L’econome galikova

Autres informations / 30.09.2011

L’econome galikova

Irréprochable

cette année, Galikova (Galileo) sera l’une des favorites du Qatar Prix de l’Arc

de Triomphe (Gr1). Elle est la meilleure de sa promotion sur cette distance et

sa victoire avec de la marge dans le Qatar Prix Vermeille (Gr1) est là pour le

prouver. Elle a rempli son contrat en gagnant son Gr1 et son entourage peut

rêver d’une cerise sur le gâteau dimanche. Ce qui serait une belle histoire

pour les cent ans de la casaque Wertheimer. Inutile de chercher des points de

comparaison entre Galikova (Galileo) et sa légende vivante de soeur, Goldikova

(Anabaa). Celui qui serait le mieux placé pour le faire, c’est Freddy Head, qui

entraîne les deux. Pourtant, à chaque fois qu’un imprudent tente de l’amener

sur ce sujet, l’entraîneur lui répond gentiment : « On ne peut pas les

comparer… Surtout pas ! ». À ce jeu risqué, on aurait tout de même envie de

trouver une ressemblance : cette façon particulière dans l’effort de baisser la

tête qui témoigne de cette fascinante envie de galoper. Sinon, elles sont sur

des registres de distance différents et surtout, chacune possède un style bien

à elle. À l’âge de 3ans et même ultérieurement, Goldikova était capable de

décrocher ses adversaires en deux foulées. Ceux qui veulent s’en persuader

peuvent revoir sa victoire dans le Prix Chloé (Gr3). Galikova, au contraire,

met plus de temps à se détacher. Pouliche froide, elle fait l’économie de ses

efforts et met du temps à s’enclencher. Elle ne gagnera jamais de loin, mais

tant qu’elle peut gagner, elle le fait. Dimanche, on pourrait voir l’économe

Galikova presque à la peine dans la fausse ligne droite. Un peu prise de

vitesse. Mais Olivier Peslier a un don avec ces chevaux-là. Il saura la

cadencer pour qu’elle ne décroche pas. Et, une fois son action trouvée,

Galikova risque de "manger" plusieurs adversaires dans la phase

finale qui n’ont, eux, qu’une "pointe". Galikova possède aussi un

autre avantage : comme sa soeur, elle sort vite des stalles. Dans une course

comme "l’Arc", où chaque détail compte, celui-ci à son importance. Il

est plus facile d’aller au bout quand on n’a que cinq ou six adversaires à

dépasser – dont deux leaders "rincés" – qu’une bonne dizaine.

LE PRIX

DE DIANE ? UNE COURSE A OUBLIER

Favorite

du Prix de Diane - Longines (Gr1), Galikova y a été battue. On peut revoir la

course cinquante fois, ce n’est pas la vraie Galikova qu’on y a vu et peu

importe les raisons. Ce qu’il faut surtout souligner, c’est qu’avec son profil

de jument froide, montée ce jour-là par la force des choses plus loin qu’à

l’accoutumée, Galikova avait en fait très peu de chances de vaincre. Elle

aurait gagné facilement s’il n’y avait pas eu de pouliches sortant de

l’ordinaire dans la course. Or, il y en avait une. C’était Golden Lilac

(Galileo). Cette pouliche de 1.600m, avec son changement de jambes rapide,

était avantagée sur un tracé comme Chantilly, qui ne favorise pas les retours

au centre de la piste – sauf pour Latice (Inchinor), une championne

sous-estimée pour son exploit dans le "Diane". De plus, le Prix de

Diane se disputant sur 2.100m, on arrive au même raisonnement que l’on effectue

pour le "Jockey Club" (Gr1), couru désormais sur la même distance.

Depuis que c’est le cas, on dit, et c’est vrai, qu’il favorise les milers.

C’est aussi le cas pour le Prix de Diane où des pouliches de 1.600m comme

Golden Lilac peuvent battre des pouliches de 2.400m comme Galikova.

LES

POULICHES MEILLEURES QUE LES MALES EN 2011 : C’EST UNE REALITE

Les

premières rencontres des pouliches face aux mâles, qu’elles soient intergénérationnelles

ou non, ont montré une évidence que l’on pressentait : les pouliches sont

meilleures que les mâles. Plusieurs résultats l’ont démontré ces dernières

semaines. L’évidence, c’est la victoire d’Immortal Verse (Pivotal) dans le

"Jacques Le Marois" (Gr1). Une semaine plus tôt, Moonlight Cloud

(Invincible Spirit) terrassait l’opposition dans le "Maurice de

Gheest-Goldikova" (Gr1). Également, à Deauville, et il ne faut pas

l’oublier, Galikova a battu ses mâles contemporains –dont Golden Lilac et le

gagnant du Derby allemand

– dans

le "Guillaume d’Ornano" (Gr2). D’ailleurs, le fait que Galikova et

Golden Lilac aient choisi d’aller affronter les mâles plutôt que de retourner

affronter des pouliches qu’elles avaient déjà battues en s’orientant vers la

"Nonette" (Gr2), est un signe. Même si le "Guillaume

d’Ornano" a désormais une allocation survitaminée. Outre-Rhin, un exemple

amène au même constat. C’est celui de Danedream (Lomitas), qui a, par deux

fois, battu les mâles et ses aînés dans des Grs1. Elle aussi vient tenter sa

chance dans "l’Arc".

DES

DEBUTS EN FANFARE

Comme

avec Goldikova, Freddy Head n’a pas choisi n’importe quelle course pour débuter

Galikova. L’aînée a remporté le Prix de Toutevoie (F) et la cadette le Prix de

la Cascade (F). Ce sont deux maidens qui, historiquement – car ce n’étaient pas

des "F" auparavant – avaient du sens. On n’y débutait pas des

pouliches de seconde zone. Favorite le 18 septembre 2010, Galikova n’avait fait

qu’une bouchée de l’opposition et elle avait (déjà !) fait dire à Freddy Head :

« Surtout, pas de comparaison avec sa soeur ! C’est une pouliche qui a ses

propres aptitudes qui ne sont pas les mêmes que celles de Goldikova. Elle est

différente de sa soeur. C’est une professionnelle, mais elle doit encore apprendre

à courir. Elle est un peu "bébé" et un peu verte, mais elle a

beaucoup de moyens. Elle a moins de vitesse que sa soeur. » Puis il concluait

sur le ton de la plaisanterie: « Peut-être qu’elle est meilleure que sa

soeur... » Suite à cela, Freddy Head avait opté pour le "Marcel

Boussac" pour Galikova. C’était avant tout – et il avait prévenu– une

course pour apprendre. Galikova y terminait cinquième avant de rester

tranquille jusqu’en 2011. Comme sa soeur, qui n’avait couru que deux fois à 2ans

avant d’hiverner.