Corine barande-barbe : « arretons d’opposer les eleveurs, les entraineurs et les proprietaires ! »

Autres informations / 10.11.2011

Corine barande-barbe : « arretons d’opposer les eleveurs, les entraineurs et les proprietaires ! »

On a peu

entendu la présidente d’Actionnaires du Galop depuis le début de la campagne…

Mais elle n’a rien perdu de sa verve et de sa lucidité pour décortiquer les

dossiers chauds. Un par un, avec méthode.

«

SURPRISES ET DECOUVERTES

Grâce à

cette campagne électorale, nous faisons chaque jour des découvertes : Depuis

des années, j’assiste aux débats au Comité, au Conseil du Plat et autres

commissions. Débats auxquels participent la plupart des tendances et des

candidats d’aujourd’hui. Enfin… "participent", c’est un grand mot, au

vu de l’absentéisme que l’on constate dans les instances.

PROMESSES,

PROMESSES…

Nous

découvrons en campagne électorale une promesse d’écoute, une conscience des

problèmes tout à fait touchantes et pour le moins surprenantes ! Si notre quête

de transparence avait obtenu que l’on publie sur le site France Galop les

procès verbaux et comptes-rendus des réunions, les électeurs pourraient se

rendre compte de la réalité des positions effectivement prises sur les sujets

aujourd’hui agités comme arguments électoraux. Au lieu de cela, on nous a même

interdit de publier sur notre site Internet les résumés des réunions !

Pourtant, je trouvais intéressant d’exposer les travaux et d’appeler

éventuellement des commentaires et des suggestions…voire des réclamations sur

le fonctionnement de l’Institution et des courses, pour pallier le sentiment

d’isolement, voire d’injustice parfois ressenti par les acteurs. Et avancer

tous ensemble.

VOUS

AVEZ DIT "CONFIDENTIEL" ?

Les

membres du Comité reçoivent juste quelques "comptes-rendus" frappés

du sceau "confidentiel" ; leur lecture est édifiante : car en vérité,

hors période électorale, les administrateurs ne veulent surtout pas savoir ce

que pensent les acteurs, ni que l’on sache ce qu’ils font et disent, ou pas !

Les chiffres sont têtus, mais n’intéressent pas grand monde : les

administrateurs promettent aujourd’hui de créer de nouveaux groupes d’études…

pour mieux repousser le moment où il faudra enfin regarder la vérité en face.

Tant de choses ne tournent pas rond : pourquoi le taire ? Je travaille

régulièrement avec mon groupe, suivant les dossiers et préparant les réunions.

Et dans les instances, je passe pour un trouble fête qui se mêle de tout quand

j’évoque des problèmes techniques, juridiques, financiers ou régionaux. Quand

je démontre que telle règle, tel règlement ou principes fondamentaux ne sont

pas appliqués, notamment sur la protection des chevaux et des droits des

acteurs. Quand je demande que le Code des courses définisse et garantisse enfin

les droits des acteurs par des recours et un arbitrage indépendant (Comité

d’éthique et médiateurs).  Quand je

défends, dans les courses à réclamer, le droit des propriétaires à garder leurs

chevaux sans payer quand personne ne met de bulletin et à recevoir le fruit de

la vente de leurs chevaux comme cela se fait dans les autres pays. Quand je

m’inquiète d’une distribution des opportunités et des allocations qui tient

plus de la politique que du rationnel. Quand je demande un audit des Commissaires

et que ceux-ci soient tous "formés" à leur mission, puis élus

individuellement sur une compétence et une indépendance exempte de tout conflit

d’intérêt. Qu’ils ne puissent mélanger les genres en s’investissant, pendant

leur mandat, dans des Sociétés de courses, dans les instances ou dans la

politique …Pour restaurer leur crédibilité, nous pensons que les Commissaires

d’appel doivent être différents de ceux qui officient en première instance.

Qu’aucune compétence ne peut être auto-proclamée par un groupe qui ne rend de

compte à personne, pas même aux membres de l’association France Galop. Que les

"erreurs" éventuelles des dits Commissaires doivent être suivies de

conséquences.

QUI

SAUVERA LES PROFESSIONNELS ?

La plus

grosse surprise de la campagne est le cri d’alarme sur la situation des

professionnels ! Depuis des années, nous alertons le Comité et le Conseil

d’administration sur ce sujet… Nous réclamons que l’on s’inquiète de la

viabilité des entreprises pénalisées notamment par l’apparition des 35 heures

et autres évolutions sociales que rien n’est venu compenser. Bien au contraire,

la multiplication de l’offre est venue augmenter les frais et le saupoudrage

des augmentations d’allocations n’a pas touché la cible principale.  ENTRAINEURS ET PROPRIETAIRES : DEUX

SOUS-ENSEMBLES FLOUS

Tant que

la recette augmente, personne ne veut savoir comment! L’indifférence des

administrateurs et leurs réticences à affronter les réalités sont inquiétantes.

Une équipe responsable devra tirer les enseignements de l’existant et chercher

à s’y adapter : qu’y a-t-il de constructif à se contenter de

"regretter" que plus de 60 % des galopeurs appartiennent aujourd’hui

à des entraîneurs (et leurs proches) ? Ils sont désormais en nombre de chevaux

la majorité des propriétaires résidant en France. Il faut en prendre acte et en

tenir compte dans les décisions de fond. La prospection laborieuse de nouveaux

clients ne doit pas occulter les clients présents et qu’il ne faut pas perdre !

Ils méritent respect et attention et pas d’être affolés par des discours

irresponsables.

OUI A

UNE HAUSSE DES ALLOCATIONS ET A UNE SURPRIME POUR LES CONÇUS

Sur le

sujet des allocations : bien évidemment nous réclamons une augmentation

importante : 10 % dès 2012 et une garantie réelle de progression sur les quatre

années qui suivent. Nous sommes favorables au maintien de la répartition deux

tiers plat – un tiers obstacles, car elle fonctionne bien. À l’intérieur de

l’enveloppe de l’élevage, nous demandons une incitation via une prime aux

éleveurs qui gardent leurs produits pour courir. Et l’égalité en plat et en

obstacles du plafond des primes pour les résultats acquis à l’étranger dans les

courses de Groupe (actuellement 15.000 en plat et 45.000 en obstacles). Bien

sûr, une prime plus importante aux chevaux conçus et nés en France.

POUR UNE

VRAIE REFLEXION DE FOND, ET NON PARTISANE, SUR LA HAUSSE DES ALLOCATIONS

Nous

demandons, sans trouver d’échos jusqu’ici, que l’on étudie la question des

allocations dans son ensemble, partant de l’existant et non d’intérêts

particuliers. C’est par la distribution des allocations que l’on peut préserver

à la fois la compétition et le "taux de couverture" qui doit être

calculé sur les prix de revient réels. Comment vouloir mettre toutes les

courses à conditions, par "lettre", au même niveau d’allocations,

sans au préalable chiffrer l’opération, étudier le niveau et le nombre de

courses de chaque catégorie et sa répartition en fonction des effectifs de

chevaux auxquelles elles sont ouvertes dans chaque région ? Sans regarder

aussi, pour chaque catégorie, les moyennes de partants selon les périodes et

les régions. Bref : se servir des chiffres pour gérer effectifs et allocations

de façon constructive et incitative.  Ces

propositions ne reçoivent pas un bon accueil, les élus qui siègent, issus de

clans, refusent toute analyse ou changement dans leur région sauf à augmenter

l’enveloppe.

IL NOUS

FAUT DES ELUS INDEPENDANTS ET RESPONSABLES

Il est

sûr que pour comprendre ces mécanismes, il faut avoir des chevaux de tous les

âges et les courir à tous les niveaux, sur tout le territoire. Ce n’est que

trop rarement le cas des décideurs ! Si la répartition des opportunités n’est

pas régulée selon les effectifs, l’argent est mal utilisé. Seuls des élus

indépendants et responsables pourront développer notre discipline.

LE

PROPRIETAIRE : UN ANIMAL MYTHOLOGIQUE ?

J’ai

parfois l’impression que les "propriétaires" sont devenus des sortes

de mythes que l’on oppose en catégories, comme si une fatalité pesait sur eux

dès le départ… Il n’en est rien : Si une même personne achète cinq chevaux,

deux aux ventes de yearlings, deux à l’amiable, et un à réclamer, elle va se

confronter au programme des 2ans, aux conditions de course, à la concurrence…

découvrir la compétition et les catégories, mesurer les opportunités et les

déplacements nécessaires pour courir avec une chance et souvent l’impossibilité

de voir ses chevaux courir. Elle peut après deux ou trois ans s’être séparée

d’un élément peu doué, attendre encore qu’un tardif se révèle, avoir vendu un

élément précoce, avoir gardé un cheval utile à moyen niveau et même se

retrouver avec un semi-classique en plat ou en obstacles qu’elle gardera

peut-être pour l’élevage. Cette personne peut très bien être un

entraîneur…Ainsi, une même personne peut rentrer dans toutes ces catégories que

l’on oppose continuellement comme si notre filière n’en était pas une.

NON, LA

FETE N’EST PAS FINIE !

Pour que

les courses redeviennent une fête, il leur faut de la transparence, de la

compétition et un projet d’avenir. »