à la decouverte du fabuleux pays du breeders’ cup

Autres informations / 05.11.2011

à la decouverte du fabuleux pays du breeders’ cup

BREEDERS’ CUP   

À LA DECOUVERTE DU

FABULEUX PAYS DU BREEDERS’ CUP

Louisville, Kentucky. En voyant ma destination finale, le

préposé à la police des frontières de Charlotte, où j’avais une correspondance,

ne s’y est pas trompé. « Tourisme ? »

« Oui, Monsieur. » « Quelle est votre profession ? » «

Journaliste. »

J’ai regretté ce mot au moment où je l’ai prononcé ! « Vous

ne venez pas couvrir le Kentucky Derby, vous êtes sûre ? »

« Absolument, je suis en vacances. Et ce n’est pas le

Kentucky Derby, mais le Breeders’ Cup, Monsieur ! » Oups, encore une fois,

j’aurais mieux fait de me taire. « Ah ! Vous voyez que vous connaissez. Je vous

préviens, si vous venez pour travailler, nous pouvons vous renvoyer chez vous,

et ne plus vous permettre de venir sur notre sol à l’avenir. Compris ? » «

Compris, Monsieur. » Il m’a regardée, je l’ai regardé, il a fait une moue

bizarre, j’ai piqué un fard. Bref, il m’a laissée entrer sur le sacro-saint sol

américain.

Une fois arrivée à Louisville, mes affaires se sont

arrangées. En ce moment, la ville ne vit que par et pour le Breeders’ Cup, et

les gens ne demandent qu’à vous rendre service, surtout quand ils se rendent

compte que vous n’êtes pas du coin. J’ai même eu le droit à un « Vous venez

d’Australie, vous aussi ? », que j’ai presque pris comme un compliment.

Vendredi matin, j’ai voulu arriver tôt sur l’hippodrome, le décalage horaire

ayant de toute façon annihilé mes espoirs de grasse matinée récupératrice. Dans

la navette qui achemine les journalistes de l’hôtel au champ de course, j’ai pu

avoir un court aperçu de Louisville. L’endroit ne se prête guère au tourisme

(je comprends mieux mon cher policier). On traverse une banlieue que j’imagine

typique de ce coin des états-Unis, faite de petites maisons sans prétention,

mais souvent ornées d’un drapeau américain et de quelques sièges en devanture.

Ne manquent que les occupants pour que le cliché soit parfait.

 

J’aperçois Churchill Downs, et ses deux grandes tours. Mais

avant, direction la ligne d’en face, là où sont implantées les écuries. Un

grillage sépare les barns de la route, et je peux voir les postulants au

Breeders’ Cup brouter un peu d’herbe après leur travail matinal. Finalement,

notre chauffeur nous abandonne devant l’entrée de l’hippodrome. À 9 heures, il

est encore vide, mais cela ne m’empêche pas de me perdre suffisamment pour

avoir une idée de l’ambiance, une fois les hostilités commencées. Des stands

"Cold Beer", "Grey Goose" (avec un cocktail special

Zenyatta, mais comment les blâmer ? Goldikova a bien le sien au bar du Royal…),

des saucisses, des hamburgers, du gras un peu partout ! On est bien aux

états-Unis.

La salle de presse est aussi à la mesure de l’événement. Une

vraie ruche, où chaque journaliste a une placée réservée. S’il arrive à la

trouver, parmi la trentaine de rangées qui la composent. Mais l’Américain est

toujours prêt à rendre service, et le service de presse se démène pour trouver

une place à « the girl from Jour de Gallop ». « Ca sonne tellement français »,

me dit-on. Certes, sauf que chez nous, c’est Galop avec un seul "l".

L’an prochain, ils sauront !

13 h 30. Mes voisins arrêtent de taper fébrilement sur leur

clavier. L’hymne national retentit sur l’hippodrome. Tout le monde se lève, et

observe le silence. Une expérience inédite lorsque l’on est habituée aux salles

de presse françaises. J’aurais bien osé un « Allez Goldi ! », mais la solennité

du moment m’a touchée. Ils ne sont pas vraiment comme nous, ces Américains,

mais ils ne sont pas si mauvais !