Chance

Autres informations / 07.11.2011

Chance

Ça y

est, l’aventure Breeders’ Cup est terminée. C’est l’heure de boucler les

valises. L’heure aussi de réfléchir à ces trois jours passés au coeur des

courses américaines, dans leur berceau, le Kentucky. Et un mot me revient sans

cesse à l’esprit : chance. La chance d’être née de l’autre côté de

l’Atlantique, d’avoir découvert les courses en France, de connaître Chantilly,

Deauville, Longchamp, Auteuil, et tous ces hippodromes, centres d’entraînement,

écuries où ma passion s’est développée. Aurais-je aimé les courses si j’étais

née aux États-Unis ? Je ne crois pas. Si l’on est un tant soit peu esthète,

comment peut-on tomber sous le charme de cet hippodrome planté au milieu d’une

sorte de no man’s land, où les écuries ressemblent à de vastes hangars et les

chevaux, dès lors que la pluie s’en mêle, à des cyclistes achevant

Paris-Roubaix ? Certes, je n’ai vu du turf américain que Churchill Downs et

c’est sans doute un peu court pour être si catégorique. Peut-être que Saratoga

et son meeting estival m’auraient plu, peut-être que les grands haras du

Kentucky m’auraient subjuguée. Mais je comprends mieux pourquoi, lorsque vous

demandez à n’importe quel entraîneur cantilien où il rêverait d’exercer son

métier, la réponse est toujours la même : « Il n’y a pas de meilleur endroit

que celui-là. » Et dire que gamine, je rêvais en lisant L’Herbe Verte du Wyoming…