Reliable man, le classicisme incarné

Autres informations / 23.09.2011

Reliable man, le classicisme incarné

En

remportant le Prix Niel (Gr2), Reliable Man (Dalakhani) a été propulsé comme

l’un des chevaux les plus en vue du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe (Gr1). On

aurait pu écrire cette phrase dès son succès dans le Prix du Jockey-Club (Gr1),

tant cette victoire avait ébloui. Mais voilà, entre temps, le cheval a déçu

dans le Grand Prix de Paris (Gr1). Alain de Royer Dupré a toujours déclaré que

cette contreperformance était due au terrain léger de ce 14 juillet à

Longchamp. Jamais il n’a invoqué un doute sur la tenue de Reliable Man. La

victoire du gris le 11 septembre dans le Prix Niel lui a donné raison. Reliable

Man présente la particularité de n’avoir débuté qu’à 3ans. Il s’était imposé à

Saint-Cloud, le 12 avril, sur 2.000m, face à des chevaux ayant déjà couru.

Excellente impression confirmée dans une « B » le 9 mai à Chantilly, sur la

piste du Jockey-Club. Comme un parcours de reconnaissance avant le grand

rendez-vous du mois de juin. Dans notre Derby, riche d’un peloton de seize

partants, Reliable Man a montré sa maniabilité. Ce sera l’un de ses atouts dans

l’Arc, une course où il faut savoir jouer des coudes et encaisser les coups. Au

cours des onze dernières années, le Prix Niel a fourni quatre lauréats de

l’Arc. Il s’agit de Sinndar (Grand Lodge), en 2000, Dalakhani (Darshaan), le

père de Reliable Man, en 2003, Hurricane Run (Montjeu) en 2005, et Rail Link

(Dansili) en 2006. Autant dire que cette préparatoire, pour les mâles de 3ans,

est une référence. La suprématie des 3ans dans l’Arc est également

incontestable. Recevant 3,5 kilos de leurs aînés, les 3ans ont remporté 13 des

seize dernières éditions du Gr1.

UN

PREMIER LAURÉAT ISSU DU JOCKEY-CLUB NOUVELLE FORMULE ?

Si

Reliable Man venait à s’imposer dans le Prix de l’Arc de Triomphe, il

deviendrait le premier lauréat du Jockey-Club nouvelle formule à réaliser le

doublé. Avant le coup, il semble détenir le meilleur profil pour y parvenir.

Depuis que le derby français a été raccourci de trois cents mètres, aucun de

ses vainqueurs n’a pu s’imposer début octobre à Longchamp. Pire encore, seuls

deux ont disputé l’Arc. Il s’agit de Vision d’État (Chichicastengo), également

lauréat du Prix Niel, et qui avait pris la cinquième place de l’Arc en 2008, et

Lope de Vega (Shamardal), malheureux dans la dernière édition « stock car ».

Les trois autres (Le Havre (Noverre), blessé après le Jockey-Club, est parti au

haras) peuvent être considérés comme des milers étant parvenus à tenir les

2.100m de Chantilly. Pourtant, l’une des justifications de ce raccourcissement

était la progressivité dans la carrière du cheval, qui permettait de l’amener

des 2.100m en juin, à 2.400m en octobre. Une comparaison avec le Jockey-Club

ancienne formule s’impose. Le dernier auteur du doublé se nomme Dalakhani. Ce

n’est autre que le géniteur de Reliable Man. Avant lui, et en remontant

jusqu’en 1980, il y avait aussi eu Montjeu (Sadler’s Wells), en 1999, Peintre

Célèbre (Nureyev), en 1996, et Suave Dancer (Green Dancer) en 1991. Même s’ils

ne se sont pas imposés à Longchamp, on peut tout de même retenir les noms de

Sulamani (Hernando), deuxième en 2002, et Bering (Arctic Tern), deuxième en

1986.

FILS DE…

Reliable

Man est issu d’un étalon lauréat de l’Arc. Hurricane Run présentait également

cette particularité, lui qui a fait aussi bien que son père Montjeu, lauréat en

1999. En remontant dans le temps, on pointe également les noms de Saumarez,

dont le père, Rainbow Quest, s’était illustré en 1985, Allez France, une fille

de l’inoubliable Sea Bird, ou beaucoup plus loin, Prince Royal II, un fils de

Ribot, double lauréat de l’Arc.

UNE

ÉCURIE DE GROUPE DE LUXE

Reliable

Man porte les couleurs du Pride Racing Club. Cette écurie de groupe a été créée

en 2009 par les éleveurs de Pride (Peintre Célèbre). Carina Klingberg-Hanson

nous avait raconté la genèse de ce syndicat au lendemain de la première

victoire de Reliable Man : « Nous avons une dizaine de poulinières dans notre

haras du Vieux Pont, en Normandie, et élevons pour faire courir plutôt que pour

les ventes. En effet, en présentant des yearlings aux ventes, on ne sait jamais

dans quelle maison nos produits vont aller, or nous voulons mettre toutes les

chances de notre côté pour que les chevaux soient exploités au mieux. Mais

économiquement, garder tous nos produits n’est pas viable. Nous avons donc

décidé de créer ce syndicat, le Pride Racing Club, pour travailler sur le long

terme, avec Alain de Royer Dupré. Une autre raison nous a motivé : gagner des

courses est toujours un plaisir, mais c’est parfois triste quand nous ne sommes

que deux, mon mari et moi, concernés. A plusieurs, la convivialité et la joie d’aller

aux courses et de voir un de nos produits gagner sont décuplées. »