La course de goldikova vecue au sein de son entourage

Autres informations / 06.11.2011

La course de goldikova vecue au sein de son entourage

17 h 45.

Le petit rond de présentation de Churchill Downs est plein à craquer. Près de

la stalle numéro 1, un groupe se distingue par des casquettes violettes. C’est

l’entourage de Goldikova. Freddy Head est là. Très entouré, mais extrêmement

concentré à la fois. Il guette sur l’écran géant l’arrivée de sa jument. « Elle

va arriver en dernier, cela lui ressemble bien », peut-on entendre.

Effectivement, quand Goldikova fait son entrée, accompagnée de ses fidèles

Régis Barbedette et Thierry Blaise, ses rivaux marchent depuis plusieurs

minutes, certains sont déjà sellés. Les caméras entourent la championne, et

chacun joue du coude pour immortaliser ce moment. La jument est sellée, les

derniers ordres donnés à Olivier Peslier. Le couple se dirige vers la piste. Au

passage, nombreux sont ceux qui encouragent Freddy Head. Des pancartes rendent

hommage à la championne. « America loves Goldikova. Thank you Europe ! »« One

more time Goldikova ! » Il est temps de rejoindre les tribunes. Un grand

costaud portant un Stetson ouvre la voie au clan. On s’installe, à une centaine

de mètres du poteau. Les caméras ne lâchent pas le groupe et Freddy Head prend

le temps de répondre à une dernière interview. Puis il rechausse les jumelles

pour suivre sa jument. Un dernier sourire en direction des propriétaires. Le

départ est donné. « Tout est parfait », glisse Henri Bureau, alors que le

peloton passe devant nous. Dernière ligne droite. Les tribunes se mettent à

trembler sous les encouragements des supporters. Goldikova prend un instant

l’avantage, mais la joie immense est de courte durée. La jument ne s’envole pas

comme elle l’a fait si souvent. Court Vision et turallure viennent la priver de

son quatrième Breeders’ Cup Mile. Les regards sont tristes, évidemment.  On ne sait que dire. Freddy Head accompagné

des propriétaires se rend sur la piste. Mais ce n’est pas là qu’ils verront

Olivier Peslier. Un périmètre de sécurité est créé pour accueillir le lauréat,

et il nous faut rebrousser chemin. Retour au rond de présentation, devant

l’écran géant. Nouvelle douche froide : une enquête est ouverte. « Qui a-t-on

gêné ? C’est peut-être dans la ligne droite, quand Olivier l’a sortie…»,

s’interroge Freddy. Le doute sera de courte durée, puisque le speaker de

l’hippodrome annonce que l’ordre n’est pas changé. Olivier Peslier arrive,

escorté de journalistes. Il livre ses impressions à son entraîneur : « J’y ai

cru ! Quand je suis venu, je me suis dit "c’est bon, elle va aller au

bout". Mais au premier coup de bâton, j’ai compris. Avant, elle serait

partie. Aujourd’hui, elle est un peu restée là… » Pierre-Yves Bureau nous dit

qu’il ne faut pas être déçus, pas avec une jument comme elle. « C’est une

grande championne. Elle est juste un peu moins percutante qu’elle ne l'était.

Mais nous n’avons pas d’excuses, elle a eu une très bonne course. On est battu

par des chevaux que l’on connaît. Ce sont les courses. À présent, elle va

retourner au haras, et c’est bien ainsi. Elle ira à Galileo. » Freddy Head,

lui, est déjà parti en conférence de presse. 

Pour la première fois du week-end, ce n’est pas le gagnant qui est

interviewé en premier. Dale Romans, Robby Albarado et Wayne Hughes attendent

leur tour. Après avoir répondu à toutes les questions des journalistes, Freddy

Head est longuement applaudi. « Je ne suis pas triste, confie-t-il. Non, je

suis même très heureux. Peut-être que le blues viendra plus tard… » Goldikova

va laisser un grand vide au sein de son équipe. Et les derniers mots de

l’entraîneur, face à la presse mondiale, auront été pour ceux qui s’occupent de

la jument au quotidien. Une page s’est tournée. Il va leur falloir s’inventer

un nouveau quotidien, sans leur "Goldi".