A propos des courses etrangeres sur equidia

Autres informations / 20.10.2011

A propos des courses etrangeres sur equidia

Nous

avons pris bonne note dans votre édition de mardi 18 octobre des réflexions de

David Powell, éleveur et manager dont le franc-parler est connu et apprécié de

tous, à propos des retransmissions des courses étrangères sur Equidia. Ce n’est

pas la première fois que nous entendons cela et il est sans doute temps

d’éclaircir quelques points à ce sujet. Pour mémoire, il nous est notamment

reproché de sacrifier la retransmission de grands rendez-vous internationaux

pour assurer celle d’autres épreuves plus modestes en France. Nous ne devrions

pas davantage attendre la diffusion des différés pour annoncer le résultat des

courses. Enfin, David Powell se fait l’écho d’un grand nombre de professionnels

lorsqu’il se demande qui peut bien parier sur des programmes étrangers plus

modestes, dont les parieurs savent peu de choses. Le développement du

calendrier international diurne n’est pas sans provoquer des incidents car les

horaires ne peuvent pas toujours être convenablement aménagés. Il faut aussi

prendre en compte les éventuels retards, en France comme à l’étranger, qui

bouleversent encore l’organisation déjà fragile d’une succession de départs

tous les quarts d’heure, voire toutes les dix minutes. Cela nous oblige à des

arbitrages qui sont souvent faits dans l’urgence, mais généralement avec le

double souci de préserver les revenus des sociétés de courses, au travers

desquelles est financée toute la filière, et l’intérêt sportif de nos

émissions. Il est donc vrai qu’à l’occasion, la diffusion de programmes

étrangers de premier plan puisse souffrir de cette promiscuité avec des

épreuves de moindre qualité mais disputées sur notre sol. L’exemple de Merano,

cité par David Powell, en est l’illustration : le correspondant officiel de

l’hippodrome transalpin a annoncé un départ à une certaine heure et le starter

a lâché l’élastique cinq minutes plus tôt… alors que l’on allait partir sur

l’hippodrome de Craon ! Après quoi les courses s’enchaînaient difficilement et

il était devenu délicat de montrer le Grand Prix de Merano plus tôt. Ceux qui

avaient étudié avec soin et espoir le handicap mayennais simultané au Grand

Prix auraient sans doute apprécié modérément qu’Equidia prenne la liberté de

sacrifier sa diffusion sur l’autel des émois tyroliens…Les professionnels

doivent essayer de comprendre qu’Equidia est avant tout au service des

parieurs. Ce sont leurs enjeux qui permettent d’alimenter les allocations dans

ce pays, allocations qui en retour financent des épreuves dites de sélection

justement si chères aux professionnels. C’est un fait. Pas un jugement. Par

ailleurs, les études menées auprès de nos téléspectateurs montrent qu’ils ne

veulent surtout pas connaître le résultat d’une course avant d’y assister

lorsque sa diffusion est différée. De la même façon, qui aura raté le direct

d’une rencontre sportive préfèrera souvent regarder ce match ensuite sans en

connaître l’issue. On n’a pas davantage envie de savoir quel sera le dénouement

d’un film que l’on n’a pas encore vu. Il ne s’agit donc pas d’infantiliser notre

public. Il s’agit de prendre en compte en premier lieu ce que lui nous demande.

Enfin, il se trouve que les mini-réunions de soirée, à Windsor ou ailleurs, au

trot comme au galop, ont rencontré un public qui leur est fidèle. Leur

contribution explique en partie la hausse continue des enjeux dans ce pays, et

la progression des allocations –bien françaises, celles-là- qu’elle autorise.

Avant leur apparition, il n’y avait rien à ce moment-là. Pas d’enjeux, et pas

de revenus supplémentaires. Bien sûr, nous préférerions tous avoir le beurre,

l’argent du beurre et les différents suppléments que promet l’adage. Il

faudrait pour cela que les horaires des courses que nous retransmettons soient

harmonisés. Or ce n’est pas le cas. Les autorités hippiques des cinq continents

ne montent pas encore aux ordres d’Equidia !

Emmanuel

Roussel Rédacteur en Chef, Equidia