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Jour de Galop

JOUR DE GALOP

Rencontre avec adrien fouassier

Autres informations / 10.11.2011

Rencontre avec adrien fouassier

Adrien Fouassier,

24 ans, est l’un des jockeys en forme du moment dans l’Ouest. En plus de sa

réussite, il fait parler de lui par sa polyvalence. À côté des nombreuses

passes de trois et quatre qu’il a effectuées ces derniers temps dans la

discipline du plat, il s’est adjugé la semaine dernière la Grande Course de

Haies de Nantes en selle sur Perle Sainte (Saint des Saints), une pensionnaire

de son patron, Alain Couétil.

JOUR DE

GALOP. – COMMENT VOUS EST VENUE L’ENVIE D’EXERCER LE METIER DE JOCKEY ?

Adrien

Fouassier. – Pour commencer, mon père a longtemps été propriétaire de chevaux

de course. Je suis issu d’une famille composée de six filles… et moi ! Trois de

mes soeurs montaient en courses de poneys, dont Valérie [Seignoux, ndlr], qui

est aujourd’hui entraîneur. J’ai toujours baigné dans le monde des courses.

C’est d’ailleurs Valérie qui m’a plus particulièrement initié à cet univers en

me mettant à cheval dans les structures de Philippe Cormier-Martin, chez qui

elle allait monter. De là, je n’ai plus décroché. J’y allais durant toutes mes

vacances scolaires et j’ai fini par y rentrer en apprentissage. J’y suis resté

pendant trois ans et j’ai ensuite fait un peu le tour des entraîneurs du coin

(Yannick Fertillet, Norbert Leenders, etc.). C’est chez Monsieur Couétil que je

me suis posé. Cela fait maintenant trois ans que nous travaillons ensemble et

nous entretenons toujours de bonnes relations.

EN

SEPTEMBRE 2009, VOUS AVEZ ETE VICTIME D’UN ACCIDENT SUR L’HIPPODROME DE CRAON…

Oui,

c’était le 21 septembre 2009. Je me souviens très bien de la date… Je montais

un 2ans pour Alain Couétil, Garynella (Ballingarry), qui s’est illustré depuis

sur les hippodromes d’obstacle parisiens. En voulant le solliciter dans la

ligne droite, il a pris peur et s’est jeté sur la lice intérieure du champ de

course. J’ai souffert d’une triple fracture du plateau tibial au niveau du

genou et d’une grosse plaie au bras droit. À écouter les médecins, je ne devais

jamais remonter à cheval. Il en a été autrement. Au bout de trois mois, je m’y

remettais gentiment. Mon genou me fait toujours boiter, car j’ai sept vis, un

clou et une plaque à l’intérieur. Mais je ne m’en tire pas trop mal. Je pense

que cela fait du bien de temps en temps de tomber : ça nous remet les idées en

place !

DEPUIS,

VOUS NE VOUS ETES JAMAIS ARRETE, ET VOUS ETES D’AILLEURS PASSE PROFESSIONNEL

L’ANNEE DERNIERE…

Oui,

j’ai perdu ma décharge en juin 2010 alors que je montais pour Philippe Peltier,

à Rochefort. Ces deux dernières années ont été bonnes. Je monte principalement

en province mais j’ai la chance de monter de bons chevaux. Aussi bien pour

Alain Couétil, qui possède une très bonne cavalerie, que pour d’autres

entraîneurs. Je totalise cette année 49 victoires en plat et 6 à l'obstacle.

Sur toute ma carrière, je dois être à 157 succès. Parmi ceux-là, il y en a une

dizaine pour ma soeur Valérie, ce qui est très agréable.

QUELLES

SONT MAINTENANT VOS AMBITIONS ? LE POIDS REPRESENTE-T-IL UN OBSTACLE A LA

POURSUITE DE VOTRE CARRIERE ?

Heureusement

pour moi, non. Je n’ai jamais eu de soucis de poids et le fait que je monte en

obstacle n’est pas une échappatoire à cela. J’aime ça, c’est tout. J’aime

l’adrénaline que procure cette discipline. C’est différent du plat. En ce qui

concerne mes ambitions et projets, d’abord, j’aimerais un jour gagner à Paris,

que ce soit en obstacle ou en plat. Je n’ai jamais eu l’occasion d’y passer le

poteau en tête pour l’instant. Ensuite, je me laisse encore dix ans pour être

jockey, puis je voudrais m’installer entraîneur. Le cheval est une passion pour

moi, et je ne me vois pas vivre dans un autre milieu.