Les courses marocaines sur la bonne voie

Autres informations / 09.01.2012

Les courses marocaines sur la bonne voie

La

domination totale des chevaux marocains dans les cinq épreuves de la journée

des "Grands Prix du Maghreb" organisée fin décembre à Casablanca,

avec la participation de chevaux tunisiens (13) et libyens (15), a mis en

évidence les progrès accomplis par l’élevage et les courses au Maroc. Les

chevaux locaux ont réussi une formidable passe de cinq, avec trois victoires

chez les pur-sang arabes et deux succès chez les pur-sang anglais. Un triomphe

à l’honneur également de professionnels français exerçant au Maroc : Joël

Seyssel, Jean-Claude Pecout, Serge Gérard et Jean de Roualle. Rappelons que le

Grand Prix du Maghreb des chevaux de pur-sang anglais, nés et élevés au Maghreb

(80.000 $ - 2.000m), a été dominé par les deux poulains de 3ans de Jalobey

Racing : Captain Sparrow (Captain Rio), vainqueur avec une longueur et demie

d’avance sur son compagnon d’écurie Hiro Hito (Exceed and Excel) associé à

Johan Victoire. Ce sont les deux représentants du Haras royal : Zoubeyri

(Technicolor Lover) et Alfarzdak (Sensible) qui ont fini ensuite. L’écurie

Jalobey Racing appartient à un jeune et dynamique propriétaire, Cherif Alami,

qui en a confié la charge depuis l’automne dernier à Jean de Roualle.

LE GRAND

PRIX DU MAGHREB POUR MAYAR

Le Grand

Prix du Maghreb, pour tous chevaux de pur-sang anglais de 3ans et plus (60.000

$ - 2.100m), avait réuni douze "importés" et un né et élevé local :

le 4ans Mayar. Judicieusement monté en course d’attente par le jeune jockey

local Oueld Bentle Md, ce superbe poulain appartenant au Haras royal est venu

tout à la fin, à l’extérieur, pour fusiller ses adversaires sur le poteau ! À

une encolure, Magnesia (Sulamani) s’est octroyée avec mérite le premier

accessit devant Parisienne Chic (Rock of Gibraltar), qui n’a pas démérité en

devançant deux chevaux très en vue, Candy Gift et Last Crusade. Les cinq

premiers portaient des casaques marocaines. Mayar est à l'évidence un poulain

qui sort de l'ordinaire. Il s’était distingué quinze jours auparavant dans le

Grand Prix Mohamed V ( 2.400m) en disposant des meilleurs importés du pays.

Rappelons que Mayar, entraîné par Joël Seyssel, est un fils de l’ex-Niarchos

Sensible (Sadler’s Wells et Raisonnable), étalon acquis en 2005 par Jean-Pierre

Laforest, le directeur du Haras royal. Sensible s’est révélé comme un

reproducteur prometteur. Il est déjà l’auteur de plusieurs gagnants classiques

tels que : Al Farazdaq, récent vainqueur du Grand Prix Hassan II, l’excellent

Damim (mort suite à des coliques) et le prometteur Sultan, récent vainqueur du

Critérium des 2 Ans, sous les couleurs de Jalobey Racing.

UNE

POLITIQUE DE REFORMES ET DE RESTRUCTURATIONS

Ces

résultats éminemment positifs sont les fruits d’une politique courageuse et

ambitieuse de réformes et de restructurations, entreprise depuis trois ans par

la Société royale d’encouragement du cheval, sous l’égide de son jeune et

dynamique directeur Omar Skalli. Issu d’une grande école parisienne de commerce

et fort de son expérience dans le secteur bancaire, il s’est attaché à

transformer la Sorec, institution du passé, en une entreprise d'avenir grâce

aux nombreuses innovations réalisées. En collaboration avec France Galop et la

Fédération internationale des autorités hippiques, la Sorec a établi un

programme ambitieux de développement à moyen et long terme pour hisser les

courses marocaines au niveau des standards internationaux. C’est ainsi que

l’année écoulée, près de 1.800 courses avec une moyenne de dix partants ont été

organisées sur les six hippodromes du royaume (Rabat, Casablanca, Settat,

Khemisset, Meknes et El Jadida). Un septième hippodrome est en cours de

réalisation. Au niveau du PMU, qui est également géré par la Sorec, les courses

françaises servent comme support de jeu essentiel, avec la retransmission

télévisée des courses (via Equidia), et assurent la majeure partie des

recettes. Le jeu sur les courses françaises date de l’époque coloniale et s’est

poursuivi, après l’indépendance, durant une cinquantaine d’années sans cadre

légal. De longues négociations avec le PMU français ont finalement permis

d’aboutir à un accord innovant de partenariat entre les deux institutions. En

2011, la Sorec a récupéré la direction des Haras nationaux avec des

recommandations gouvernementales pour la modernisation de la gestion et la

relance de l’élevage. Des choix stratégiques importants ont été déjà arrêtés,

avec une série de mesures d’encouragement, notamment au niveau de l’élevage du

pur-sang anglais, qui était l’apanage de quelques grandes écuries.  Des primes ont été octroyées aux importateurs

de poulinières classées de Groupe. La Sorec a acquis l’ex-pensionnaire d’Aidan

O’Brien, le 5ans Jan Vermeer (Montjeu et Shadow Song), troisième du Juddmonte

Grand Prix de Paris (Gr1), qui fonctionnera comme étalon avec des saillies

proposées à des prix symboliques.

Mondher

Zouiten