Nicolas blondeau : « une jument a fleur de peau »

Autres informations / 12.11.2011

Nicolas blondeau : « une jument a fleur de peau »

Nicolas

Blondeau, qui a consacré plus de vingt ans à fixer ses principes de débourrage,

composant une vraie méthode de dressage, fait partie des hommes qui ont compté

dans la carrière de Goldikova. Appelé à l’aide par Freddy Head après le Prix

Jacques Le Marois 2009, où la star avait failli ne jamais pénétrer dans sa

stalle, ce spécialiste d’équitation éthologique est venu "consulter"

la jument à Chantilly peu de temps après. Il se souvient : « Freddy Head

m’avait appelé après le "Jacques le Marois", me demandant

d’intervenir assez vite, avant la prochaine course de la jument. Je suis venu

passer trois jours à Chantilly : pour des championnes comme elle, on se déplace

! J’ai tout repris à zéro, selon ma méthode. Je l’ai d’abord manipulée au box,

puis en main, avant de procéder à des exercices d’embarquement et de débarquement

d’un van. Une fois que ces bases étaient stabilisées, nous sommes allés aux

boîtes, avec Thierry Blaise sur le dos de la jument. Elle était un peu

surprise, mais cela s’est bien passé. Comme beaucoup de chevaux débourrés selon

la méthode classique, elle n’avait pas l’habitude d’être contrariée, et était

donc sortie de l’autorité. Ma méthode, qui n’est autre que celles des anciens,

consiste justement à contrarier le cheval au moment du débourrage pour pouvoir

l’éduquer. Après ce premier contact, j’ai dû revenir une fois à Chantilly, sur

la demande de Freddy Head, avant qu’elle ne coure à Ascot, en 2010, car il

avait peur que les Anglais ne soient pas très coopératifs si la jument faisait

des difficultés. D’ailleurs, à Ascot, dans les Queen Anne Stakes, j’ai eu une

autorisation spéciale pour accompagner la jument derrière les boîtes et la

rentrer moi-même dans sa stalle. C’était un vrai plaisir, et c’est la dernière

fois que je l’ai touchée. Bien entendu, ensuite, j’ai suivi comme tout le monde

sa carrière. C’est une vraie diva, une jument à fleur de peau, ce qui fait sa

qualité d’ailleurs. Avec ces chevaux-là, tout peut aller très vite, dans un

sens comme dans l’autre. J’ai eu beaucoup de chance de m’en occuper. C’est

grâce à ces chevaux-là que mon travail est mis en lumière. »