Frederic danloux : « notre programme pour le galop français »

Autres informations / 11.11.2011

Frederic danloux : « notre programme pour le galop français »

L’Association

des Entraîneurs-Propriétaires est la seule à présenter une liste dans trois

collèges de l’élection à France Galop : entraîneurs, propriétaires et éleveurs.

Par la voix de son président, Frédéric Danloux, elle décline ses idées dans les

trois secteurs.

I –

ENTRAINEURS

CREATION

D’UN SYSTEME DE RETRAITE POUR LES ENTRAINEURS

Il

n’existe pas de système de retraite financée par l’Institution, à l’image de

celle des jockeys. Les retraites d’exploitants agricoles ne sont pas en

adéquation avec notre métier. Cette situation est inacceptable.  Nous défendrons l’idée d’un système de

retraite financé par la création d’une prime aux partants et permettant aux

entraîneurs de capitaliser.

POUR UNE

MEILLEURE REPARTITION DES ALLOCATIONS

Il

convient de rappeler que depuis quatorze ans, l’inflation cumulée a été de 24

%. Les seules courses dont les allocations ont été supérieures à l’inflation

sont les suivantes : courses F : + 26 %, courses E : + 40 %, courses D : + 36

%, courses B : + 24 %, courses à conditions 4ans et plus : + 34 %. Les courses

dont les allocations ont été inférieures à l’inflation sont : courses à

réclamer (2-3 ans) : + 16,6 %, handicaps 3ans : + 12,7 %, courses à réclamer

4ans et plus : + 20 %, handicaps 4ans et plus : + 15,3 %. Or ce sont ces

courses qui font la recette. Il existe un fonds de réserve d’allocations d’un

montant de 18 millions d’euros qui permettrait d’augmenter plus fortement les

allocations des courses à réclamer et handicap, qui financent le système, et de

rattraper le retard d’allocations qu’elles ont pris depuis quinze ans. Il est

indispensable que toutes les courses P.H.H., à Paris comme en province, soient

rémunérées de façon identique : "mêmes conditions, mêmes

allocations". Ces mesures produiront un cercle vertueux dans lequel le

propriétaire sera encouragé à réinvestir et l’entraîneur pourra facturer des

pensions à la hauteur de ses charges.

CREATION

D’UN PROGRAMME NATIONAL

Nos

voisins européens participent de plus en plus souvent aux courses françaises,

mais cela ne doit pas se faire au détriment de nos chevaux. Nous voulons un

programme national réservé aux chevaux entraînés en France, comme cela se fait

pour tous les sports. En parallèle, nous conserverons un programme

international afin d’assurer l’amélioration de la race et de préserver le

prestige du savoir-faire français.  Le

trot nous a montré la voie. Nous voulons aussi réformer le système des

"exclus", afin de n’être plus exclus de nos courses

OPTIMISER

L’ORGANISATION DES COURSES DANS TOUTES LES REGIONS

Aujourd’hui,

il y a des chevaux partout en France, nous voulons leur donner des opportunités

de courir toute l’année au plus près possible de leur lieu d’entraînement. Les

déplacements sont trop coûteux pour les entraîneurs. Augmenter le nombre des

réunions de courses est une bonne chose car cela enrichit notre filière,

maintenant il faut adapter le programme de ces réunions aux effectifs présents

dans chaque région. MAINTIEN DU TAUX DE LA T.V.A. A 5,5 %

Si le

taux de T.V.A. passe à 19,6 %, cela induira immédiatement une perte pour les

entraîneurs qui ne pourront pas, dans la situation actuelle, répercuter aux

propriétaires (majoritairement non assujettis à la T.V.A.) la totalité de

l’augmentation et devront encore perdre un peu de recettes.

BAISSER

LE TAUX D’ACCIDENTS DU TRAVAIL DES ENTREPRISES D’ENTRAINEMENT

Les

professionnels des courses supportent en totalité, dans leur taux d’accident du

travail, le risque des accidents de course des jockeys. Il est à noter que les

entraîneurs ne sont pas les employeurs des jockeys lors des courses, ce sont

les propriétaires. Il serait donc logique que ce risque soit supporté par

l’ensemble de la filière et non par les seuls professionnels. Il est estimé que

cela entraîne un surcoût de cotisations sociales d’environ 4 %. Les difficultés

des entraîneurs ne sont pas une fatalité, les ressources existent, mais elles

ne sont pas redistribuées. Nous voulons mobiliser tous les acteurs de la

filière afin d’assurer son avenir. Nous ne voulons pas que France Galop se

transforme en organisme de presse ou opérateur de télévision ; chacun doit

rester sur son métier propre. Nous sommes opposés au projet de Longchamp tel

que présenté actuellement. Nous pensons qu’il serait plus judicieux de prévoir

une rénovation de Longchamp afin d’organiser la journée de "l’Arc de

Triomphe" dans des bonnes conditions et, parallèlement, la réouverture

d’Évry où nous sommes chez nous.

II –

PROPRIETAIRES

UNE

PRIME AU PARTANT

Dans le

contexte actuel d’augmentation de l’offre de courses, les déplacements dans

toute la France génèrent une augmentation des frais. Les factures

s’alourdissent, en conséquence nous défendrons l’idée d’une prime forfaitaire

au partant pour limiter les surcoûts. Les propriétaires doivent bénéficier de

la délocalisation mais ne pas en être les victimes.

MEILLEURE

REPARTITION DES ALLOCATIONS

Le fonds

de réserve d’allocations qui doit permettre de rattraper le retard d’allocation

des catégories de courses les plus importantes pour la recette du PMU

(handicaps et "réclamer") permettra une meilleure exploitation des

chevaux moyens, ce qui aura pour effet la mise en place d’un cercle vertueux

qui incitera le propriétaire à réinvestir.

MISE EN

PLACE PAR FRANCE GALOP D’UNE VERITABLE POLITIQUE D’ACCUEIL DES PROPRIETAIRES

SUR LES HIPPODROMES

Pour

fidéliser nos propriétaires et permettre aux entraîneurs d’en trouver de

nouveaux, il est important de privilégier un accueil parfait pour les

propriétaires sur les hippodromes (en particulier ceux de France Galop) ; le

propriétaire doit se sentir comme un "privilégié". Il faut que le

statut de propriétaire soit gratifiant, quitte à créer des "Turf Clubs"

comme dans certains pays étranger. Les propriétaires ne sont pas assez

considérés alors qu’ils sont les acteurs les plus importants des courses. Nous

voulons mettre en place des conditions qui leur permettent de venir aux courses

en famille et de s’y sentir bien. Chaque course à laquelle ils participent est

un évènement, il faut préserver ce sentiment !

FACILITER

L’ACCESSION AU PROPRIETARIAT

Il est

primordial de faciliter l’accès des courses aux nouveaux propriétaires en

facilitant les agréments, en permettant à des sociétés de capitaux de devenir

facilement propriétaires, en permettant à un propriétaire de louer sa casaque

pour une ou plusieurs courses sans démarches administratives lourdes voire

impossibles.

Les

délais d’obtention des couleurs doivent être raccourcis.

III –

ELEVEURS

Il faut

arrêter de dire que les socioprofessionnels sont de mauvais gestionnaires, nous

sommes dépendants les uns des autres. Si les entraîneurs ne consentaient pas à

s'associer avec des investisseurs ou des éleveurs, bon nombre de produits ne seraient

pas entraînés et resteraient sur les bras des éleveurs, même de certains

grands. Nous devons réformer le système actuel pour, à la fois donner les

moyens à notre élevage de s’améliorer, tout en n'oubliant pas les objectifs de

recette du PMU, car nous savons que cette recette est essentiellement générée

dans les courses de plus de 14 partants. Ces chevaux étant, pour la plupart,

réellement français.

REFORMER

LA PRIME A L’ELEVEUR

Pour

améliorer l'élevage français, il faut attirer de bons étalons et conserver nos

champions sur notre sol. Pour cela, il faut réformer le système actuel et

réserver au maximum les primes aux chevaux nés et élevés en France. Les primes

versées pour des produits conçus à l’étranger constituent un véritable

"avantage fiscal" de près de 7 millions d’euros attribués chaque

année sans contrepartie, ni contrainte. Le système actuel fait indirectement la

promotion d'étalons stationnés dans des pays étrangers. Les sommes dégagées

seraient alors consacrées à l'augmentation des allocations, ce qui entraînera

mécaniquement une augmentation des primes aux éleveurs et aux propriétaires de

produits conçus, nés et élevés en France. 

De plus, pour favoriser l’installation en France d’étalons de haut niveau,

nous envisagerons d’attribuer une prime à l’étalon faisant la monte en France

dont le produit gagne une course de sélection égale ou supérieure au niveau D.

DES

COURSES POUR LES CHEVAUX DE TOUS LES AGES

Nous

voulons équilibrer les courses de chevaux de 2 et 3ans et celles de chevaux

d’âge. Il y a un déséquilibre de notre filière, à force de favoriser le marché

des chevaux haut de gamme, les petits éleveurs ne réussissent plus à écouler

leurs produits. Les chevaux sont faits pour courir et les chevaux d’âge

permettent aux propriétaires d’oser investir dans de jeunes chevaux. La

vocation d’un cheval de course n’est pas de courir deux saisons seulement, nos

chevaux ne sont pas jetables. Nous voulons offrir une meilleure visibilité aux

éleveurs Ainsi, nous militons pour l’obtention de deux programmes annuels

clairement définis, séparés et intégraux de courses plat gazon et plat sable

pour que les éleveurs aient enfin une visibilité sur les orientations de

croisements dans lesquels ils doivent investir. Améliorer notre élevage, cela

implique aussi, pour avoir de bons étalons, de payer les saillies plus cher, de

participer aux syndications éventuelles et surtout de faire le ménage chez

nous, en sélectionnant les poulinières, car sans une bonne jumenterie

française, on ne peut attirer les meilleurs étalons.