botti"

ont dépassé pour la première fois les 300 victoires en 2006 et l’année

suivante, ils ont établi un record européen difficilement battable : 331

victoires pour 1.436 partants, avec un pourcentage de réussite époustouflant de

23,05 %.

EDMONDO,

LE FONDATEUR

L’histoire

de la famille Botti dans les courses remonte aux années 50, quand Edmondo, le

père de Giuseppe et Alduino, ouvre une écurie à Milan. Homme de cheval formé à

l’ancienne école, Edmondo est obligé de se battre tous les jours avec des vieux

routiers, plus connus pour leurs problèmes que pour leur classe, mais il arrive

à s’en sortir, et de façon quelque peu satisfaisante. Il met le pied à l’étrier

à son fils aîné, Giuseppe (né en 1946), et au cadet Alduino (né en 1948).

Giuseppe, soi-disant "'mauvais jockey d’obstacle", remporte des courses,

alors qu’Alduino a le talent pour devenir un crack jockey mais, à 21 ans et

après 500 victoires, il est obligé d’arrêter sa carrière pour raison de poids.

GIUSEPPE

ET ALDUINO, INCONTOURNABLES EN ITALIE

C’est en

1969, suite à la disparition de leur père dans un accident de voiture, que

Giuseppe et Alduino décident de reprendre l’écurie. Le départ n’est pas facile

mais les deux frères arrivent bientôt à remplir leurs boxes. Les propriétaires arrivent,

parmi eux Luciano Salice (alors jeune cavalier amateur avant de connaître la

gloire avec Falbrav) et Emilio Balzarini, un négociant en bétail qui avait

acheté en Russie une douzaine de pur-sang et ne savait pas où les placer. Les

deux hommes sont encore là aujourd’hui et M. Balzarini est l’éleveur du

champion Ramonti. Le premier titre est acquis en 1973, avec des chevaux de

petite pointure exploités au mieux. Les victoires ne passent pas inaperçues et

les nouveaux propriétaires affluent. Giustizia, en 1978, devient la première

gagnante classique de l’écurie en remportant les Oaks d’Italie, une course que

les "Botti" ont dominée à six autres reprises, avec une seule défaite

en 1980. Carlo d’Alessio, le propriétaire qui avait gagné les 2.000 Guinées

avec Wollow (Wolver Hollow) et Bolkonski (Balidar), ainsi que trois Ascot Gold

Cup avec le Moss (Le Levanstell), choisit peu après les "Botti" pour

prendre la succession de Sergio Cumani (le père de Luca), mort prématurément.

LES

PETITS-FILS, DIGNES SUCCESSEURS

La

machine est lancée. Les frères remportent les derbies, les titres de tête de

liste s’accumulent dans le palmarès. Puis arrivent les enfants…Edmondo,

surnommé Endo par Giuseppe et Giustina, est le premier. Il débute comme jockey

à la fin des années 80 et remporte deux Cravaches d’or, ainsi que le Derby avec

Awelmarduk (Almutawakel) et le Grand Prix de Milan avec Electrocutionist (Red Ransom).

Stefano, le fils d’Alduino et de Donatella, voit le jour par la suite. Il

devient champion des amateurs, terminant quinze fois en tête du classement. Alessandro,

le frère d’Endo, après une courte carrière de jockey, devient

assistant-entraîneur dans l’entreprise de famille. Marco, le petit dernier, fils

d’Alduino, est lui aussi trop grand pour une carrière de jockey mais il arrive

quand même à gagner 380 courses. À présent, Alduino et Giuseppe ont la soixantaine.

Deux de leurs enfants sont partis voler de leurs propres ailes, alors

qu’Alessandro est responsable de l’antenne française de l’écurie familiale.

Marco, le plus international de la famille, est parti pour l’Angleterre et s’est

installé à son compte en 2006, à Newmarket. Endo, lui, a raccroché ses bottes

et pris une licence d’entraîneur en 2009 pour remporter la saison suivante son

premier Gr1 avec Jakkalberry (Storming Home). En Italie, on peut parler à juste

titre d’une entreprise Botti. Alduino, homme de terrain, s’occupe d’une

trentaine de chevaux qui sont restés à Milan dans la vieille écurie de Villa

Ballotta et supervise les quelque cent chevaux – les meilleurs – logés à

Cenaia, non loin de Pise, dans un centre d’entraînement privé, sous la férule

de son fils Stefano. Giuseppe est l’homme des relations publiques et des grands

projets. Il est venu s’installer en France fin 2008, s’entourant de son fils

Alessandro.

LA

REUSSITE DANS L’ELEVAGE EGALEMENT

L’entraînement

n’est pas la seule facette de l’activité hippique de la famille. Les

"Botti" sont aussi éleveurs, avec une quarantaine de poulinières sous

deux étiquettes différentes : Razza del Velino (en association avec M. Edoardo

Rolla) et Azienda Agricola Deni. Les deux noms associés ont terminé tête de

liste des éleveurs en Italie en 2010 et sont en train de "faire un

carton" cette année avec les victoire de Crackerjack King (Shamardal) dans

le Derby et de son frère aîné Jakkalberry (encore lauréat de Groupes cette

année), de la meilleure pouliche de 2ans, Cherry Collect (Oratorio) et de

plusieurs bons chevaux capables de s’illustrer au niveau Listed. Enfin, la

famille figure à la quatrième place du classement des propriétaires sous le nom

Dioscuri, avec cinquante courses gagnées.

UNE

ANTENNE EN FRANCE

Le turf

français a fait plus ample connaissance avec la famille Botti quand Giuseppe

est venu s’installer à Chantilly, fin 2008. C’est son fils, Alessandro, qui

l’assiste depuis le début de cette nouvelle aventure, et comme c’est le seul à

parler français pour le moment, c’est lui qui est devenu l’interlocuteur

privilégié des médias. « Quand mon père a pris la décision de venir en France,

en raison des problèmes que connaissaient les courses en Italie, notamment la

baisse des allocations, j’ai décidé de le suivre, explique-t-il. Je suis jeune

et j’ai pensé que cette nouvelle expérience serait formatrice. Avant de venir à

Chantilly, nous avions fait quelques voyages en France pour y courir des

chevaux, mais nous ne connaissions pas tant que ça les courses françaises. Cela

s’est tout de suite bien passé, même si le niveau est beaucoup plus relevé

qu’en Italie. C’est l’un des plus forts en Europe, à mon avis. » Alessandro,

qui a fait plusieurs stages en dehors de l’écurie familiale, notamment chez

Luca Cumani, à Newmarket, est l’assistant de son père. À plus ou moins court

terme, il devrait passer sa licence d’entraîneur. Bubble Chic

(Chichicastenango), en prenant la deuxième place du Prix du Jockey Club (Gr1)

cette année, a permis à l’écurie Botti de prendre une autre dimension en

France. Actuellement, elle compte une trentaine de pensionnaires, pour une

vingtaine de propriétaires différents, en majorité Italiens.