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Jour de Galop

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Prix la haye jousselin (gr1) : rubi ball est bien le maitre d’auteuil

Autres informations / 07.11.2011

Prix la haye jousselin (gr1) : rubi ball est bien le maitre d’auteuil

Pour

ceux qui en doutaient avant le départ, Rubi Ball (Network) a levé toutes les

interrogations dans le Prix La Haye Jousselin (Gr1). Le champion de la famille

Papot s’est littéralement baladé et a essuyé l’affront de sa défaite dans le

Prix Héros XII (Gr3). Rubi Ball est bien le patron d’Auteuil et son deuxième

triomphe dans cette épreuve est entièrement mérité. Il a eu un comportement

exemplaire tout au long de 5.500m du parcours. Le seul moment où il s’est

montré mal à l’aise a été au premier passage de la rivière des tribunes,  qu’il a corrigé aussitôt au second passage.

Le protégé de Jacques Ortet a fait sa course, abordant toutes les difficultés

une à une, tout en les respectant un maximum. C’est un seigneur qu’on a vu

triompher ce dimanche et il a été acclamé comme tel à son retour aux balances.

« Le cheval était bien et a connu un jour "sans" dans le Prix Héros

XII, nous a confié Jacques Ortet. J’ai retrouvé mon cheval, c’est un crack. Dès

le départ de l'épreuve, je savais que Rubi Ball était dans un bon jour, qu’il

allait faire sa course. Il a remis les pendules à l’heure, mais je ne sais pas

encore s’il va courir le Prix Georges Courtois. » Rubi Ball s’est comporté en

champion, en assumant la course depuis le départ. Dans la phase finale, il

s’est contenté de faire la différence avant de contrôler sereinement le retour

de son meilleur adversaire, Rhialco (Dom Alco).

RUBI

BALL A L’HEURE LE JOUR J

Un

cheval de course n’est un champion que lorsqu’il s’impose dans les Grs1. Lors

du Prix Héros XII, Rubi Ball n’a pas gagné. Si, dans le clan Ortet, on nageait

dans l’incertitude et l’incompréhension, un champion reste un champion et Rubi

Ball avait déjà prouvé qu’il était de la graine des tous meilleurs qu’ait

connus l’hippodrome d’Auteuil. La famille Papot s’est montrée soulagée et a pu

relâcher la pression à l’issue de la course, comme nous l’a expliqué Xavier

Papot. « Nous avons retrouvé notre cheval, alors que nous étions vraiment au

fond du trou, complètement dans le flou. C’était difficile de ne pas comprendre

sa contre-performance. Aujourd’hui nous sommes avant tout contents pour le

cheval, qui a remis les pendules à l’heure. C’est un vrai crack et il était

simplement dans un jour "sans" la dernière fois. Ce qui n’est pas

toujours facile à comprendre quand on est autant impliqué. » Rubi Ball entre

désormais dans la légende des courses d’obstacle et devient le neuvième cheval

à réaliser le doublé dans cette épreuve deux années consécutives. Le plus

récent étant Remember Rose (Insatiable), après Al Capone II (Italic), qui a

réalisé l’inégalable coup de sept.

BERNARD

SECLY : « SEULS LES CHAMPIONS PEUVENT GAGNER "LA HAYE JOUSSELIN" »

Bernard

Sécly est le recordman de victoires dans le Prix La Haye Jousselin avec neuf

succès dont sept avec le crack Al Capone II. Il nous a donné le secret de la

réussite dans cette épreuve. « Sur ce parcours et à cette époque de l’année, il

faut qu’un cheval ait toutes les qualités pour s’imposer. C’est une conjugaison

de toutes les qualités d’un sauteur qui font un vainqueur du Prix La Haye

Jousselin. Il faut avant tout une grande aptitude à l’obstacle, de la tenue,

une parfaite condition, une aptitude aux terrains pénibles…S’il manque un seul

de ces critères, vous ne pouvez pas gagner cette course. Le Prix La Haye

Jousselin ne consacre donc que des chevaux exceptionnels, avec de grands

jockeys et une préparation sur mesure. Le programme ne laisse pas le choix et

la majorité des gagnants viennent des mêmes courses. Rubi Ball est de cette

trempe et au bout de 1.000m de course, je le voyais déjà gagner. Je ne l’avais

pas encore vu aussi facile de l’année. »

RHIALCO

TIENT PARFAITEMENT

Vainqueur

du Prix Héros XII, Rhialco se présentait comme un prétendant ambitieux au

départ du Prix La Haye Jousselin. Pourtant, l’incertitude de la distance

planait sur sa candidature et le protégé d’Emmanuel Clayeux a parfaitement

gommé ce doute. Rhialco a constamment marqué Rubi Ball, comme il l’avait fait

précédemment, et a tenté de l’attaquer dans la phase finale. S’il a refait un

peu de terrain pour finir, il n’a jamais pu l’inquiéter, mais réalise tout de

même une excellente performance. « J’avais des doutes pendant sa préparation,

nous a confié son entraîneur. J’ai trouvé le cheval assez tendu au travail,

mais je me demande si ce n’est pas moi qui l’étais plus que lui. Aujourd’hui,

j’avais demandé à Christophe Pieux de le monter pour une place et je n’ai

jamais eu de doute concernant sa tenue. Il en a un peu trop fait durant le

parcours, mais quand il sera plus relax, il sera encore plus dangereux. A priori

il ne devrait pas prendre le départ du Prix Georges Courtois (Gr2). »

QUAROUSO

FINIT VITE ET BIEN

Attentiste

tout au long du parcours, Quarouso (Lavirco) est à créditer d’une excellente

fin de course. Le protégé de Jean-Paul Gallorini a parfaitement tenu son rôle

et pourrait être redoutable dans quelques semaines s’il prenait le départ du

Prix Georges Courtois. « Comme d’habitude, Quarouso a fait sa course, confie

Nathalie Dessouter. Il a un cœur énorme et va finir par en gagner une comme

celle-ci un jour ou l’autre. C’est la première fois qu’il boucle un parcours

aussi long : il était tombé dans le Grand Steeple-Chase de Paris (Gr1). Sa

course est honorable. » Quarouso n’a rien à se reprocher, au même titre que

pibrac (Spadoun), qui s’est contenté de la quatrième place. Les regrets sont

venus de Still loving You (Poliglote), tombé à la double barrière alors qu’il

avait encore beaucoup de ressources, et Quart Monde (Network), qui a éjecté son

jockey après la dernière haie, alors qu’il aurait pu lutter pour un accessit.

RUBI

BALL ELEVE AU PAYS DES BOEUFS

Comme

l'avait souligné Jean-Louis Berger, éleveur de Rubi Ball, son champion est né

et a été élevé au pays des boeufs, il est charolais. « Un pays qui fait aussi

de grands champions d'Auteuil apparemment», ironisait l'éleveur. Jean-Louis

Berger est un ancien restaurateur, également passionné de chevaux, un

"virus" traînant dans la famille. Il a acquis Topaze, née en 1963,

dont le premier produit a été Étoile du Berger III. Cette dernière a donné

naissance à Lady Pat Pong (père du sauteur Ratabour), puis Rolling Ball,

premier français sacré champion en Angleterre, vainqueur de Gr1 à Cheltenham,

et enfin Useful, champion en plat et étalon. Cette famille est celle de Rubi

Ball, notre champion tricolore, né de Hygie (Lute Antique). Elle a donné un

yearling de Robin des Champs et un foal de Network, propre frère de Rubi Ball.

Ce foal, baptisé Action Ball, a été acquis pour 70.000 € aux ventes de décembre

Arqana. C'est Louise-Mary Kemble et Patrick Atkinson, propriétaires de Kauto

Stone (With the Flow), qui l'ont acquis.