Goldikova, le chef-d’oeuvre d’anabaa par thierry grandsir (dna pedigree)

Autres informations / 12.11.2011

Goldikova, le chef-d’oeuvre d’anabaa par thierry grandsir (dna pedigree)

Goldikova

(Anabaa) est une reine, adulée de tous. Elle quitte la compétition riche de

quatorze victoires de Gr1, c’est un record d’Europe. Elle nous donne l’occasion

de parler de son pedigree, royal à plus d’un titre…

 

LE CHEF

D’OEUVRE D’ANABAA…

Anabaa

nous a quittés après avoir fait la gloire de l’élevage français. Pourtant

condamné dans son jeune âge pour être porteur du wobbler syndrom (analogie avec

un certain Shamardal), il fut sauvé par l’intervention d’Alec Head et devint,

sous l’entraînement de Christiane Head-Maarek et la monte de Freddy Head, le

champion sprinter européen de la saison 1996, s’adjugeant le July Cup (Gr1) et

le Prix Maurice de Gheest  (Gr1) avant

d’être devancé dans le Prix de l’Abbaye de Longchamp (Gr1) par sa compagne

d’entraînement, la «Wertheimer» Kistena…Hôte d’honneur du Haras du Quesnay

durant la majeure partie de sa carrière de reproducteur, on doit à Anabaa la

bagatelle de quatre-vingt-deux gagnants de Stakes, dont quatorze au plus haut

niveau :Amonita («Marcel Boussac»), Anabaa Blue («Jockey Club»), Plumania

(Grand Prix de Saint-Cloud) et Rouvres («Jean Prat») en Europe, les Hong Kongais

Anabar et Precision (Hong Kong Cup), les Néo-Zélandais Anabandana (2 Gr1) et

Imananabaa, et les Australiens Anacheeva, Headturner, Teranaba, Virage of

Fortune (2 Gr1) et Yell (3 Gr1)... Et, bien sûr, Goldikova, son chef-d’oeuvre !

Les filles d’Anabaa ont déjà produit deux gagnants de Gr1 en Lush Lashes et

Silver Frost (étalon au Haras de la Hêtraie) et ses fils comptent notamment en

leurs rangs le classique Anabaa Blue, étalon au Haras d’Etreham et responsable

du gagnant de l’Arlington Million (Gr1) Spirit One, jeune sire du Haras de

Lonray. Nous avions déjà écrit sur les résultats obtenus par Anabaa lorsque,

croisé à des juments porteuses à la fois des sangs de Blushing Groom et de

Lyphard, combinaison à l’origine de 25 % de gagnants de Stakes dont trois de

ses cinq gagnants de Gr1 européens ! Outre Goldikova, c’est le cas de la

«Wertheimer» Plumania, fille d’une trois quarts sœur de Groom Dancer, et du

«Head» Rouvres, petit-fils de ce même Groom Dancer.

L’INBREEDING

SUR RIVERMAN, LA MARQUE DU QUESNAY…

Pour en

revenir à Anabaa, il est intéressant de constater qu’il combine les sangs de

Northern Dancer (via Danzig) et de Riverman (père de sa deuxième mère), une

similitude marquante avec Rivière d’Or, deuxième mère de Goldikova et

petite-fille de Northern Dancer et de Riverman. Si plus d’un tiers des gagnants

de Gr1 sont inbred sur Northern Dancer dans le Monde (dont onze des douze

premiers vainqueurs de Gr1 cette année en Europe), on rencontre l’inbreeding

sur Riverman dans huit pedigrees classiques : Anabaa Blue et son fils Spirit

One (inbred 5x3x4 sur Riverman), les frères utérins Fuissé (Green Tune) et Full

of Gold (Gold Away), Dedication (Highest Honor), les deux meilleurs fils de

Verglas, Silver Frost et

Stormy

River, et Goldikova. Soit trois fils ou petits-fils de Anabaa, autant pour

Highest Honor, un produit de Gold Away et un fils de Green Tune issu de

l’élevage «Head» : que des références au Haras du Quesnay, qui hébergea en son

temps le «Wertheimer» Riverman (avant son départ pour les États-Unis en 1980, à

l’âge de 11ans), et qui sut garder ce sang précieux dans notre élevage. Pour

être complet, on soulignera que six de ces huit performers de talent sont

également inbred sur Northern Dancer, et que Riverman est l’ascendant en lignée

mâle directe du gagnant de la dernière Poule d’Essai des Poulains (Gr1) 2011,

Tin Horse…

UNE

GRANDE SOUCHE «WERTHEIMER» DEPUIS PLUS DE CINQUANTE ANS…

Un père

illustre, une combinaison d’inbreedings efficace, mais aussi une famille

maternelle exceptionnelle, voilà les points forts qui caractérisent le pedigree

de notre championne. L’histoire commença avec Glamour, acquise en 1960 à

Newmarket par Pierre Wertheimer, lequel cherchait des juments de sang étranger

pour les croiser à des étalons français. Glamour fut ainsi présentée à un jeune

sire du Quesnay,  snob, pour engendrer

Glaneuse qui devint l’une des meilleures 3ans de sa génération : gagnante du

Prix Chloé puis troisième après lutte derrière Crepellana et Saraca dans le

Prix de Diane (Gr1), elle remporta ensuite le Prix de Malleret (Gr2) et le Gran

Premio del Jockey Club (Gr1), sous la casaque bleue de son éleveur. Sa

descendance compte aujourd’hui neuf gagnants de Gr1 dont Glaïeul (Critérium de

Saint-Cloud), Oczy Czarnie (Prix de la Salamandre), Guadalupe (Oaks d’Italia),

Royal Rebel (Ascot Gold Cup) ou encore Alexander Goldrun (Gold Away), une

quintuple gagnante de Gr1 qui présente la particularité d’être inbred 4x5 sur…

Glaneuse ! Unie à Riverman, Glaneuse donna le jour à une championne, Gold

River. Un croisement très intéressant dans la mesure où Riverman combine les

sangs de Never Bend et

de

Princequillo comme le champion Mill Reef, un membre de la famille 22-d,

justement celle de Glaneuse… Dotée de classe, d’une tenue sans limite et d’une

superbe pointe, Gold River remporta le Prix Royal Oak (Gr1) à 3ans, avant de

s’adjuger le Prix du Cadran (Gr1) et surtout le Prix de l’Arc de Triomphe

(Gr1), devant Bikala et April Run, l’année suivante. Gold River n’eut que

quatre produits au haras (dont trois black type !), la meilleure ayant été la

belle rivière d’Or (Lyphard) qui inscrit son nom au palmarès du Prix Saint

Alary (Gr1) avant de se placer deuxième du Prix de Diane (Gr1) de Resless Kara

à 3ans. À son tour, Rivière d’Or s’affirma au haras en engendrant la double gagnante

de Gr1 Gold Splash (lauréate du «Marcel Boussac» à 2ans et des Coronation

Stakes à 3ans), une propre soeur de Born Gold, mère de Goldikova. Born Gold

(Blushing Groom) ne montra pas la même qualité en courses que sa propre soeur :

prometteuse deuxième pour ses débuts en mai de ses 3ans à une longueur du futur

gagnant de Listed Suave Tern sur les 2.000m d’Evry, il fallut attendre sa

sixième sortie pour la voir remporter son premier et seul succès, sur les

1.650m de Jallais, en juin de ses 4ans. Pourtant, elle surpassa largement sa

soeur au haras… On doit aujourd’hui à Born Gold douze foals en âge de courir:

tous ont couru, onze sont vainqueurs dont six avec du black type. Ses premières

réussites furent obtenues avec des étalons de la lignée mâle de Nijinsky, dont

l’affinité avec les filles de Blushing Groom n’est plus à démontrer : de ce

croisement ressortent les «Caerleon« Gold Round (Prix Cléopâtre) et Born

Something (troisième du Prix de la Grotte), et les «Green Tune« Gold Sound

(Prix de Guiche) et « (deuxième du Prix de Guiche). Après Goldikova, son

dernier black type en date n’est autre que la 3ans Galikova (Galileo),

dominatrice dans le Prix Cléopâtre (Gr3) et lauréate du Qatar Prix Vermeille

(Gr1). Comme sa grande soeur à l’époque, elle continue l’aventure à 4ans. De

son côté, Gold Splash ne se recommande que du gagnant de Listed Royal God

(petit-fils de Nijinsky via Royal Academy), et du modeste Gold Sphinx (Storm

Cat), double gagnant sur les pistes, avant toutefois de se classer étalon tête

de liste des premières productions en Italie. Il nous est souvent arrivé de

constater qu’entre deux propres soeurs, la plus glorieuse sur les champs de

courses était susceptible de céder le pas au haras à la plus modeste.

UNE

ASSOCIATION PEU ANODINE…

Le

pedigree de Goldikova ne cesse de mentionner, à chaque étage de sa

construction, les familles «Head» et «Wertheimer», indissociables de la grande

Histoire de nos courses et de notre élevage. Enfin, mentionnons qu’un propre

frère de Goldikova est à l’entraînement chez Freddy Head. Il s’appelle… Anodin

!