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Qatar prix foy (gr2) : mission accomplie pour l’audacieuse sarafina

Autres informations / 12.09.2011

Qatar prix foy (gr2) : mission accomplie pour l’audacieuse sarafina

Sarafina

(Refuse to Bend) et Christophe Lemaire ont joué avec les nerfs de leurs

supporters dans la ligne droite du Qatar Prix Foy (Gr2). Après un parcours

d’attente, durant lequel elle s’est montrée brillante, la championne de Son

Altesse Aga Khan est arrivée avec beaucoup de ressources sur la ligne des

chevaux de tête, dont faisait partie le japonais Hiruno d’Amour (Manhattan

Café). Elle s’est engouffrée dans un trou de souris entre ce dernier et St

Nicholas Abbey (Montjeu), après avoir filé ses rivaux. Sur le moment, on a pu

penser qu’elle et son partenaire avaient forcé le passage. C’est d’ailleurs ce

qui a déclenché une enquête, finalement sans suite. Mais il n’en était rien et

Sarafina a dicté sa loi avec autorité à un Hiruno d’Amour prometteur. À trois

semaines du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1), dont elle est la favorite,

Sarafina a assuré l’essentiel : gagner sans avoir une course dure. Dernier

entraîneur lauréat du "Foy" avec une femelle – c’était avec Pride

(Peintre Célèbre) en 2006 –, Alain de Royer Dupré abondait en ce sens : « On

voulait une course pas trop dure et je ne pense pas qu'elle ait fait un effort

trop long, ce qui est très important. Sarafina a toujours cette rage de passer

ses adversaires, mais a aussi ce défaut d'être un peu brillante quand elle est

trop fraîche. Elle le sera probablement beaucoup moins dans trois semaines. »

Il le faudra car l’opposition sera bien plus relevée et "l’Arc" ne

pardonne pas ce genre de défaut. Si les observateurs étaient surpris du choix

tactique de Christophe Lemaire, le premier jockey de S.A. Aga Khan était lui

sûr de son fait : « Quand j’ai vu que j’allais bien, mieux que les japonais, je

n’ai pas voulu faire le tour de mes rivaux. J’ai lancé ma pouliche, d’autant

que j’avais la place, mais Hiruno d’Amour s’est couché sur nous. Cette course

est une bonne préparation pour "l’Arc". Elle était un peu brillante,

mais elle est comme cela quand elle court sur sa fraîcheur. Cela ne l’empêche

pas de bien respirer. » Attentiste dans une course emmenée par Nakayama Festa

(Stay Gold), Sarafina a tiré durant plus d’un kilomètre. Lorsque son jockey lui

a "lâché la tête", elle a refait plusieurs longueurs sur des chevaux

de Gr1 lancés à pleine vitesse, signe de sa classe. Elle a marqué des points en

vue de "l’Arc", sans pour autant faire figure d’épouvantail.

LA

COURSE PLEINE DE PROMESSES D’HIRUNO D’AMOUR

Le

japonais Hiruno d’Amour n’avait plus couru depuis son succès dans le Tenno Sho

(Gr1) sur 3.200m, le 1er mai. Il avait donc le désavantage d'effectuer sa

rentrée et de découvrir Longchamp. Pourtant, le pensionnaire de Mitsugu Kon a

fait jeu égal avec Sarafina, qui était en meilleure condition que lui.

Logiquement, Hiruno d’Amour devrait être beaucoup plus incisif dans trois

semaines et il pourrait alors faire bien mieux que son père, Manhattan Café,

inexistant dans "l’Arc" 2002. D’un beau modèle, harmonieux, Hiruno

d’Amour est aussi très efficace dans sa façon de courir. Dans la ligne droite,

il a véritablement fait plier St Nicholas Abbey, et le partiel des quatre cents

aux deux cents derniers mètres a été très bon (10’’82). Il sera redoutable dans

"l’Arc". Son entourage nous a confié : « Il court vraiment bien et

nous sommes ravis de sa performance. Il va progresser là-dessus, ce qui est de

bon augure pour "l’Arc".»

PAS

ASSEZ DE RYTHME POUR ST NICHOLAS ABBEY

Habitué

aux trains sélectifs orchestrés en Angleterre et en Irlande, St Nicholas Abbey

n’a pas bénéficié d’une course rythmée comme il les aime. Après avoir suivi

Nakayama Festa, il a connu des difficultés pour le dépasser et ne lui a

finalement pris qu’une demi-longueur au passage du poteau. Son entraîneur,

Aidan O’Brien, nous a déclaré : « La course n'a pas été très rythmée, mais

c'était la même chose pour tout le monde. On voulait montrer le parcours à St

Nicholas Abbey et il s'y est bien fait. Pour lui, "l'Arc" reste une

possibilité parmi d'autres, tout comme en ce qui concerne So you Think. Rien

n'est encore défini. » On attendait un peu mieux de St Nicholas Abbey et sa

performance dominicale nous laisse dans l’expectative en vue de

"l’Arc".

NAKAYAMA

FESTA EFFECTUE UNE PROBANTE RENTREE

Si

Hiruno d’Amour n’avait plus participé à la moindre compétition depuis le 1er mai,

Nakayama Festa était, lui, absent depuis beaucoup plus longtemps. Il n’avait

pas couru depuis le 28 novembre 2010. Au rond de présentation, son physique

trahissait son manque de compétition. Néanmoins, son jockey n’a pas hésité à

aller devant et il a fourni une ligne droite encourageante pour une rentrée

après une très longue absence. Deuxième de cette course l’an dernier, il a

terminé quatrième, tout près, et il devrait retrouver la condition qui était la

sienne l’an passé.

ON

RETROUVE SADLER’S WELLS ET DARSHAAN

Élevée

par S.A. Aga Khan, Sarafina est une fille de Sanariya, qui courait en

Angleterre chez Sir Michael Stoute. Cette dernière est une fille de Darshaan,

avec qui Alain de Royer Dupré trouve des comparaisons physiques. Sanariya n’a

jamais gagné en cinq courses et compte comme meilleure performance une deuxième

place dans un maiden. Sarafina est son cinquième produit à avoir couru et sa

cinquième gagnante. Avant elle, on a pu voir en piste Sanaya (Barathea),

gagnante du Prix Casimir Delamarre (L), placée de Grs3 et candidate au Prix de

Diane (Gr1) 2006, ainsi que Sanjida (Polish Precedent), pouliche parfois peu

volontaire, placée de Grs3 et également candidate au Prix de Diane, en 2008.

Toutefois, elle y jouait le rôle de leader pour Zarkava (Zamindar). Après

Sarafina, Sanariya a donné Sandagiyr (Dr Fong), vainqueur du Prix de Pontarmé

(L) à Chantilly. Deuxième mère de Sarafina, Sanamia (Top Ville) a couru trois

fois et a gagné un maiden à 3ans, à Tipperary, sur 2.400m. Elle était entraînée

par John Oxx.  Pour retrouver le

"Grand Pedigree" de Sarafina, consultez notre édition du 15 juin

2010.