N'oublions pas les piliers des courses

Autres informations / 09.12.2011

N'oublions pas les piliers des courses

Les

élections des socioprofessionnels aux comités régionaux pour siéger ensuite aux

fédérations et au comité de F.G. ont donné leur verdict pour les quatre ans à

venir. Il n’est plus temps de polémiquer, il faut analyser et agir. Pour mon

humble part, je m’appuierai sur l’expérience d’acteur et d’observateur depuis

quarante ans, qui plus est, libre de siège "propriétaire" au comité

régional (que j’occupais depuis huit ans). Le règlement imposant – et seulement

pour la liste arrivée en tête –que ce soit le permis d’entraîner (P.E) qui

"remonte" en position d’élu !!!! La disponibilité à participer aux

réunions et la connaissance des dossiers déterminant pourtant, souvent, les

positions sur les listes. Ce point fera partie, avec d’autres certainement, des

chapitres à améliorer au code électoral, comme "l’âge limite" pour

siéger qui devrait être le même dans les fédérations, pour les commissaires,

aux comités régionaux, etc., et le même aussi bien au trot qu’au galop. C’est

bien sûr un tort de considérer que ce qui est fait est fait, demeure le

meilleur et ne s’améliorera pas avec des idées nouvelles, tout comme l’idée de

vouloir tout révolutionner. Mais la priorité pour la bonne marche de

l’entreprise "courses" est et sera pour les élus décideurs au galop

comme au trot de fournir les 150.000 partants nécessaires aux réunions premium

en France, par an, sans compter les chevaux qu’il faut pour les réunions P.H.H.

Exemple : pour 2012, rien qu’en Ouest-Anjou Maine, on dénombre plus de 300

réunions, à 8 courses et 12 partants en moyenne, soit 30.000 chevaux

nécessaires, (parfois ce sont les mêmes) mais on voit bien l’ampleur de la

tâche, tout le reste n’est que discours stériles. Pour y arriver – on en

revient toujours au même – il faut impérativement les deux piliers qui tiennent

l’édifice en payant, les "propriétaires et les turfistes". Donc il

n’y a pas le choix, il faut entretenir les "actuels" en leur donnant

ce qu’ils attendent (pour les turfistes, moins de courses à l’étranger, mais

c’est autre chose !) et il faut en former en permanence de nouveaux.

1) les

turfistes : le PMU a fait (grâce à Bertrand Bélinguier) et continue (grâce à

Philippe Germond) de faire du bon travail, les résultats sont là pour en

témoigner, tellement bons que le PMU "risque" de redevenir en

position de monopole, malgré lui ! Il lui reste toutefois du travail à faire en

formation pour les tenanciers des points de vente afin que ceux-ci apportent

les conseils nécessaires aux turfistes débutants. On peut regretter d’autre

part – dû sans doute à la pluralité de son offre de jeux– que le PMU emploie le

mot joueurs pour qualifier ses clients, car c’est très important à mon sens,

pour distinguer la notion d’étude spécifique des paris aux courses de chevaux,

que l’on emploie toujours et partout le qualificatif de turfiste pour la

personne qui joue aux courses. Tout doit être fait pour qu’à partir de 2013, beaucoup

plus de réunions premium soient programmées en province, les dimanches et

"fériés", avec départ de la "première" à 13 h 30, horaire

correspondant aux souhaits des familles de turfistes, car à 11 h, en province,

il n’y a personne aux courses. Mais du travail reste à faire sur le côté

pédagogique, chacun s’employant par ailleurs à attirer sur l’hippodrome un

nombreux public par une publicité en extérieur. Ensuite, bien que sur site, les

présidents avec leurs bénévoles qu’il faut saluer, mettent souvent en place des

jeux pour les enfants ou diverses autres activités pour les familles, le

turfiste débutant, lui, veut et doit connaître les "rouages" des

courses, ainsi que les athlètes que sont cavaliers et chevaux. Comment va-t-il

comprendre les formules de jeux, cotes, performances, disciplines, conditions,

etc., sans explications ? Il y a bien parfois quelques indications sur les

programmes mais ce n’est pas suffisant. On comprend pourquoi ce public ne

reviendra que rarement sur un champ de course, et pourquoi ces personnes ne

joueront pas sur Internet, encore moins dans les points de vente, et pourtant

on a besoin d’elles. Ce sont les raisons qui m’incitent à continuer par le lien

www.food-hippo-consulting.fr de former ces turfistes en herbe, en faisant découvrir

les courses et accompagner associations, C.E.,clients et personnel de sociétés

souhaitant leur faire passer un après-midi original au grand air après accueil

et repas convivial, ceux-ci en repartant en général ravis, avec surtout…

l’envie de revenir.

2) les

propriétaires : c’est bien simple, sans eux, pas de turfistes, faute de chevaux

à courir… Depuis toujours, au galop surtout, que ce soient syndicat,

associations, département propriétaires, le travail était fait pour tous les

propriétaires, c'est-à-dire toutes les personnes ayant un compte

"propriétaire" à F.G. ; couleurs et associés, professionnels et non

"pros". Il semble que l’A.E.P. (mouvement Danloux) n’ait pas tout

compris…Avec en leur sein, pourtant, de nombreux professionnels respectables et

respectés n’en pouvant plus d’attendre pour faire part de leurs souhait, et

comprenant qu’ils aient voulu "ratisser large", le fait d’avoir

présenté des listes dans les collèges "propriétaires" correspond à se

tirer une balle dans le pied et pourrait avoir un effet "d’arroseur

arrosé". Car cela revient à dire aux clients (propriétaires

"loisir") payant pension chez les entraîneurs: "poussez-vous de

là, vous n’avez rien à y faire" ; pas très élégant commercialement, et grave

pour l’avenir quand on sait qu’au contraire, il faut les "bichonner"

! L’entraîneur sera plus apprécié de son propriétaire-client, s’il est le

conseiller, le formateur, ou le collègue plutôt que son concurrent. Trop de

propriétaires ayant eu la passion et l’argent n’ont plus et n’auront plus

jamais de chevaux, ayant vécu des expériences sans plaisir, ni considération.

Il n’est jamais bon de mélanger les genres, car ce mouvement électoral est né

uniquement, purement et simplement de problèmes liés à la profession

d’entraîneur, chacun sait bien et même le comprend, que ces "pros",

une fois élus, ne défendront que leur profession. J’entends déjà "mais on

travaille pour l’intérêt de tous" ; en paroles oui, mais dans les actes ?

La retraite des entraîneurs, c’est leur problème à eux, pas celui de la filière

; la prime au partant : ridicule, on va courir où l’on veut, au trot ils n’ont

pas la moindre indemnité de transport ! Au galop, pourquoi ne pas revoir la

"prime propriétaire", la mal nommée et détournée de son objet

initial, jamais demandée par ces derniers, mais instituée pour défendre et

encourager les éleveurs français en incitant à acheter les yearlings français.

Ne vaudrait-il pas mieux baisser leur pourcentage pour augmenter le nombre et

les allocations de courses "nés et élevés" ? Pourquoi ne pas revoir

ou supprimer la notion "d’assimilés" ? Quand une poulinière est

saillie à l’étranger, que le poulain est "assimilé", puis acheté par

un étranger, qu'il gagne les courses avec prime, l’argent de notre cher PMU part

hors de nos frontières. Cherchez l’intérêt français ? Ah si, l’étalon étranger,

l’organisme de ventes, le courtier, l’éleveur-vendeur, l’entraîneur, le jockey,

bravo ? Multipliez le cas et nous irons vers des courses à cinq partants, c’est

évident ! Les jockeys oeuvrent pour eux, les éleveurs défendent d’abord leur

profession même s’ils sont propriétaires, chacun à sa place c’est toujours

mieux. Pourquoi pas demain des associations "propriétaires loisir",

"journalistes" ou "vétérinaires", que sais-je ? Ce sujet

reste à modifier aussi au code électoral. Le propriétariat doit être plus que

jamais pluriel et se défendre comme tel. Favorisons enfin, quels qu’ils soient,

les détenteurs d’un compte ouvert à F.G. qui achètent, louent, et paient

pension, car ce sont eux seuls qui prennent les risques financiers, en

acceptant parfois de perdre de l’argent au travers de leur métier ou pour leur

passion afin que toutes les professions de la filière continuent de vivre.

L’essai sera alors transformé. Idem pour le trot. Philippe DESBOIS, Com. Anim.

APGO