La grande interview, bertrand belinguier : « un galop uni pour affronter l’avenir »

Autres informations / 09.12.2011

La grande interview, bertrand belinguier : « un galop uni pour affronter l’avenir »

Nous

commençons aujourd’hui notre série de trois interviews consacrées aux candidats

à la présidence de France Galop avec Bertrand Bélinguier, en attendant de

donner la parole à Jean d’Indy et à Édouard de Rothschild.

JOUR DE

GALOP. – AUX VENTES DE DEAUVILLE CETTE SEMAINE, ET AUX COURSES, IL A ETE

QUESTION DE VOTRE ETAT DE SANTE ET, DANS UNE MOINDRE MESURE, DE VOTRE AGE. MEME

SI CETTE QUESTION EST TRES PERSONNELLE, QU’Y REPONDEZ-VOUS ?

Bertrand

Bélinguier. – J’ai le plaisir (le regret pour certains!) de vous dire que ma

santé est excellente et que je n’ai aucune des maladies qu’on m’a attribuées si

aimablement. J’assume mon âge en toute sérénité. Il est lié à mon expérience

originale qui m’a conduit à assumer de nombreuses fonctions dans les courses

depuis le Comité d’une Société régionale jusqu’au PMU. Cette campagne me motive

d’autant plus que j’aime écouter, 

expliquer, convaincre et c’est avec détermination que je sollicite les

suffrages des membres du Comité de France Galop.

QUELLE

SERA VOTRE PRIORITE SI VOUS ETES ELU PRESIDENT DE FRANCE GALOP ?

La

situation des professionnels du galop est le dossier le plus urgent. Il faut

que des mesures soient prises rapidement pour améliorer leur situation. Il faut

aussi traiter très rapidement le dossier Longchamp. Cela fait vingt ans que

l’on en parle et, il y a huit ans, ce dossier était annoncé comme étant une

priorité. Nous ne pouvons pas continuer ainsi.

PRECISEMENT,

QUELLE DECISION A VOTRE PREFERENCE SUR LE DOSSIER DE LONGCHAMP ?

Henri de

Pracomtal a fait un travail considérable qui doit permettre au Conseil

d’administration de décider en parfaite connaissance de cause. Il faudra bien

mesurer les conséquences de l’investissement, étudier les modalités et prendre

une décision. Bien sûr, il faudra préalablement une phase d’information

générale pour les membres du Comité car une telle décision doit être

"portée" par l’ensemble du Galop.

CERTAINS

PENSENT QUE DES INVESTISSEMENTS A LONGCHAMP REDUIRONT D’AUTANT LES MOYENS

DONNES AUX SOCIOPROFESSIONNELS. QUE LEUR REPONDEZ-VOUS ?

La part

réservée aux investissements ne doit évidemment pas pénaliser les

encouragements. En ce qui me concerne, tout ce que j’ai fait dans les courses a

consisté à rechercher les plus fortes ressources pour l’Institution. C’est pour

cela que Jean-Luc Lagardère et Paul Essartial m’avaient demandé de prendre la

présidence du PMU. Aujourd’hui, il faut veiller au fait que le PMU et les

autres opérateurs nous apportent le plus de ressources possibles. Puisque vous

abordez ce sujet, je précise que des économies de gestion doivent être

réalisées pour améliorer encore le retour à la filière. Le conseil économique

et social,  dont la mise en place est

souhaitable, permettra de travailler dans cet objectif et de faire des

propositions au conseil d’administration.

VOUS

PARLEZ DE MEILLEURE GESTION. MAIS LES DEPENSES NOUVELLES REPOSENT DESORMAIS EN

MAJORITE SUR LES PROFESSIONNELS EUX-MEMES. COMMENT Y REMEDIER ?

Il faut

une rationalisation des programmes de courses, pour réduire les coûts de

déplacement des hommes et des chevaux. Par exemple, il faut certainement

réfléchir à regrouper des réunions en mini-meetings. Plus globalement, un

travail de fond est indispensable pour réduire les coûts.

LA

QUESTION DE LA GOUVERNANCE ET DE L’ORGANISATION DE FRANCE GALOP ETAIT UN SUJET

BRULANT AU DEBUT DE LA CAMPAGNE. Y AVEZ-VOUS REFLECHI ?

Dans le

schéma actuel, il convient d’optimiser les fonctions exercées par le président,

les vice-présidents, le conseil d’administration et le directeur général de

France Galop. Je définis déjà une priorité : France Galop doit être une société

de services à la fois pour les professionnels du galop et pour les sociétés

régionales, en plus de son rôle de régulateur en tant que société-mère. France

Galop doit être beaucoup plus à l’écoute. Concrètement, France Galop doit avoir

une attitude proactive en direction des propriétaires, qui doivent être mieux

accueillis et davantage prospectés. Il est indispensable de nous ouvrir sur le

monde extérieur et de rechercher de nouveaux propriétaires. Nous devons mener

une politique de communication offensive pour garder les propriétaires actuels

et en attirer de nouveaux.

ET DU

COTE DES ELEVEURS ET DES ENTRAINEURS ?

En matière

d’élevage, France Galop a une responsabilité essentielle. Notre objectif est de

veiller à un élevage français de qualité dans une concurrence internationale

forte. Les éleveurs ont des idées différentes, mais je suis persuadé que nous

pouvons arriver à une bonne solution. Il faut en finir avec les abus constatés

au niveau des assimilés, soutenir l’achat ou la location d’étalons de premier

plan, rechercher l’optimisation constante des primes aux éleveurs. Je suis

conscient qu’il y a des positions très tranchées, mais en menant aujourd’hui

une démarche de concertation avec toutes les personnes concernées, nous devons

arriver à une solution qui donne satisfaction. Quand j’étais président du

conseil du plat, nous avions présenté un plan [baptisé "plan Bélinguier",

ndlr] en partant d’une situation de très vive controverse. Et malgré cela, le

plan a été voté par le Comité, à l’unanimité moins deux voix, et il a produit

des résultats très appréciés. Concernant les entraîneurs, il faut créer une

cellule dédiée au sein de France Galop pour les aider à régler les problèmes

auxquels ils sont confrontés. Je vous donne un exemple : cette cellule pourra

aider un entraîneur à savoir si le modèle économique de son écurie est viable

en fonction de son prix de pension. Vraiment, je crois que France Galop peut et

doit aider l’ensemble des professionnels du galop. Je pense également très

souhaitable que France Galop puisse favoriser la création de structures

d’enseignement,  avec des formations

aidant les professionnels à gérer leur métier dans les meilleures conditions.

Lors de la conférence internationale des autorités hippiques, le prince Aga

Khan s’est prononcé en faveur de la création de structures académiques dédiées

aux professionnels du cheval. C’est une excellente idée que je souhaite mettre

en place si je suis élu. France Galop doit être beaucoup plus proactive en

direction de l’ensemble des professionnels du galop.

ET A

L’INTERIEUR DE FRANCE GALOP ?

Il n’est

pas normal que plusieurs postes importants soient aujourd’hui sans titulaires.

Je pense au directeur des sites, au responsable du département propriétaires,

au directeur du F.R.B.C… Des décisions doivent être prises, et rapidement. Du

côté des élus, le Comité doit être mieux associé à la vie de France Galop et pouvoir

mieux suivre le travail du conseil d’administration. De même, quand j’étais

président du PMU, j’ai toujours beaucoup apporté d’informations aux sociétés de

courses régionales qui siégeaient à l’assemblée générale du PMU. Et j’ai

toujours été là pour recueillir leurs remarques et suggestions.

VOUS

PARLEZ DU PMU. EN QUOI VOTRE EXPERIENCE DE PRESIDENT DU PMU EST-ELLE

TRANSPOSABLE DANS LA FONCTION QUE VOUS BRIGUEZ ?

Quand on

a soi-même obtenu des résultats concrets dans la gestion d’entreprises, on a un

"plus" pour réussir la transformation positive d’une maison comme

France Galop. Je connais bien la société-mère du Galop puisque j’y ai exercé

différentes fonctions comme membre élu, puis comme coopté, commissaire,

président du conseil du plat et vice-président de Jean-Luc Lagardère. J’ai

aussi mené la transformation du PMU, dont chacun peut voir qu’il était prêt à

affronter la concurrence. Je m’appuie sur du concret,  sur du réalisé. C’est un élément de confiance

que l’on peut avoir dans l’avenir. Particulièrement pour résoudre les problèmes

actuels que rencontre France Galop.

FRANCE

GALOP N’EST PAS LE PMU…

En

effet, au PMU, j’ai eu à faire face à des choix cruciaux pour transformer

l’entreprise : augmentation de 75 % du chiffre d’affaires et du résultat, rénovation

de l’identité visuelle, de l’image… Le tout sans aucun conflit social. Le

contexte d’entreprise est forcément différent, mais le management peut rester

le même.

AVEZ-VOUS

DEJA PENSE A DES HOMMES POUR VOUS ENTOURER ? DES VICE-PRESIDENTS ?

J’y ai réfléchi,

oui. Et j’ai des idées bien sûr.

SI VOUS

ETES ELU, QUEL PRESIDENT SEREZ-VOUS ?

Aujourd’hui,

le monde du galop est très divisé. Ce que j’ai fait dans les courses m’a permis

de fédérer des positions parfois très éloignées. Là encore, vous remarquerez

que je suis loin des incantations et que je m’appuie sur du concret. Pendant

douze ans, au conseil d’administration du PMU, j’ai eu à gérer quatre entités :

le trot, le galop, le ministère du Budget et celui de l’Agriculture. Pendant

douze ans, l’ensemble a fonctionné de façon positive. J’ai le droit de dire,

aujourd’hui, que je sais fédérer et faire travailler ensemble des personnes qui

n’ont pas les mêmes idées. Homme de rassemblement, mon objectif est de créer

une nouvelle dynamique : un Galop uni pour affronter l’avenir.