Une politique a contre-courant

Autres informations / 29.09.2011

Une politique a contre-courant

 « Deux événements ont ponctué l'actualité de

l'Institution cette dernière semaine : le projet de rachat de Gény par les

sociétés-mères du Galop et du Trot, et la désignation par le corps des cooptés

du Galop de cinq nouveaux représentants au futur Comité de France Galop. Or ces

deux péripéties, indépendantes l'une de l'autre, traduisent une démarche

rétrograde qui annonce des lendemains bien difficiles pour un Galop que nous

jugeons déjà mal en point.

 1) Pourquoi le Trot et le Galop ont-ils décidé

de racheter Gény au PMU (transaction différée de quelques jours pour examen par

l'État) qui en était devenu l'unique actionnaire ? Pour devenir les seuls

propriétaires et éditeurs du nouveau quotidien "Geny Courses" qui a

pour objet de développer l'information des turfistes et de concurrencer les

médias existants, jugés insuffisants en matière de couverture par les nouveaux

actionnaires de Geny. La SECF et France Galop deviennent ainsi éditeurs de

presse. Est-ce leur métier ? Il est difficile de le croire. L'objectif des

Sociétés de courses est de contrôler la communication du secteur, ayant le

projet sous-jacent de prendre le contrôle direct d'Equidia. Les tours d'ivoire

que sont France Galop et la SECF se vivent comme des autorités toutes

puissantes. Toutefois, ce dessein politique de contrôle de type étatique

renvoie à des temps révolus, discrédité dans un monde soucieux de préserver

l'indépendance et la liberté des médias.

 2) Dans le plus grand secret, les cooptés de

France Galop ont désignés cinq nouveaux représentants à France Galop. Mis à

part Bertrand Bélinguier dont la notoriété et l'ambition présidentielle sont

connues de tous, les quatre autres promus sont peu connus des professionnels de

la filière. Trois d'entre aux étant surtout des commissaires. Est-ce ainsi que

France Galop va évoluer ? On peut en douter. Et pourtant l'occasion était

propice : on disposait de cinq places vacantes, ce qui est rarissime. Et surtout

des candidatures compétentes s'étaient fait connaître. Par exemple, celle de

Louis Romanet, considéré sur le plan mondial comme le plus grand spécialiste

des courses, mais pas retenu par les cooptés qui ont préféré élire des

commissaires anodins. Dans le même sens, un Président compétent d'une grande

société de Province avait espéré être désigné. Comme Louis Romanet, il a fait

plouf. À se demander si la conformité et l'anonymat étaient les critères de

base de recrutement des cooptés qui continuent pourtant de diriger en silence

France Galop. Pendant ces péripéties qui nous font évoluer à contre-sens du

monde contemporain, la filière professionnelle du Galop s'époumone à force de

crier sa précarité et la nécessité de bouleversements considérables pour se sauver.

C'est sur la base de ces constats alarmants, que s'est créé le Groupe de

réflexion Paradi que j'appelais de mes voeux. Car aujourd'hui il faut avoir le

courage de dire publiquement quelques vérités, ce que nous faisons modestement

dans cet article. Oui, France Galop est dirigée majoritairement par un aréopage

de juges, et ce n'est pas ainsi que l'on peut promouvoir la gouvernance dont

nous avons impérativement besoin, celle qui promeut une culture du résultat.

Oui, c'est une erreur politique d'étendre le contrôle des Société-mères sur la

presse et peut-être sur Equidia. C'est l'inverse de l'ouverture et de

l'indépendance que requiert le journalisme aujourd'hui. Oui, ces faits le

prouvent, l'Institution cultive des réflexes qui appartiennent à un passé obsolète

et condamné. Tout le monde le pense, personne n'ose le dire publiquement.

Paradi le fait. »

Groupe

Paradi, Eric Puerari, thinktank.paradi@gmail.com