Le pmu a rendu les parieurs heureux ; les acteurs du galop doivent copier sa methode ! par mayeul caire, directeur de jour de galop

Autres informations / 24.11.2011

Le pmu a rendu les parieurs heureux ; les acteurs du galop doivent copier sa methode ! par mayeul caire, directeur de jour de galop

Les deux

piliers sur lesquels repose notre industrie sont :

– les

parieurs qui jouent de l’argent sur les courses de chevaux;

– les

personnes qui investissent dans l’activité "courses et élevage"

(propriétaires professionnels ou non, éleveurs professionnels ou non et

entraîneurs professionnels ou non –car je n’oublie pas les permis d’entraîner)

Le

premier pilier va plutôt bien. À tous les niveaux : plus de parieurs qui jouent

plus souvent et plus d’argent au total. Le second va plutôt mal. À tous les

niveaux: il y a de moins en moins de propriétaires, les éleveurs ont du mal à

valoriser leur production et beaucoup d’entraîneurs tirent le diable par la

queue. La question du propriétaire est la plus importante… car, en y répondant,

on répondra à toutes les autres ! 

Signalons au passage que cette dichotomie trompe nos amis britanniques.

Aveuglés par le niveau élevé de nos allocations, Anglais et Irlandais concluent

un peu vite que tout va bien en France… À l’inverse, nous sommes à la fois

conscients des difficultés dans lesquelles ils se trouvent sur le plan des

allocations, et "jaloux" de voir que malgré cela les propriétaires

sont toujours aussi nombreux et investissent toujours autant aux ventes. Il y a

quelques années, on disait qu’il fallait élever en Irlande, faire entraîner en

Angleterre et courir en France. Je dirais les choses différemment pour décrire

la situation d’aujourd’hui : le cheval-robot (au sens de portrait-robot) a été

élevé par un Irlandais, a été vendu à Newmarket par Tattersalls, appartient à

un Anglais et dispute toutes ses courses en France… où il a droit aux primes

car l’éleveur irlandais a eu la sagesse de le faire assimiler en le confiant à

un ami normand. Je reviens à mon sujet de fond. Quand on dit que la filière va

mal, il faut aussi préciser deux choses. La première c’est que, dans ce

contexte tendu, ceux qui vivent des courses (entraîneurs, propriétaires et

éleveurs professionnels) n’ont pas le choix, il leur faut poursuivre…alors que

le propriétaire amateur peut tout arrêter du jour au lendemain. Et la seconde

chose c’est que, vraiment, l’effectif qui fait le plus défaut aujourd’hui,

c’est bien celui des propriétaires amateurs. Or, là où le constat est

gravissime, c’est que ce propriétaire joue un rôle essentiel dans le

financement de notre système. Donc je pose une question un peu simpliste mais

qui a le mérite d’être claire : pourquoi le parieur est-il heureux et le

propriétaire malheureux ? Je n’ai pas la formule magique, mais je connais deux

hommes qui l’ont : Bertrand Bélinguier et Philippe Germond. Les deux hommes se

sont succédés à la tête du PMU où ils ont fait le bonheur des parieurs. Donc

inspirons-nous des méthodes employées par le PMU, en les appliquant aux

propriétaires ! C’est bien joli de répéter comme un mantra « Bravo Philippe

Germond, bravo le PMU » mais ce qu’il faut surtout, désormais, c’est copier la

méthode qui lui a permis de réussir. Le fondement de cette méthode, c’est :

plus d’attention, plus de confort et plus de service pour nos clients. C’est

simple, non ? Depuis une quinzaine d’années, le PMU a placé le parieur au

centre de ses réflexions et de ses actions ; le bonheur du parieur a été son

obsession ; tout a été fait pour que le parieur se reproduise, pour que le

parieur joue plus ; le PMU a compris que ce n’était pas au parieur de

s’adapter, mais à lui et aux courses de changer, etc. En une phrase : seule la

satisfaction du parieur est importante ; tout le reste n’est que cuisine

interne, moyens humains financiers et techniques à mettre en œuvre pour

atteindre l’objectif. Dans les faits, cela s’est traduit par un credo : le

parieur doit pouvoir parier tout le temps et partout. Ce qu’il aime, c’est

parier. Le niveau des courses n’est pas sa préoccupation première, car sa

passion du pari est quasiment la même pour un réclamer que pour un Groupe. Ce

qu’il n’aime pas, c’est ne pas pouvoir parier : ou bien parce qu’il n’y a pas

de course au moment précis où il aurait envie de jouer (ah, quelle était la vie

du parieur avant la mise en place de quatre réunions quotidiennes, etc.), ou

bien parce que les moyens qu’il a à sa disposition ne lui permettent pas de

parier (ah, quelle était la vie du parieur avant l’invention du compte PMU par

téléphone, du compte PMU par Internet, etc.). Voilà. Maintenant, faites le même

exercice que moi : amusez-vous à remplacer le mot parieur par le mot

propriétaire et demandez-vous ce que l’on pourrait faire de plus pour les

propriétaires, afin qu’ils atteignent le même niveau de service que le parieur

PMU. Nous agissons tous, déjà, au quotidien, pour donner plus de confort aux

passionnés des courses. Mais nous pouvons faire plus encore – nous tous :

France Galop, les agences de vente, les entraîneurs, les journalistes, les

courtiers, les vétérinaires, les jockeys… Car, comme la femme est l’avenir de

l’homme, le propriétaire est l’avenir des courses. À ce sujet, qui osera mettre

les pieds dans le plat en brisant certains tabous ? Qui osera dire que,  sans aucun doute, les conditions d’exercice

du propriétaire français se sont dégradées avec le temps…Marcel Chaouat l’a

fait. Il n’a pas été élu. D’autres l’ont fait. Et ils ont été élus. Ils ont

maintenant des devoirs. Qui osera écrire que ce n’est pas à 100 % la faute de

France Galop, comme c’est si facile de l’affirmer. Certes, France Galop

pourrait faire mieux encore, mais le recrutement de nouveaux propriétaires est

plutôt un succès, avec un solde positif au cours des dix dernières années. De

la même manière, la question des allocations est importante, mais n’est pas

décisive. Car, beaucoup de propriétaires le diront,  ils ne sont pas là pour gagner de l’argent

avec leurs chevaux. Bref, ni l’argent distribué comme ci ou comme ça par France

Galop (faut-il augmenter les Grs1 pour 2ans ou les "réclamer" pour

4ans et plus ?) ni la politique de recrutement et de fidélisation de France

Galop ne sont les seuls responsables du fait que de moins en moins de gens ont

envie d’acheter une poulinière, un yearling ou un "réclamer". Tout se

passe malheureusement un peu comme dans le reste de la société civile : les

Français sont les spécialistes pour critiquer à longueur de journées l’État et,

simultanément, l’appeler au secours au premier coup de grisou. Au lieu de s’en

prendre toujours à la société-mère, balayons d’abord devant notre porte et

demandons-nous si, d’un bout à l’autre de la chaîne, il est possible d’offrir

plus de confort et plus de service aux propriétaires (comme le PMU le fait avec

ses parieurs). N’oublions pas : plus d’attention, plus de confort et plus de

service au quotidien. Bien traiter ses clients, les informer régulièrement,

bien leur parler, ne pas céder à la tentation d’instaurer un rapport de force

avec eux, voire d’inverser les rôles (se comporter en client alors qu’on est le

fournisseur), savoir les étonner et les faire rêver, faire preuve de pédagogie,

de patience et de générosité, etc. Vaste programme ! C’est comme cela que le

PMU a réussi ; et c’est comme cela que la filière galop retrouvera des

investisseurs. Et s’il y a plus de propriétaires-investisseurs, tout le monde

ira mieux, des éleveurs aux entraîneurs.