45e conference internationale des autorites hippiques : reflexions sur l’avenir des courses mondiales

Autres informations / 04.10.2011

45e conference internationale des autorites hippiques : reflexions sur l’avenir des courses mondiales

Le thème

de l’Open Forum (la partie ouverte à la presse) de la 45e conférence

internationale, qui a eu lieu lundi, au siège de France Galop, concernait l’avenir

de l’industrie des courses. Différents intervenants ont pris la parole pour

présenter le cas de leurs pays respectifs. Voici ce qu’il faut retenir de ces

exposés.

COMMENT

PREDIRE L’EVOLUTION DU CHIFFRE D’AFFAIRES ?

Aki

Akitani, à la fois secrétaire général de la FIAH et représentant de la JRA, a

présenté une théorie pour prédire l’évolution du chiffre d’affaires des enjeux

dans chaque pays. Il l’a élaborée à partir de l’observation de la situation au

Japon. Elle est basée sur deux critères majeurs : la population en âge de

consommer et le taux de pénétration des courses dans le pays considéré, combiné

au pouvoir d’achat de la population. Premier cas de figure : le pays bénéficie

d’un « bonus de population », c’est-à-dire que les personnes en âge de consommer

sont très nombreuses ; le taux de pénétration des courses dans la société est

faible, le pouvoir d’achat important. Dans ce cadre, l’avenir s’annonce

brillant. Deuxième cas de figure: le pays rencontre un « malus de population »,

un taux de pénétration faible et un pouvoir d’achat important. Il faut faire un

effort sur la promotion des courses. Troisième cas de figure : un bonus de

population, associé à un fort taux de pénétration des courses et un pouvoir

d’achat élevé. Il faut être prudent, car vous êtes proches de la saturation du

marché. Il ne faut pas tomber dans le surinvestissement. Dernier cas de figure

: malus de population, fort taux de pénétration et fort pouvoir d’achat.

L’avenir s’annonce compliqué, mais l’une des solutions peut être de diversifier

votre cible de marché au-delà des frontières traditionnelles, qu’elles soient

géographiques ou qu’elles concernent le profil des clients (sensibiliser les

femmes, les jeunes générations, ou bien récupérer les plus anciens…). Une autre

peut concerner l’efficacité des courses. Selon la théorie de « less is more »,

moins de jours de courses peuvent apporter plus de partants et accroître le

chiffre d’affaires. C’est l’exemple de Monmouth Park qui, en diminuant le

nombre de ses jours de courses, a accru à la fois son C.A. et sa fréquentation.

Enfin, la dernière solution consiste en une diversification de l’offre, à

l’image de ce qu’a fait le PMU en proposant des paris sportifs et du poker.

L’EXEMPLE

DE L’AMERIQUE DU NORD

James

Gagliano, Président du Jockey-Club américain, est venu présenter l’étude

réalisée par le cabinet de consulting McKinsey, pour faire un état des lieux

des courses en Amérique du Nord et proposer des mesures visant à améliorer la

santé de notre sport. Cette étude a révélé que le déclin des courses

américaines s’explique par leur incapacité à innover pour trouver de nouveaux

parieurs. La concurrence avec d’autres jeux d’argent, une image de marque

détériorée, un calendrier des courses trop dispersé, un mauvais accueil des

joueurs sur les hippodromes, la perte de contrôle de la diffusion des images

des courses… sont autant de facteurs qui expliquent le déclin des courses

américaines. Les recommandations de McKinsey sont les suivantes Organiser moins

de courses, mais d’un meilleur niveau ;

Créer

des plateformes de paris innovantes ; Améliorer le service aux clients ;

Améliorer la couverture télévisée des courses ; Simplifier le pari via des jeux

« en accès libre » sur Internet; Créer des jeux virtuels, tels que FarmVille,

où le joueur peut élever et entraîner ses chevaux, se mesurer à des

amis…Développer le bien-être animal ; Proposer des outils d’information à

destination des propriétaires; Développer un guide de bonnes pratiques au sein

des hippodromes.

LES

EFFORTS BELGES

Thierry

Lohest, représentant le Jockey-Club belge, est venu présenter la situation de

son pays. Après une période dorée entre 1975 et 1985, les courses belges ont

décliné de façon dramatique. Une mauvaise gestion des décideurs, l’arrivée des

bookmakers, l’accès facile pour les parieurs à des produits plus attractifs

(notamment les courses françaises, pour lesquelles aucun prélèvement n’était

dû) ont précipité la chute. Les allocations ont chuté, ainsi que le nombre des

naissances, et le montant des paris. Mais une nouvelle loi sur les paris a été

votée cette année (prévoyant notamment un retour à la filière pour tous les

paris, même sur les courses étrangères), ainsi que des alliances

internationales (notamment avec la France). Ensemble, elles devraient permettre

de relancer les courses belges.

QUAND LA

PRESSE S’EN MELE…

Pour la

première fois, trois journalistes figuraient parmi les intervenants de cette

conférence. Howard Wright, du Racing Post, Steve Crist, du Daily Racing Form,

et Steve Moran, de Bestbets.com, ont tous insisté sur le rôle fondamental des

médias pour promouvoir les courses. Connaître les journalistes et les traiter

décemment, savoir qui sont les décideurs dans les différents médias, savoir se

servir des nouvelles technologies, comme Twitter, faire entrer les courses dans

les médias de masse, faire reconnaître les courses comme un vrai sport, avec

ses stars et un système de championnat international, s’efforcer de donner plus

de transparence aux courses et simplifier les paris… Autant de pistes de réflexion

que ces trois journalistes d’expérience ont livrées à l’assemblée.

LES

CHIFFRES CLES DES COURSES MONDIALES EN 2010

109.000

foals nés en 2010, soit une baisse de 7,1 % par rapport à 2009.

154.000

courses de plat, 8.000 d’obstacles, soit un recul de 3 % par rapport à 2009

(premier déclin depuis trois ans).

2.86

milliards d’euros distribués en allocations. En tenant compte de la

dépréciation de l’euro par rapport aux autres devises, cela correspond à une

baisse de 1,6 % par rapport à 2009.

88

milliards d’euros d’enjeu, soit un recul de 1,4 %, en tenant compte de la

variation du taux de l’euro.