Italie : les courses paralysees par une grève

Autres informations / 03.01.2012

Italie : les courses paralysees par une grève

INTERNATIONAL 

Faux départ. La saison 2012 en Italie n’a pas démarré, en

raison de la grève illimitée déclarée par les socioprofessionnels et de la

décision de certains hippodromes de ne pas renouveler le contrat avec l’ASSI,

l’agence de l’État qui a remplacé dans le rôle de "société mère"

l’Unire.

L’ASSI, suite à une nouvelle diminution des paris hippiques

(20 %), n’a pu que revoir à la baisse son budget 2012, avec une réduction des

allocations de 40 % ainsi qu’une coupure dans les financements des hippodromes.

Les allocations (trot et galop) vont passer de 185 millions d’euros à 110

millions. Les pur-sang se partageront donc 37,4 millions d’euros, des miettes

par rapport aux 54,6 millions de l’année dernière. La prime aux propriétaires

pour les chevaux "nés et élevés" a subi une réduction importante et

toutes les subventions pour l’élevage ont disparu. Francesco Ruffo della

Scaletta, secrétaire général de l’ASSI, a tenté d’utiliser ses ciseaux avec

"gentillesse", mais il a trouvé sur sa route des intérêts

particuliers. La seule mesure possible pour adoucir la pilule, la réduction des

journées de courses, a rencontré l’opposition de plusieurs hippodromes. L’ASSI

a donc réduit le nombre de meetings (de 605 à 573), mais pas assez pour garder

un niveau d’allocations acceptable.

 

Des coupes drastiques dans les allocations des courses

Le couperet est tombé sur les Grand Prix aussi lourdement

que sur les courses de série. Le Derby italien, qui offrait une allocation de

814.000 euros, descend à 550.000 euros, les Oaks passent de 440.000 à 330.000

euros, tous les Grs1 tombent de 297.000 à 209.000 euros, les Grs2 de 154.000 à

104.000 euros. Les Grs3 passent de 88.000 à 61.600 euros et les Listed (après

huit dégradations) de 61.600 à 41.600 euros. Pour le gagnant d’un maiden à

Milan et à Rome, l’allocation, qui s’élevait il y a deux ans à 8.500 euros, ne

sera plus que de 4.250 euros.

Mario Catania, ministre de l’Agriculture et ancien

commissaire des courses, a envoyé un message assez clair aux

"sociopros" : « Dans les caisses de l’État, il n’y a pas d’argent et

il faut penser à un projet pour garantir sa survie au monde des courses. »

En clair, cela signifie travailler avec l’AAMS, l’agence de

l’État chargée du contrôle sur les enjeux aussi bien que sur la loterie et la

vente de tabac, pour modifier le prélèvement sur les paris hippiques (27 % sur

le gagnant, 34 sur les jumelés, 37 sur le trio).

 

Comme souvent en Italie, chaque tête pensante a son idée

pour sauver les courses. Concetto Mazzarella, patron de l’hippodrome de

Siracusa, a proposé l’abolition de l’ASSI et une nouvelle organisation des

courses sur une base régionale. « La Sicile produit 8 % des enjeux et n’a le

droit qu’à 4 % des allocations. Nos hippodromes ont moins souffert de la crise.

Je suis prêt à trouver des subventions de la région pour les allocations, ou à

mettre de l’argent pour garantir les courses. », a-t-il déclaré au quotidien

hippique Per Sport.

 

Une médiatisation importante

Dans le même temps, la campagne Save Italian Racing, lancée

par l’intermédiaire de Frankie Dettori, qui portait à Hongkong la casaque de

l’équipe nationale de football, a fait monter l’attention sur la crise des

courses. On en a parlé dans les grands journaux d’information générale et sur

les chaînes télévisuelles généralistes.

La solution à cette crise est à la fois simple et

compliquée. D’un côté, il faut réduire le prélèvement et changer le marketing

de paris hippiques, de l’autre, il est nécessaire de fermer les hippodromes

inutiles et de supprimer les mauvaises courses. 

La dernière grande grève en Italie, en 2008, avait bloqué les courses

pendant quarante jours. Le gouvernement avait alors décidé de donner à

l’industrie des courses une subvention de 150 millions par an. Le chèque avait

permis de maintenir le niveau des allocations en 2009 et 2010 avant une

première coupure en 2011. Le résultat de cette grève fut une baisse de 30 % des

enjeux qui n’a jamais été "rattrapée".

Quand cette nouvelle grève se terminera-t-elle ? Les

socioprofessionnels appellent à une manifestation à Rome le 12 janvier, mais

des négociations sont ouvertes. Quelques hippodromes ont pris les engagements

pour les courses du 5 et 6 janvier… En attendant, les agences hippiques seront

ouvertes avec des prises de paris sur les courses françaises, anglaises,

suédoises et d’Afrique du Sud. Mais, lundi matin, deux bus de professionnels du

trot venus de Naples ont occupé les studios de la chaîne hippique, agressant

même l’un des présentateurs, Rolando Lizi. Les courses n’étant plus diffusées,

les enjeux ont quasiment stoppé.